Pour ce qui concerne les déplacements en Europe, la tendance joue nettement en faveur du rail, au détriment du transport en avion. C’est ce que met en avant le dernier baromètre American Express Voyages d’Affaires. “En France, l’argument écologique a été le moteur pour justifier des politiques d’économie et le développement de l’offre européenne de transport ferroviaire se confirme avec deux nouvelles destinations business à 3h15 de Paris, Amsterdam et Cologne, qui pourraient provoquer quelques décisions de basculement de l’aérien.”
Parallèlement, la nouvelle offre de dématérialisation du billet lancée par la SNCF assouplira l’accès au train pour les voyageurs au départ des gares françaises, leur évitant ainsi les étapes de l’enregistrement et du compostage. En 2009, 400000 e-billets ont été vendus sur quatorze destinations tests. Pari réussi puisque 94 % des utilisateurs se sont déclarés satisfaits. “2010 sera l’année de la généralisation de l’e-billet sur l’ensemble de nos parcours, Luxembourg, Suisse et Allemagne compris”, dit Pascal Delorme, directeur commercial marketing et systèmes d’information à la SNCF. Avant cet été, le dispositif sera étendu aux cartes Grand Voyageur et aux téléphones portables via un code-barres envoyé par SMS. Axée sur l’innovation et poussée par l’ouverture du marché à la concurrence, la SNCF se projette véritablement dans le futur, en s’appuyant notamment sur deux enquêtes.
La première, réalisée par The Boston Consulting Group, annonce que d’ici à 2020 le réseau européen à grande vitesse devrait plus que doubler. La moitié des routes aériennes actuelles seront desservies plus rapidement par le TGV que par l’avion. C’est déjà le cas du trajet Paris-Amsterdam. La seconde étude est le résultat d’une grande enquête menée en 2008 par la SNCF auprès de ses voyageurs en France et dans sept pays européens. L’objectif était de cerner leurs attentes en matière de grande vitesse, d’appréhender leur imaginaire à propos du voyage et leur perception de la grande vitesse de demain. À partir des éléments recueillis, la compagnie ferroviaire française entend orienter le TGV du futur.Avec, par exemple, un fauteuil à la fois ergonomique et offrant l’accès à de nouvelles prestations. Ainsi, une fois assis, le voyageur serait automatiquement identifié grâce à son billet dématérialisé mémorisé sur son téléphone mobile. Un message personnalisé sur l’écran tactile de son siège lui souhaiterait la bienvenue et lui proposerait divers services : localisation géographique en continu durant le trajet, consultation en ligne des dernières actualités, commande de repas, accès à Internet… Toujours selon la SNCF, la conception des trains du futur passe également par des correspondances rendues plus faciles, une information complète et en temps réel ainsi qu’un meilleur accompagnement des clients européens et internationaux tout au long de leur voyage. “Nous devons attacher davantage de valeur à la notion de temps utile, en particulier vis-à-vis des professionnels, et travailler les ambiances en imaginant un lieu flexible adaptable à chaque situation vécue par le voyageur…” souligne Pascal Delorme. Dès cet été, de nouvelles offres packagées seront proposées à la clientèle affaires et les services disponibles via téléphone mobile seront multipliés.
Parallèlement, d’ici à 2025, cinq gares TGV ouvriront sur Paris-Ile-de-France : La Défense, Orly, Saint-Denis, Juvisysur- Orge et Villeneuve-Saint-Georges. De nouveaux tronçons de lignes à grande vitesse sont en cours de réalisation comme le TGV Est reliant Strasbourg, le TGV Bretagne mettant Rennes à 1h30 de Paris ou encore la ligne Sud-Europe Atlantique reliant Paris à Bordeaux en 2h05. Également en projet, l’ouverture de la ligne PACA et de la liaison Lyon-Turin.
Sur le plan européen, en décembre dernier, la SNCF a mis en service un sixième TGV quotidien vers Luxembourg et a contribué en Grande-Bretagne à l’exploitation d’une ligne à grande vitesse reliant quotidiennement Londres et le comté de Kent. Liaison qui, en 2012, permettra au village olympique d’être desservi par le service High Speed. Au-delà des frontières Mais la SNCF n’est pas la seule compagnie ferroviaire européenne à voir l’avenir en grande vitesse. Son homologue allemande, la Deutsche Bahn, mettra en circulation fin 2011 une nouvelle génération de trains à grande vitesse : les ICE 3. Ils circuleront en Europe occidentale et pourront atteindre 320 km/h.Des accords de coopération sont actuellement en discussion avec la SNCF en vue de liaisons entre l’Allemagne et le Sud de la France, via la nouvelle ligne LGV Rhin-Rhône prévue en 2011. Dans ce cadre, deux allers-retours quotidiens sont envisagés entre Francfort et la région de Stuttgart vers Lyon et Marseille.
