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Meetings et Incentive
[31/10/2011]

Elle n’est plus la capitale du royaume de Pologne, mais reste la ville la plus attractive du pays. Les touristes sont séduits par son charmemédiéval. Les groupes de tourisme d’affaires n’échappent évidemment pas à la règle.

Cracovie - L’histoire en toile de fond
Cracovie - L’histoire en toile de fond

La Pologne est un pays vraiment européen. Et s’il subsiste encore un doute, il suffit, pour le lever, de se rendre à Cracovie, à 300 kilomètres au sud de Varsovie, et à faible distance des frontières tchèques et slovaques. Car la deuxième ville du pays, au coeur d’une agglomération de plus d’unmillion d’habitants, s’inscrit dans le circuit des grandes villes historiques de la Mittel europa. Moins chère que Vienne, moins bondée que Prague, mais tout aussi courue que Budapest, elle appuie son attractivité touristique sur un patrimoine architectural qui lui permet de rivaliser sans complexes avec ces trois – lointaines – concurrentes.

 

C’est une évidence : voilà une ville qui a un passé, de la patine. Passons sur la légende de sa fondation par le roi Krakus à la suite d’un combat avec le dragon Wawel pour se concentrer sur des récits avérés. De ceux qui racontent comment cette petite ville située le long de la Vistule s’est imposée comme capitale de la Pologne en 1038, avant de devenir l’une des places principales du commerce et de la culture en Europe, membre de la Ligue hanséatique et siège d’une université pionnière d’où sortit notamment Nicolas Copernic, prince des astronomes.

 

Patrimoine intact
Cracovie a certes perdu son titre de capitale en 1596, elle n’a rien perdu de son aura. Les outrages n’ont pourtant pas fait défaut tout au long du parcours. Mais, que les invasions soient tatares, suédoises, prussiennes, russes ou encore autrichiennes, jamais elles ne sont parvenues à défigurer une ville au patrimoine épargné tout aussi miraculeusement par les deux conflits mondiaux. Le coeur historique de Cracovie n’a pas souffert comme celui de Varsovie, laissé totalement exsangue par les derniers assauts de la Seconde Guerre mondiale. C’est donc tout naturellement, et fort logiquement, que la ville est devenue aujourd’hui le fer de lance de l’industrie touristique polonaise.

 

Patrimoine intact

3 — L’hôtellerie de Cracovie s’est mise au diapason d’une ville très touristique en offrant des services haut de gamme dans un cadre souvent historique, comme ici le spa de l’hôtel Stary.
4 — Rynek Glowny, la grand place du marché, concentre à ses alentours la majorité des attraits de la ville. Qu’ils soient culturels, avec la basilique Ste Marie ou l’ancienne halle aux draps, mais aussi gastronomiques, puisque les meilleures tables et les plus belles terrasses sont pour la plupart situées à sa proximité.

 

Ce qui est vrai pour le tourisme de loisirs l’est aussi pour celui d’affaires. Et les groupes incentive de passage en Pologne omettent rarement de placer la ville sur leur parcours : “même les groupes dont la destination principale est Varsovie demandent toujours à insérer un ou deux jours à Cracovie dans leur programme”, témoigne Ewa Slusarczyk, responsable du marché français pour l’agence réceptive Marco der Pole. Même son de cloche du côté de l’agence Intercrac où l’on met en avant les points forts de la “Florence du Nord” : “un accueil chaleureux”, “une hôtellerie très qualitative”, “une vrai gastronomie”, “des lieux événementiels prestigieux”, “des guides très professionnels et parlant un excellent français” et, surtout, “la richesse culturelle et patrimoniale et la beauté de la ville et de ses environs”.

 

Vieux pavés et lieux d'histoire
Voilà un fait acquis : Cracovie a tout d’une belle ville, trépidant musée à ciel ouvert où il est encore possible de battre du vieux pavé pour rejoindre les lieux d’histoire. À tout seigneur, tout honneur : on commence par la colline de Wawel, avec un passage obligé par la cathédrale et surtout le château – ou Zamek – , épicentre politique de la Pologne du XIe au XVIe siècle. En points d’orgue : la collection de tapisseries des Flandres du roi Sigismond II Auguste, le trésor de la couronne et la salle du trône, ornée par les figures des souverains qui régnèrent sur ce royaume à l’histoire agitée.

 

Pour poursuivre la visite, il suffit de descendre la “voie royale”, empruntée autre fois pour les couronnements et enterrements des souverains. On rejoint alors Stare Miasto, le centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978. Tous les chemins – ou presque – mènent à la grand place du marché (Rynek Glowny) qui, avec ses 200 mètres de côté, revendique le titre de “plus grande place médiévale d’Europe”. Le visiteur accrédite sans difficulté cette affirmation une fois arrivé sur cette place où bat le coeur de la vieille ville avec, pour encadrer cette gigantesque esplanade, l’ancienne halle aux draps, la splendide église Notre-Dame de l’Assomption, connue aussi sous le nom de basilique Sainte-Marie, et, tout autour, une cinquantaine de bâtiments magiques où le baroque côtoie le renaissant et le gothique.

