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HOLLYWOOD
On the road again

Hollywood, ce sont les grandes lettres blanches accrochées aux collines, le glamour, les stars du showbiz et du cinéma… Mais c’est aussi un quartier délaissé pendant des décennies qui retrouve enfin son brio et ses brillants.

Hollywood, année 1880. Un couple originaire du Kansas, les Wilcox, s’installe dans la campagne de Los Angeles et baptise sa propriété du nom de Hollywood. Ils n’ont pas de voisins, la région est à peine peuplée. Avec l’aide des autorités, les Wilcox tracent une grande artère, Prospect Avenue, qui deviendra plus tard le célèbre Hollywood Boulevard. En 1900, seuls 500 habitants peuplent le village. Une première équipe de tournage, venue de New York en quête de bonnes conditions climatiques et de paysages variés (mer, montagne, désert…), profite de ces espaces sauvages et fait des émules. Dans les années 1910, les premiers studios de cinéma optent pour Hollywood où l’on obtient des mètres carrés de terrain pour une bouchée de pain.
Ce sont d’ailleurs des promoteurs immobiliers, en mal d’acheteurs, qui en 1923 érigent un panneau “Hollywoodland” sur les collines voisines. Finalement, lorsque la Chambre de commerce de Hollywood restaurera cette enseigne, en 1949, elle en fera tomber les quatre dernières lettres, en hommage à la cité du rêve et des paillettes. À cette époque, Hollywood était déjà devenu depuis longtemps synonyme de “glitz and glamour”. Mais la réalité des lieux n’était pas aussi brillante. Le quartier était déjà scindé entre les “hills”, les collines où s’étirent encore aujourd’hui les maisons de stars et de milliardaires, et le “flat”, le quartier bas, peuplé d’immigrants et de gens issus de la classe ouvrière. Aujourd’hui, le long du Walk of Fame, ainsi qu’autour du Chinese Theater se succèdent des magasins de souvenirs sans charme et des logements mal entretenus. Pourtant, les échafaudages accrochés aux façades début de siècle et les grues qui ponctuent le paysage urbain laissent imaginer un grand lifting. Et ce n’est pas qu’une impression. Après tout, ce quartier – où vivent 200000 personnes et dont l’industrie qui en porte le nom contribue de ses 25 milliards de dollars annuels à l’économie de la Californie – méritait bien de se refaire une beauté. Car il ne faut pas oublier que si Los Angeles était un pays, son économie se placerait au dix-huitième rang mondial. Et c’est bien à l’industrie du divertissement, pour qui un habitant du comté sur cinq travaille, qu’elle doit cette place.

INVESTISSEMENT, DIVERTISSEMENT.
Première pierre apportée à la revitalisation du quartier en 2001, le Hollywood and Highland Center est un immense centre commercial et de divertissement au milieu duquel trône le fameux Kodak Theatre de 35000 places où se tiennent désormais les cérémonies des Oscars. C’est là que se fomente actuellement un tout nouveau projet. Celui d’un spectacle exclusif du Cirque du Soleil qui investira les lieux onze mois de l’année, dès 2010. Et si l’on pense aux 100 millions de dollars qui ont été mis en jeu pour ce projet, on peut espérer un impact énorme sur l’économie de Hollywood.
Comme un projet en cache toujours un autre, c’est toute une série d’annonces qui se fait actuellement à Hollywood. D’abord, l’ouverture d’un Madame Tussauds à l’été 2009, avec...

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OPPORTUNITÉS
Los Angeles-sur-Seine

Malgré les amours et désamours outre-atlantiques, pour les Français, Hollywood reste “the land of opportunities”. Et certains y connaissent des succès remarquables, en particulier dans l’industrie du cinéma.

Certes, les films français n’envahissent pas le marché américain. Mais quelques grands titres font exception et ponctuent tout de même le paysage.
Ainsi, Le Cinquième Élément, avec ses 63 millions de dollars au box-office, est longtemps resté la meilleure performance française. Plus récemment, l’engouement pour Amélie Poulain s’est chiffré à 33 millions, tandis que La Môme raflait quelque 10 millions de dollars. Les succès plus modérés, comme ceux des Choristes (4 millions) ou, dernier à l’affiche, de La Fille coupée en deux (280000 dollars le premier mois), vont et viennent au gré des tentaculaires multiplexes. À ce jour, c’est La Marche de l’empereur, documentaire de Luc Jacquet sorti en 2005 qui, avec son Oscar du meilleur documentaire et ses 78 millions de dollars au box-office, reste le film français le plus successful de Hollywood.