De l’autre côté de la Manche, Eurostar compte bien continuer sur sa lancée. En effet, en 2009, la compagnie britannique a transporté 9,2 millions de voyageurs, dont 30 % de clientèle business, soit une augmentation globale de ses passagers de 1,2 %. Les lignes les plus fréquentées sont celles qu’empruntent les businessmen : Paris- Londres et Bruxelles- Londres. Depuis 2005, ces passagers voyagent en classe Business Premier où ils ont droit à des services spécifiques : enregistrement réduit à dix minutes au lieu de 30 minutes, prises électriques anglaises et continentales, restauration sur place avec vin et champagne, salon d’attente business en gare… “C’est une clientèle que nous suivons de très près”, déclare Lionel Benbassat, directeur marketing et ventes. Ainsi, l’été dernier, Eurostar a lancé le Business Travel Center, en gare de Saint- Pancras International, à Londres. Les voyageurs d’affaires et les détenteurs des Cartes Blanches peuvent y acheter, retirer ou échanger leurs billets.
L’année 2009 a été aussi riche en nouveautés pour Thalys, comme l’explique Béatrice Pâques, directrice commerciale et marketing. “Nous avons ouvert deux nouvelles lignes sur Amsterdam et Cologne, reliant respectivement la capitale française en 3h18 et 3h14 par sept et six fréquences quotidiennes. Liaisons qui, à la fin 2010, passeront à dix en ce qui concerne Amsterdam.” Par ailleurs, Thalys, dont la clientèle affaires représente 50 % de ses 6,1 millions de voyageurs transportés, propose un nouveau programme de fidélisation : Thecard. Il intègre notamment un système de miles, un service de conciergerie pour les possesseurs de cartes Gold ou Platinium et des accès privilégiés aux centres d’affaires Regus. D’autre part, le ticketless est en voie de généralisation et permettra l’identification de la réservation via un codebarres envoyé sur téléphone portable. Enfin, en 2011, les 26 rames Thalys seront entièrement rénovées et dotées d’un salon Premium de quatre places privatisable. Généralisation de l’e-billet Les passagers affaires sont également choyés côté helvétique où Lyria leur propose en première classe un panel de services : rafraîchissement de bienvenue offert, restauration à la place, projet d’un menu intégré dans le prix du billet, presse quotidienne internationale à bord, prises électriques individuelles, réservation de taxis, généralisation de l’e-billet dès la fin du mois d’avril… Les temps de parcours sont aussi diminués. Ainsi, “après un Paris-Lausanne réduit de 15 minutes, cela sera au tour, fin décembre 2010, du Paris-Genève qui passera de 3h32 à 3h09, avec une augmentation des fréquences qui seront de toutes les heures en période de pointe”, indique Christian Rossi, directeur général. En 2011, grâce au TGV Rhin-Rhône, il ne faudra que trois heures pour se rendre de Paris à Bâle et quatre heures à Zurich, soit 30 minutes de gagnées sur ces deux destinations.
Dans cette course aux performances et à la conquête de la clientèle business, l’Europe du Sud n’est pas en reste. En Espagne, la Renfe qui a transporté à bord de ses AVE – l’équivalent espagnol du TGV – 17,6 millions de passagers, dont près de 48,5 % de voyageurs d’affaires, leur réserve des services particuliers : embarquement rapide pouvant être effectué jusqu’à deux minutes avant le départ du train, possibilité de travailler à bord avec un ordinateur ou un téléphone, programme Club Ave, call center et site Web (renfempresas) spécifiques. D’autre part, à la fin de l’année, ses AVE relieront Madrid à Valence et desserviront Perpignan dès 2012. À long terme, le réseau à grande vitesse espagnol devrait encore s’étendre au Portugal pour parfaire la couverture de l’Europe du Sud.
L’ouverture à la concurrence offre également des opportunités aux investisseurs privés. Ainsi, en 2010, le transporteur italien Trenitalia pourrait s’associer au groupe français Veolia pour lancer des TGV en France sur trois axes : Bruxelles-Paris- Lyon, Paris-Londres et Paris-Strasbourg.Accord actuellement non confirmé par Veolia. De même, des pourparlers sont engagés quant à l’éventualité de faire rouler des ICE (TGV allemands) de la Deutsche Bahn sous le tunnel de la Manche. La compagnie ferroviaire allemande estime ce marché potentiel à un million de passagers par an.
La clientèle affaires a donc d’heureuses perspectives avec des dessertes de centreville à centre-ville en évitant autoroutes saturées et interminables files de contrôle…
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