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[25/06/2011]

«Un nombre croissant d’entreprises se tourne vers l’oenotourisme pour leurs manifestations.»

Comment évolue le marché de l’oenotourisme ?
Christian Mantei – Depuis une dizaine d’années, l’oenotourisme se développe singulièrement. Selon la dernière publication “Tourisme et Vin” réalisée par Atout France, on estime à 24 millions le nombre de visites – et non de visiteurs – dans les régions vitivinicoles étudiées, dont 6 millions d’étrangers et 18 millions de Français. Le nombre de caves touristiques en France s’élève à plus de 10 000 et celles-ci reçoivent plus de 12 millions de visites. On compte également 31 musées et sites thématiques liés au vin. Ces derniers accueillent, en moyenne, 1 million de visiteurs par an. Le potentiel de développement est encore très important si l’on considère que de nombreux produits attenants sont encore méconnus.

 

Quels sont les atouts de la France vis-à-vis des autres destinations viticoles ?
C.M. – D’après notre étude, pour les Français comme pour les étrangers, la France reste le leader du tourisme vinicole. Dans la mémoire collective, le vin est rattaché aux valeurs de la France, à ses terroirs et à son art de vivre : c’est le pays de la gastronomie ! Notre premier atout est la qualité des produits et la diversité des vignobles. D’autre part, contrairement aux destinations du Nouveau Monde où le tourisme s’apparente plus à des visites formatées de grosses caves et de structures récentes du type bodegas en Espagne ou wineries aux USA, la France possède une véritable histoire et une tradition du vin. À travers l’oenotourisme, c’est tout un fond culturel que nous proposons : des rencontres avec des vignerons, de la gastronomie, des dégustations… mais aussi des paysages et des territoires façonnés par la viticulture. Et non l’inverse !

 

Le tourisme d’affaires pèse quel poids sur ce marché ?
C.M. – Le nombre d’entreprises qui se tournent vers l’oenotourisme va croissant. Porteur de valeurs de partage et de convivialité, synonyme de plaisir, festif et ludique, le vin représente un formidable support pour leurs événements. De nombreux châteaux ouvrent leurs portes pour des soirées prestigieuses et, par ailleurs, les visites de chais peuvent ponctuer conventions ou séminaires. De leur côté, les vignobles offrent un magnifique terrain de jeu pour des incentives.

 

Pouvez-vous nous citer des exemples d’actions mises en place par les acteurs de la filière ?
C.M. – Les producteurs se structurent pour accueillir les groupes affaires ; des réceptifs spécialisés sur une région proposent une offre oenotouristique… Des sommeliers de renom, comme Franck Thomas, meilleur sommelier de France en 2000, animent des soirées. Cinéréa décline toute une gamme d’animation. Des sites, comme la Winery de Philippe Roux, près de Bordeaux, proposent des infrastructures pour l’organisation d’événements, livrés clé en main. Enfin, le futur Centre culturel et touristique du vin, qui doit ouvrir à Bordeaux en 2014, sera aussi un nouveau lieu emblématique de l’oenotourisme français mis à la disposition des entreprises.