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Guyane
L’Amazonie française
Que d’étiquettes on a pu lui coller, à la Guyane française. D’abord, celle rayée rouge et blanc des costumes des bagnards, et puis celle toute verte d’un enfer végétal bourré de moustiques et d’anacondas, et encore cette autre dorée de pauvres chercheurs n’ayant jamais rien trouvé. Bref, une vraie galère… La réalité est infiniment plus souriante,
elle se découvre lors d’un séjour à la hauteur des arbres de la forêt amazonienne.
Suivons les traces d’un groupe incentive de 130 personnes.
Dessous les ailes de l’avion, la jungle moutonne de tous ses verts, passant du kaki à l’émeraude le plus profond… Aussi loin que porte le regard, l’horizon est végétal. Des feuilles, des arbres,
des troncs clairs marquant les verticales et des touffes qui se pavanent par paquets au-dessus de tout cela… On a beau être au courant, c’est tout de même impressionnant, cette mer à la chlorophylle.
Et c’est comme cela jusqu’aux portes de Cayenne, autant jusqu’à l’océan et sur près de 90% des 90000 km2 qui font de la Guyane le plus vaste département français.
C’est avant tout pour cela qu’on s’aventure sur ce coin de France perdu en Amérique latine, pour sa forêt primaire qui fait du plus grand bloc forestier du monde. Mais aussi pour sa faune,
sa flore, ses “carbets”, autrement dit ses lodges version Amazonie française, ses rivières énormes et ses promenades en pirogue, ses safaris nocturnes sur les marais et la ponte des tortues sur les plages Atlantique.
Ce qui n’interdit évidemment pas d’autres découvertes, à
commencer par celle de Cayenne, sa petite capitale d’un peu de 50 000 habitants, étouffée de moiteur, qui vit un peu le matin, un peu le soir et, semble-t-il, arrête tout, mais alors vraiment tout, à l’heure du déjeuner… À vrai dire, cela ne manque pas de charme. Il règne alors sur la cité un rien d’ambiance “Coup de torchon”,
il plane sur ses maisons créoles, de vieilles réminiscences coloniales qu’essaient de remuer péniblement les ventilateurs fatigués du bar des Palmistes.

du bagne À la fusée Pourtant, Dieu sait qu’elles ne furent pas drôles, ces colonies-là. Les peintures conservées au charmant musée tout proche de la place des Palmistes – tout tourne autour de cette place – en attestent.
Il s’agit des œuvres de Francis Lagrange, célèbre bagnard faussaire. Car, est-il besoin de le rappeler, ce qui vient à l’esprit on pense à Cayenne, c’est l’image de l’une des plus sales pages de l’histoire de France, une histoire qui raconte la misère des milliers de personnes transportées, comme on disait hypocritement à l’époque, parmi lesquelles Dreyfus, Seznec et autres “Papillon”… Mais elle est comme ça l’histoire, peau de vache à souhait.
Et même si les Guyanais aimeraient bien se débarrasser de cette image de galère, les îles du Salut sont bel et bien là, tout comme Saint-Laurent-du-Maroni. Les lieux se visitent, il serait dommage de ne pas aller voir ce qu’il en reste lors d’un en Guyane.
Las d’un passé aussi sinistre, les Guyanais préfèrent se tourner vers l’avenir. De ce côté-là, ils sont particulièrement bien servis, puisque, avec Kourou, le CSG (Centre spatial guyanais) et la fusée Ariane, ils se retrouvent non seulement dans l’industrie de pointe mais aussi dans le secteur du tourisme, pour le coup, postindustriel. C’est ainsi que les agences, incentive et grand public, n’omettent jamais de proposer à leurs clients la découverte du centre spatial. Avec visite commentée, musée, etc. Le top étant d’organiser une opération lors du lancement d’Ariane puisque les tirs, arrêtés depuis décembre 2002, sont désormais repartis. Avec compte à rebours, fusée dans le ciel – magnifique – et champagne à gogo. Une façon magistrale de changer du rhum cocktail.
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