Passage en terminal
C’est bien connu : à l’approche de la quarantaine, rien ne vaut un bon lifting. Trente-cinq ans après son inauguration, le terminal 1 de Roissy, celui que les Parisiens avaient surnommé à l’époque “le camembert”, a suivi ce conseil et dévoile depuis peu un nouveau visage, au terme de cinq années de travaux.
Pour les passagers arrivés en transports en commun, la nouveauté commence dès la sortie du CDGVAL – inauguré en avril 2007 – et l’entrée dans une zone “boutiquaire” totalement réaménagée. À gauche, le nouveau hall 5 et sa trentaine de banques d’enregistrement. À droite, l’ambiance s’est éclaircie, les murs se sont colorés pour laisser place à un “food court” tout de rouge vêtu.
Dès l’abord, de quoi illustrer l’ambition esthétique du “nouveau” terminal, résumée par son directeur, Christophe Laurent : “Donner de la couleur, de la lumière, de l’espace. Briser cette impression de grisaille qui pouvait être renforcée par l’omniprésence du béton, une matière noble mais parfois sombre.” Une ambition servie par le coup de pinceau, mais surtout par les grandes baies vitrées qui ont envahi le bâtiment en lieu et place des murs aveugles. Fluidification : tel est l’autre maître-mot de cette vaste opération de toilettage, qui se déploie encore à l’étage supérieur où reste rassemblée la grande majorité des banques d’enregistrement. Pour celles-ci, la disposition radiale a été remplacée par une disposition frontale, permettant de remédier à la confusion qui a longtemps régné à cet étage aux heures de pointe. “D’une manière générale, toute la rénovation a été conduite avec le souci de redonner de l’espace pour l’enregistrement et éviter les entrechoquements de files d’attente”, dit encore Christophe Laurent, qui compte également faciliter, dans les temps qui viennent, la circulation des voyageurs fréquents dans la zone de transfert, une fois passé l’escalator traversant le fameux “puits central” de Roissy 1. Dès le mois de décembre, le projet Parafes mené en collaboration avec la police de l’air et des frontières devrait permettre d’accélérer la procédure de vérification d’identité grâce à la reconnaissance biométrique par empreinte digitale des passagers européens. En parallèle, l’aéroport travaille avec les compagnies aériennes à l’organisation de files prioritaires pour les passagers les mieux identifiés.
Une fois passé le contrôle de police, on entre dans la “zone réservée”. Dans cette partie du terminal où s’attardent les voyageurs avant de rejoindre leur satellite d’embarquement, la montée en gamme du parc commercial et – via l’ascenseur – l’ouverture du très funky restaurant La Terrasse sont venus cristalliser le vent du changement. Pour achever la revue de détails, il suffit de s’engouffrer sur les longs tapis roulants menant aux satellites, dont quatre sur sept sont déjà rénovés. Au menu : amélioration des propositions commerciales, aménagement d’espaces de travail et concentration de ces redoutés “postes d’inspection-filtrage” devenus la hantise du voyageur fréquent depuis 2001 et l’inflation des règles de sûreté. Dans les satellites comme dans le reste du terminal, l’amélioration du service passe également par une signalétique plus claire et l’installation de bornes d’accès (payantes) à Internet et de colonnes électriques pour la recharge des batteries.
Prochaine étape : l’extérieur
Améliorée pour les partants, donc, “l’expérience terminal 1” l’est également pour les arrivants. Rendue elle aussi à la lumière, la zone de livraison des bagages est pourvue d’écrans où s’affiche l’heure de livraison prévue pour chaque vol. De quoi calmer les impatiences, à un moment où elles peuvent être critiques, notamment pour les passagers long-courriers. De quoi réjouir, aussi, les compagnies membres de Star Alliance, qui poursuivent leur regroupement dans un terminal 1 où elles captent déjà à elles seules près de 60 % de l’activité. “‘Move under one roof ‘, c’est notre produit. Et depuis six ans, six compagnies de l’alliance nous ont déjà rejoints au terminal 1. Ce n’est pas fini : Continental s’installe ici en novembre et TAM au printemps prochain”, s’enthousiasme John Krempa, chef de projet à Roissy pour Star Alliance. Mobilier design, écrans plats et wi-fi gratuit : les nouveaux salons de Star Alliance – inaugurés fin 2008 – symbolisent la rénovation du terminal, mais également le contrat d’union qui le lie à l’alliance. “Le mémorandum que nous avons signé en 2005 a permis d’officialiser un engagement mutuel d’accroître le trafic et les capacités nécessaires. Si Star Alliance nous avait dit ‘nous voulons changer de terminal dès que possible’, il est bien évident que n’aurions pas investi de la même manière”, explique le directeur du terminal.
Et demain ? Le dossier n’est pas totalement clos. Il passe par la rénovation des trois satellites vivant encore sous “l’ancien régime”. Il passe aussi par un réaménagement du “linéaire” – l’extérieur du terminal – où l’idée est de “briser le concept actuel, très routier et très sombre” pour “urbaniser et redonner de l’espace aux piétons” en leur réservant une voie de circulation aérée sur 16 mètres de large. Les travaux doivent commencer début 2010 avec, à terme, la possibilité de voir fleurir commerces et terrasses sur ce nouveau “boulevard extérieur” du terminal. Et, peut-être, de fêter son 40e anniversaire en plein air.