RENFORCER L’INFLUENCE FRANÇAISE.
Derrière ces chiffres et ces réussites, il n’y a pourtant pas que des paillettes. Il y a aussi les efforts de la France pour promouvoir son cinéma. Laurent Morlet, à la tête du Bureau du film de Los Angeles, explique que son rôle est de “veiller à ce que le patrimoine français continue d’avoir une influence, faciliter les sorties de nouveaux films français en DVD ou en salles, et mettre en relation des talents français avec des producteurs et des réalisateurs hollywoodiens”. En clair, des rétrospectives à l’American Cinémathèque ou au Los Angeles County Museum of Art (Lacma), des conférences données par de grands noms du cinéma français (Patrice Leconte, Laurent Cantet, Bertrand Tavernier, Cédric Klapisch ou Jean-Pierre Jeunet…) à Ucla ou à l’University of Southern California. Mais il y a également le festival du film français Colcoa (City Of Lights, City of Angels), sponsorisé des deux côtés de l’Atlantique par Netflix, Variety, Air France ou TV5.
Ce festival qui a lieu en avril dans les prestigieux locaux du Directors Guild of America, sur Sunset Boulevard, présente chaque année une cinquantaine de films. “Il s’agit du plus grand festival dédié au cinéma étranger à Hollywood, et aussi l’un des plus grands événements de culture française aux États-Unis”, explique son directeur.
La France, troisième industrie du cinéma après les États-Unis et l’Inde, peut bien s’offrir un événement de cette envergure, qui attire un public composé à 70 % des Américains travaillant dans l’industrie du cinéma. “Cela permet de mettre en relation des talents avec d’éventuels producteurs ou réalisateurs”, continue François Truffart. Ce fut le cas pour Alfred Lot, le réalisateur de La Chambre des morts, qui a vendu les droits de son film à Colcoa et signé un contrat avec un agent américain. Mais c’est là aussi qu’ont été rachetés les droits de remake pour Bienvenue chez les Ch’tis. Pourtant, certains ont tracé tout seuls leur chemin au travers de la jungle...

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BIEN-ÊTRE
Business bonheur

Être heureux à Los Angeles peut vouloir dire bien des choses. Devenir une star… ou trouver son équilibre intérieur. Les possibilités coexistent, engendrant une discipline universitaire, un marché lucratif et des succès de librairie.

Tous les hommes sont égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur…” Depuis la Déclaration d’Indépendance signée par Thomas Jefferson le 4 juillet 1776, l’esprit américain n’a pas beaucoup changé. Et trois cents ans plus tard, en 2006 donc, Hollywood reprend dans un titre éponyme ce leitmotiv : The Pursuit of Happyness.
Aux yeux de la plupart des Américains, la Californie serait d’ailleurs le “plus heureux” des 51 États du pays. Pourtant, vivre au royaume des stars n’est pas forcément une sinécure… Il y a le ciel, bien sûr, il y a le soleil et la mer… mais il y a aussi la pression. La course au paraître, à la beauté et à la santé, à la réussite, en un mot, le grand bonheur, quel qu’en soit le prix. Les Angelenos ne s’en cachent pas, bien au contraire, ils assument.
Ainsi, Gerald Rox, 29 ans, directeur d’une agence immobilière à Beverly Hills, et sa compagne Sandra Matthews, 24 ans, affirment consacrer pas mal de temps à leur apparence. Montrant ses mains parfaitement soignées, le jeune chef d’entreprise explique : “Je m’offre une manucure et une pédicure toutes les semaines, je me fais blanchir les dents au laser, je m’épile le torse, je prends des omégas 3 et je bois tous les jours un jus d’herbe de blé biologique au Beverly Hills Juice Club.” Sandra Matthews, de son côté, affiche ouvertement deux interventions de chirurgie esthétique.
“La mode et la beauté contribuent au bonheur parce qu’elles permettent d’être mieux dans sa peau, d’être en adéquation avec les autres”, affirme-t-elle.Très loin de l’exception, cette façon fait l’ordinaire de tout ce qui veut réussir – en beauté si possible – sur cette côte ouest. Los Angeles, c’est 2689 spas et salons de beauté, 700 centres sportifs, 17 manufactures de produits médicinaux et de vitamines ; c’est aussi… 9222 établissements relatifs à la chirurgie plastique représentant à eux seuls une masse salariale annuelle de plus de 4 milliards et demi de dollars.

