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Jacques Alonso
Porte-parole de l’alliance Oneworld en France, directeur commercial American Airlines France et Belgique
Trois nouveaux entrants, un prétendant officiel : Oneworld se renforce sans renoncer à ses exigences de services, qui permettent à la “culture d’alliance” de se substituer à celle de la compagnie.
Japan Airlines, Malev, Royal Jordanian : vous avez intégré trois membres en 2007. Sur quels critères choisissez-vous les nouveaux partenaires ?
Jacques Alonso : Il suffit de regarder la carte du monde. Voyez notre réseau : en Asie nous avons JAL au centre, puis Cathay Pacific et sa filiale Dragonair vers le sud, Qantas un peu plus loin. Les trois compagnies desservent l’Amérique, où vous avez au nord le monstre American Airlines, au sud LAN Airlines et bientôt Mexicana pour combler le manque au centre. En Europe : British Airways et Finnair au nord, Malev pour l’Europe de l’Est et Iberia pour le Sud. L’entrée de Royal Jordanian nous a permis de combler une lacune au Moyen-Orient. C’est la grande force de notre alliance : nous desservons tous les continents, sans se marcher sur les pieds et sans compromettre la qualité de service.

Par quels canaux passe cette qualité de service ?
J. A. : Par la billeterie électronique, par exemple. Tous les transporteurs sont en billets électroniques, sur toutes les escales, dès leur entrée dans l’alliance. Les nouveaux membres doivent réaliser des prouesses pour cela, car même si la technologie permet de proposer le même service partout, rien ne se fait tout seul.

Le regroupement en alliance permet-il de réaliser des économies d’échelle ?
J. A. : Bien sûr. Le budget global des dépenses de l’ensemble des compagnies Oneworld, c’est 90 milliards. Si l’on ne réalise que 1 % d’économies, c’est déjà colossal. Nous en faisons notamment au niveau des achats, pour le fuel, par exemple. Mais tout le monde n’a pas la même taille ni les mêmes besoins et il y a des domaines où l’achat groupé reste difficile à organiser, c’est le cas pour la flotte.

Comment avance le regroupement des compagnies dans les aéroports ?
J. A. : Le regroupement se fait là où c’est techniquement et durablement possible, comme à Madrid ou Tokyo. Mais cela est difficilement envisageable pour d’autres aéroports : regardez, à Heathrow, où le nouveau terminal 5 ne suffira même pas à accueillir tous les vols British Airways ; à Roissy où Malev, Finnair et Iberia desservent la zone Schengen depuis le 2D, loin du 2A qu’ADP destine normalement à devenir le terminal Oneworld. Ce sont des affaires délicates : le regroupement ne se décide pas en deux jours et on ne restructure pas pour deux ans. Idem pour les salons : il est hors de question que, sous prétexte de regroupement, nous proposions un produit où les gens seront debout et entassés.

La “politique commune” s’impose-t-elle facilement au sein des compagnies ?
J. A. : Ce qui n’a pas été facile, c’est d’implanter l’idée qu’il faut penser “alliance” et plus seulement “compagnie”. Il y a toujours, dans chaque pays, beaucoup de charge affective pour “sa” compagnie et une énorme attente de fierté de la part du personnel. Mais il faut répéter ce message : “désormais, vous êtes fier de votre alliance”. Toutes proportions gardées, cela ressemble un peu à ce qui s’est fait avec la construction européenne. Et comme toujours dans ce cas, vous trouverez des gens qui préfèrent prêcher pour leur chapelle d’origine…
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