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Meetings et Incentive
[5/12/2009]

Skieur ou non skieur, client ou collaborateur, chacun ne peut qu’être sensible à une invitation à la montagne en hiver. Une expérience haut de gamme perçue comme valorisante, riche de moments forts partagés.

La neige possède ce secret de rendre au cœur en un souffle, la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée”, écrit Antonine Maillet. Souvent, un séjour à la montagne en hiver renvoie aux images de l’enfance. À la féerie de Noël, bien sûr, avec ses contes, ses sapins, ses guirlandes, ses skis… bref, tout ce qui se rattache à la montagne et au grand blanc. Avec des plaisirs ludiques comme les jeux de plein air, les batailles de boules de neige, les descentes en luge et des moments de convivialité devant un feu de cheminée, des repas caloriques, des veillées… “Les gens ont toujours un coup de cœur pour la neige. Qu’ils soient skieurs ou non, l’univers de la montagne enneigée les fait rêver !”, explique Marie-Hélène Pascal, responsable du service sports et congrès de l’Alpe d’Huez. “Qu’ils soient proposés à l’occasion de concours internes avec récompenses à la clé en fonction des objectifs atteints ou en mix avec des séminaires, les opérations incentives remportent toujours un franc succès”, affirme Frédéric Boibin, responsable commercial de l’agence Takamaka, à La Clusaz.

Après une saison hivernale 2008-2009 morose, la tendance 2009-2010 est à la reprise. D’opérations de 20 à 30 personnes l’an dernier, Takamaka est passé pour cet hiver à des groupes de 50 à 60 participants sur des séjours de deux ou trois nuits. Généralement, le contenu de ces incentives inclut les classiques challenges du type olympiades que l’on couple avec des dîners dans un restaurant d’altitude et un retour en luge. “Nous privilégions les compétitions en équipe sur une demi-journée car elles donnent l’occasion de rassembler tout le monde autour d’activités communes. Donc de fédérer les groupes”, confirme James Blanc, directeur d’Arc Aventures. Une perception que partage Corinne Gondouin, directrice associée de www.capdel.fr, filiale Internet de l’agence Le Public System. “La montagne permet d’atteindre parfaitement cet objectif fédérateur en jouant sur des loisirs ludiques et originaux du type compétition à skis géants ou partie de luge en nocturne. ” Ce sentiment est renforcé par l’impression d’appartenir à un monde privilégié ; les sports d’hiver restant des loisirs relativement onéreux.

L’image de luxe est donc toujours présente. En tête des activités de plein air les plus demandées : les descentes en luge chronométrées, les biathlons, les balades en traîneaux à chiens ou en raquettes, la construction d’igloos, les concours de sculptures de glace et, quand la réglementation l’autorise, les sorties en scooter des neiges. Parallèlement, afin de satisfaire tout le monde, les entreprises prévoient du temps libre pour les skieurs, généralement encadrés par un moniteur. Éric Ballarin, fondateur de l’agence Road Book, précise “qu’en dehors des activités habituelles, chaque station propose sa propre spécialité sportive : plongée sous glace à Morzine, héliski à Chamonix, bobsleigh à La Plagne ou encore ski jöring, c’est-à-dire tiré par un attelage de chevaux, aux Rousses…” D’autre part, le ski n’étant plus forcément la priorité des séjours hivernaux, les stations de moyenne et de basse altitude surfent sur l’air du temps : retour à des valeurs traditionnelles et aspiration au cocooning. Ainsi mettent-elles en avant leur authenticité, certaines privilégiant un aspect écologique tandis que d’autres développent des prestations axées sur le bien-être.

“Globalement nous notons un retour à des choses plus simples, plus conviviales : une balade en raquettes sur la mer de Glace reste pour les groupes un moment d’exception”, constate Christina Rey, directrice de l’agence Avance Organisation Events qui relève que “bon nombre de participants n’avaient jamais mis les pieds dans une station de sports d’hiver avant d’être invités !”

