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FINANCE
Péril en la City
La crise du crédit laisse évidemment flotter quelques sombres nuages sur Londres, métropole majeure de la finance internationale. Mais la capitale britannique a d’autres atouts dans son jeu.
À l’évidence, la City a connu des jours meilleurs. Ou en tout cas plus riches d’espérances. Et il faudra allumer bien des cierges à la cathédrale Saint-Paul pour que la grande place financière londonnienne – et avec elle, l’économie britannique – passe à travers l’averse épaisse de la “crise du crédit”, conséquence globale de la crise américaine dite des subprimes.
Les autorités financières ne cachent même plus la relativité de leur optimisme. “Pour le dire crûment, nous nous apprêtons à vivre une année marquée par une inflation au-dessus de nos objectifs et surtout un ralentissement marqué de la croissance”, déclarait le 22 janvier, Mervyn King, le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre à un parterre d’hommes d’affaires de Bristol. Le patron de la livre sterling n’est pas le seul à donner dans le sombre et la presse économique britannique laisse filtrer chaque jour d’autres motifs d’inquiétude. À commencer par le nombre de faillites en Grande-Bretagne et au Pays de Galles, avec 53 114 unités en 2007, qui a battu un record historique. Et à poursuivre par le déficit de la balance courante qui a atteint 5,7 % du produit intérieur brut au troisième trimestre 2007, un record depuis un demi-siècle. Mais si ce “coup de moins bien” affecte peu à peu l’ensemble de l’économie britannique, les inquiétudes se concentrent plus particulièrement sur le secteur financier. Les mauvais indices également. Ainsi, le Financial Times du 18 février rendait compte d’une étude menée par Incomes Data Services prévoyant pour 2008 une chute de 15 % du recrutement de diplômés dans la finance, à rebours de la tendance générale – haussière – de l’embauche de cadres dans l’ensemble de l’économie britannique. Plus loin dans le tabloïd, le lecteur attentif relevait un autre indicateur : on annonce une chute de 5 % des loyers en 2008 dans la City, quartier où le mètre carré s’était apprécié de 22 % en une seule année, de septembre 2006 à septembre 2007. De même, le Centre for Economics & Business Research achève de confirmer la perspective d’une année difficile pour la place financière londonienne, pronostiquant pour 2008 près de 6500 suppressions d’emplois supplémentaires dans la City, par rapport à 2007.

SUITES DE LA CRISE DES “SUBPRIMES”
Dans ce noir scénario, la chronique vient malheureusement en appui de la statistique. Le grand “feuilleton” de la banque Northern Rock, en quasi-faillite à l’automne avant d’être “provisoirement nationalisée”, en février 2008, est évidemment le plus spectaculaire. Les images, largement relayées, de ces longues files de clients venant retirer leurs économies auprès de l’agence de Northern Rock ont permis aux téléspectateurs britanniques de revivre, en couleur, de vieux souvenirs de “jeudi noir”. Mais Northern Rock n’est pas le seul ingrédient dans...
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