Renaud Donnedieu de Vabres, Président d’Atout France
Pourquoi Atout France ?
Renaud Donnedieu de Vabres - Atout France est née d’une volonté politique de doter notre pays d’un instrument très opérationnel pour promouvoir l’image de la France à l’étranger, mais également pour faire reconnaître le tourisme comme un élément moteur du développement économique français. Nous sommes un fer de lance pour que, dans les grandes décisions de l’État, les questions touristiques soient considérées comme centrales.
Ce n’est pas déjà le cas ?
R. D. de V. - Le tourisme est parfois enfermé dans une sorte de considération sympathique, alors que c’est stratégique, et j’utilise ce terme à dessein. Il faut que les regards évoluent. Quand on parle de tourisme, on n’est pas dans le marginal, on est dans l’essentiel.
La “première destination touristique mondiale” serait-elle menacée ?
R. D. de V. - Nous sommes la première destination du monde, mais l’Espagne, en chiffre d’affaires, est devant nous. Et rien n’est acquis. Si on ne valorise pas notre patrimoine et notre capital, on ne restera pas à cette place. Le patrimoine et le capital, pour moi, c’est tout un ensemble. Des lieux, d’abord, du petit café qui symbolise l’accueil français jusqu’au château de Versailles. Il y a aussi des métiers, le savoir-faire français. On mesure à quel point, aujourd’hui, dans chacune des grandes régions françaises, on a ce potentiel qui est à la fois lié à la pierre, mais également à la valorisation humaine. Nous devons être les jardiniers exigeants de cette excellence.
Comment la faire valoir ?
R. D. de V. - Il faut utiliser toutes les armes rendues possibles par les nouvelles technologies. Il faut que l’image de cette capacité française, de ce savoir-faire, de ces lieux exceptionnels fasse irruption sur le Net de manière très attractive. Par ailleurs, il faut que l’on fasse très attention à rester en phase avec les nouvelles attentes qualitatives de la clientèle : des considérations liées à l’éthique et au développement durable, bien sûr, mais également des attentes sur les animations que l’on peut proposer autour d’un déplacement touristique. Je prends l’exemple d’une grande tradition française, qui est celle de la viticulture. La création – ou l’incitation à la création – de routes du vin, de dégustations, de visites d’exploitations, de mise en valeur de l’aspect touristique d’une activité viticole, ce sont des produits nouveaux et attractifs. Même si, bien sûr, il y avait déjà des étrangers dans nos caves...
On connaît l’attractivité de la “marque France”, quelles sont ses carences ?
R. D. de V. - Je ne suis pas là pour dénigrer. Je sais qu’il y a un travail très important d’investissement fait en permanence par les professionnels et je rends hommage à leur travail. Mais les soutenir, c’est aussi avoir conscience de leurs difficultés. Je pense qu’il y a des investissements très importants à faire dans le domaine hôtelier. La clientèle est mobile. Elle compare... L’autre point, c’est de bâtir des stratégies de relocalisation sur le territoire national de grands événements et de grandes activités. Il faut que l’on mesure que ce sont des priorités. Le tourisme n’est pas une dépense, c’est un investissement.
Bio express
Renaud Donnedieu de Vabres est né en 1954 à Neuilly-sur-Seine. Diplomé de Sciences-Po Paris.
Il fut élève de l’ENA (promotion Voltaire, 1980) avant de faire carrière dans la préfecture puis au Conseil d’État.
1986-2001 Conseiller régional du Centre.
1997 Député d’Indre-et-Loire. Réélu en 2002.
2004-2007 Ministre de la Culture et de la Communication.
Juin 2009 Président du conseil d’administration d’Atout France. Conseiller d’Alexandre Allard pour le développement et la culture.