Nature et tradition

L’Auvergne joue sur son environnement préservé et ses paysages dignes du Grand Nord pour proposer des loisirs “nature et tradition”. Les participants chaussent des raquettes pour découvrir un décor grandiose, dorment dans des burons au cœur de la montagne, construisent des igloos et s’essaient à la conduite de traîneaux à chiens. Certains effectuent un raid sur les étendues sauvages cantaliennes, encadrés par des guides spécialistes de la faune et de la flore, qui ajoutent au programme la visite d’un réseau collectif de chauffage au bois. Dépaysement assuré. Tout comme aux Carroz, en Haute-Savoie, où les groupes sont accueillis dans un village éphémère composé d’igloos et de yourtes après une escalade des cascades de glace. Hébergements originaux que développent d’autres stations. C’est le cas à La Clusaz, où l’agence Takamaka construit un village d’igloos pouvant recevoir une trentaine de personnes. “Les repas sont pris sous un tepee géant chauffé”, précise Frédéric Boibin.

Les Hautes-Pyrénées, réputées pour leur ensoleillement et leurs stations familiales, proposent également et depuis cet hiver un campement de yourtes mongoles dans les Baronnies, entre Bagnères-de-Bigorre et Lannemezan. Mais la carte maîtresse de cette région reste ses nombreux centres thermaux où remise en forme et bien-être sont à l’honneur, comme le confirme Jean-Paul Cazelles, directeur de l’agence Chronotours. “À la montagne, l’hiver, la nuit tombe de très bonne heure. La partie loisirs de plein air se déroule donc sur un laps de temps relativement court, ce qui permet largement de s’adonner à des plaisirs indoor. ”

Ainsi, après plusieurs heures passées dans le froid, les groupes apprécient de se délasser dans une eau avoisinant les 38° ! Ils peuvent même se baigner sous la neige dans des Jacuzzi de plein air installés sur le toit de certains centres, face aux sommets enneigés. Les petits comités privilégiant le dépaysement peuvent même dormir dans de luxueuses cabanes en bois perchées dans les branches, au cœur d’une forêt de sapins. Un rêve d’enfant ; grandeur nature.

Chic et branché

Tout aussi luxueux mais dans un autre genre, à Chamonix, le Hameau Albert 1er s’impose comme petit village de haute montagne, avec trois établissements hôteliers de charme, classés Relais & Châteaux, deux restaurants dont l’un étoilé et un superbe spa. Feu de cheminée, accueil par les propriétaires, décoration chaleureuse… tout est soigné. En particulier pour les petits groupes n’excédant pas trente convives. “Notre sommelier propose des dégustations de vins, dont de grands crus, et nous organisons sur demande des cours de cuisine traditionnelle sous la houlette de Stephane Gasset, le chef de La Maison Carrier, notre restaurant spécialisé dans la cuisine du terroir”, explique Perrine Maillet, responsable des lieux.

De son côté, Megève, l’une des plus anciennes et plus chic stations de ski de Haute-Savoie, combine le charme d’un village d’antan, le luxe d’une station glamour et profite de l’attrait du mont Blanc tout proche. “Megève présente aussi l’énorme avantage d’avoir des lieux très branchés dans lesquels on peut venir habillé et manger autre chose que de la fondue en écoutant les meilleurs DJ du moment !” souligne Aurélia Mignon, intervenante chez Alpincetour.

Tout aussi chic et attrayant, Courchevel- Les 3 Vallées attire les groupes non pas pour son caractère confidentiel et cocooning, mais au contraire pour son gigantisme. Selon le Courchevel Tourisme, “c’est le plus grand domaine skiable du monde !” Cent-cinquante kilomètres de pistes, 62 remontées mécaniques, 529 hectares de montagne dédiés à la glisse sous toutes ses formes… Et un vaste choix d’hébergements de toutes catégories, des restaurants pour tous les goûts dont plusieurs étoilés Michelin. Le luxe peut aussi se jouer dans la simplicité : dormir dans un refuge privatisé, se rendre dans un endroit où il est impossible d’aller seul ou pratiquer une activité spécifique… Mais quelle que soit la formule, “la neige s’apparente au désert : elle fédère, fait vivre des moments forts et génère des émotions enfouies. ”