L’ÊTRE ET LE PARAÎTRE.
Le docteur Sharon Furman, psychologue à Beverly Hills, explique que la course au “bigger the better” peut, au finish, se révéler extrêmement stressante. “Il faut sans cesse faire mieux, posséder les plus grosses voitures, avoir les plus gros salaires, afficher les plus belles réussites personnelles et professionnelles. Et surtout, Los Angeles est remplie des gens les plus beaux – physiquement, s’entend – du pays, qui viennent sur ce drôle de bitume où fleurissent les palmiers, dans l’espoir de “percer” à Hollywood. Cela peut avoir des conséquences psychologiques très sérieuses sur des personnes non armées, c’est le cas de le dire. Car voir des gens beaux et riches à longueur de journée éloigne parfois un peu de la réalité des choses.”
Même si la qualité de vie à Los Angeles est indéniable, “il faut apprendre à reconnaître que le bonheur n’est pas uniquement ce qu’on possède et veut montrer ; mais ce que l’on est à l’intérieur”, temporise le docteur Furman.
Depuis quelques années, cette valeur du bien-être intérieur a fait son chemin. Avec la vague verte qui déferle sur la ville,...

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UNIVERSITÉ
Succès made in Ucla

Quatrième employeur de la ville
de Los Angeles, septième de la région,
Ucla n’est pas seulement un pachyderme
académique, c’est un titan économique.

Démarche nonchalante, short, tongs, casquette et T-shirt siglé bleu et jaune de l’équipe des Bruins… Voilà la tenue de travail de l’étudiant modèle, voire du bon professeur de l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla).Trop loin de l’uniforme symbole qu’ils revêtiront presque sûrement plus tard ? Pas vraiment, décontraction californienne oblige. En tout cas, ça bouillonne sous la casquette, au point de compter parmi les enseignants de la célèbre université cinq prix Nobel (chimie, physique, médecine) et quatre parmi ses anciens étudiants (paix, économie, chimie).

FINANCEMENT : L’ART DU FUNDRAISING.
La prestigieuse institution comprend pas moins de 22 départements de recherche répartis sur 163 bâtiments où plus de 5000 projets scientifiques sont en cours. Pour autant, la réussite ne se quantifie pas uniquement en prix d’excellence, mais aussi en impact économique.Avec plus de 38000 étudiants et 27000 employés dont le salaire global s’élève à 2 milliards de dollars par an (sans compter les 42800 emplois de la région qui dépendent directement des achats liés au campus), Ucla est l’une des plus grosses puissances économiques du comté de Los Angeles. En 2007, ses activités ont généré près de 10 milliards de dollars à l’échelle de la Californie. Et pourtant, Ucla est une institution publique. Mais ici, “université publique ne signifie pas université gérée par l’État, explique Phil Hampton, chargé des relations médias, la preuve, c’est que l’État de Californie n’a contribué cette année qu’à environ 13 % du budget total”. L’université américaine est une machine qui se finance à de très nombreuses sources. Le docteur Clark Barrett, professeur d’anthropologie, la compare à une entreprise. “Les étudiants et leurs parents sont des clients qu’il faut satisfaire. Mais pour attirer les meilleurs (étudiants comme professeurs), il faut tabler sur une très grande compétitivité et sur des conditions d’enseignement et de recherche exceptionnelles.” Et pour cela, il faut des fonds.
Ce sont les frais de scolarité et de logement qui constituent généralement le pilier central du budget d’une université. Mais dans une institution publique, ces frais représentent moins de 10000 dollars par an et par étudiant ; très peu en comparaison des universités privées dont le coût s’élève jusqu’à 36 ou 37000 dollars*.Trouver de l’argent demande donc une forte dose de créativité, et pas seulement dans la recherche académique. Bien qu’en 2006, quelque 19,5 millions...

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