Le voyage, c’est pour de rire
C’est sur un Ajaccio-Lyon que je me suis évanoui, j’avais 24 ou 25 ans. “Plus jamais je ne reprendrai l’avion”, ai-je décidé ce jour-là. . . Une angoisse si terrible ! J’ai tout essayé depuis, de la psychanalyse aux séances de simulateur de vol. Pour l’instant, je peux juste dire : “Depuis que je prends le simulateur de vol, je n’ai plus jamais peur… en simulateur de vol ! Chez Air France, le jour où cela m’aura guéri, ils pourront crier victoire ! ” Il y a pourtant quelque chose qui a changé : d’un trouillard qui ne se déplaçait pas, je suis devenu un écologiste bon teint et responsable, crédible même. Un écolo qui pense, entre autres choses, que l’on ne peut plus tous voyager ainsi… au moins tant que l’on n’a pas inventé l’avion propre ! Je suis très amoureux de ma planète, et je trouve que les hommes la gâchent. Pourquoi, par exemple, tout le monde se précipite partout ? Tous les gens veulent aller voir les pyramides… mais foutez-leur la paix aux pyramides, ça les bousille toute cette affluence ! Aujourd’hui, le moindre gnou du fin fond de la planète s’arroge le droit de tout visiter, partout ! Mais l’intimité de notre planète doit être respectée…
Moi, je me réserve pour les rives, magnifiques, de l’océan Atlantique, des Landes à Cancale… C’est dans cette ville que j’ai d’ailleurs fait mes plus beaux voyages : Olivier Roellinger est un maître qui, avec sa cuisine d’une magnifique simplicité et ses épices qu’il va lui-même chercher, m’évite le stress du voyage et m’offre juste le goût de l’autre bout du monde !
Je vais moins loin en TGV, certes, mais quelle invention géniale ! Non, pas pour sa vitesse : pourquoi faudrait-il que tout aille toujours plus vite ? Ce qui me séduit, c’est que ça touche le sol, et moi, j’ai besoin de ça ! Son confort aussi est appréciable, et puis les rencontres que je peux y faire. J’ai fait, par exemple, la connaissance de mon philosophe préféré, Michel Onfray. Parfois, l’envie me prend de m’adresser à tous les passagers et, d’une voix de poivrot : “J’ai ouvert le baaar… dépêchez-vous, y aaa déjà plus grand-chose…”
Dans les hôtels, je passe de bons moments quand j’y vais pour écrire. J’y reste trois ou quatre semaines, au soleil, au bord de la piscine… Les hôtels que j’aime ont souvent du caractère. Les plus beaux, je les connais, j’ai 58 ans tout de même ! Les Barrière, le Concorde Palm Beach à Marseille, le Regent Petite France à Strasbourg, le Domaine de Rochevilaine en Bretagne, l’Hôtel du Palais à Biarritz… Dans celui-là, je me rappelle une belle jeune femme qui s’était précipitée sur moi pour m’embrasser ! J’étais un peu surpris, bien sûr : “Je vous adore et j’avais promis à mes copines de le faire si je vous rencontrais !” Je ne me suis pas dégonflé non plus…
Voilà, c’est un peu ça voyager : découvrir les autres, s’ouvrir, grandir… faire des choses dont on ne se sentait pas capable !
Cinq dates
1950 C’est à Saint-Mandé, en Ile-de-France, que je nais.
1981 Mon premier long-métrage, Diogène, est retenu en sélection parallèle au Festival de Cannes.
2000 Mon premier roman, L’Utopitre, paraît chez Flammarion.
2005 Dans mon spectacle Comic Symphonic, avec l’Orchestre symphonique lyonnais, je mêle musique et humour … comme un chef !
2008 Je crée mon spectacle décalé sur la biodiversité intitulé Mon frère l’ours blanc, à la salle Gaveau, à Paris.