 

Vieux pavés et lieux d'histoire

1 — La halle aux draps a conservé sa vocation commer - ciale, héritage du temps où Cracovie était un carre - four économique stratégique en Europe.
2 — Fondée en 1364 par Casimir III le Grand, l’université Jagellon, où étudia notamment Nicolas Copernic, est une des plus vieilles d’Europe centrale.
3 — Les premiers rois de Pologne se sont établis sur la colline de Wawel dès l’an Mil, quatre siècles avant la construction du château actuel et de la cathédrale.

4 — Le quartier juif de Cracovie, où naquit Helena Rubinstein et vécut Roman Polanski, a connu des heures sombres. Malgré les outrages, Kazimierz a conservé son atmosphère unique qui attire aujourd’hui la jeunesse étudiante.

 

Mais, à Cracovie, si le spectacle est d’abord dans la rue, il se cache aussi derrière ses murs. Le retable de Veit Stoss dans l’église Notre-Dame, la Dame à l’hermine de Léonard de Vinci au musée Czartoryski, les vitraux Art nouveau de l’église des Franciscains : les joyaux ne manquent pas dans une ville où l’on compte près d’une quarantaine de musées. Passer de l’un à l’autre n’est pas une affaire harassante. Car, dans ce paysage charmeur, les voitures sont, sinon absentes, tout au moins discrètes ; et Stare Miasto reste un véritable paradis pour le piéton curieux qui aime à marcher le nez en l’air sans crain dre de se faire écraser à chaque traversée de rue. Avec, en complément, un très bon réseau de bus et de trams pour se transporter d’un lieu à un autre.

 

Derrière la vieille ville
Si Cracovie attire chaque année près d’un million de visiteurs, elle le doit essentiellement à l’attrait de son centre ville. Mais il y a d’autres choses à voir dans la capitale culturelle polonaise. Car l’histoire ne s’est pas arrêtée après l’inauguration du dernier édifice baroque. La preuve avec Nowa Huta, la “nouvelle fonderie”, un quartier stupéfiant construit au début des années 50 autour de l’usine Lénine, sur ordre de Staline, dans un style architectural à l’avenant... Mais les temps ont bien changé. Avenue Solidarité ou Jean-Paul II, place Ronald Reagan : les nouvelles appellations cadastrales de ce quartier emblématique du “réalisme socialiste” sont aujourd’hui autant de clins d’oeil espiègles aux années grises du rideau de fer.

 

L’autre point d’attrait majeur de la ville est sans aucun doute le patrimoine d’une communauté juive qui comptait pour près du quart de la population de la ville en 1939. Une grande partie de ce patrimoine est concentrée dans le quartier de Kazimierz où l’on retrouve notamment la Vieille synagogue, construite au XVe siècle et reconvertie aujourd’hui en musée. Des souvenirs plus pénibles sont évoqués dans le quartier de Podgorze, ghetto juif de la ville durant la Seconde Guerre mondiale, et à la frontière duquel on retrouvera l’usine Emalia d’Oscar Schindler, dont l’histoire fut portée à l’écran par Steven Spielberg. Un grand nombre de réceptifs propose aujourd’hui des “Schindler Tours” qui passent par les lieux de tournage du film et permettent d’appréhender l’histoire des juifs polonais jusque dans ses tournants les plus tragiques.

 

Derrière la vieille ville

1 — Exploitées sans discontinuité depuis huit siècles, les mines de sel de Wieliczka recèlent un attrait unique au monde, et reconnu à ce titre par l’UNESCO : la chapelle de la bienheureuse Kinga, cent mètres sous terre, dont les sols, autels, lustres et bas-reliefs représentant des scènes bibliques sont tous taillés dans le sel gemme.

2 — Ouvert l’an dernier sur le site de l’usine dirigée par Oskar Schindler, un musée évoque, à travers des oeuvres d’art et des reconstitutions, le travail des ouvriers juifs dont plus de mille seront sauvés par ce “juste parmi les justes”.

 

Ces parcours de mémoire, pour émouvants qu’ils sont, n’ont, par ailleurs, rien de sinistre puisque ces quartiers n’ont jamais cessé de vivre, Kazimierz devenant même un des principaux centres de la vie nocturne cracovienne. Une vie passablement animée par les 170 000 étudiants qui perpétuent la tradition bouillonnante de cette grande ville universitaire, avec tout ce qu’il faut de bars et de pubs pour emballer l’affaire.

 

Rafting, golf et mine de sel
Il y a des choses à faire dans la ville, mais il y en a aussi à ses alentours. “La campagne autour de Cracovie est très populaire auprès de nos clients français. En complément de la visite de la ville, nous avons souvent organisé des compétitions de sports d’hiver à Zakopane ou des descentes en rafting sur la Dunajec”, dit encore Ewa Slusarczyk. Les options ne s’arrêtent pas à ces deux propositions, loin de là. Une fois passées les portes de la ville, tout est possible, et ce, dans un rayon d’action réduit. On peut jouer au golf à Paczol - towice, plonger dans les eaux cristallines du lac Zakrzowek, parcourir les étranges formations calcaires du parc national Ojcowski, rendre visite à la Vierge noire de Czestochowa ou encore longer la “route des nids d’aigle” qui passe par le château gothique d’Ojcow ou celui Renaissance de Pieskowa Skala.

 

Mais l’une des attractions les plus populaires parmi les groupes incentives reste la mine de sel de Wieliczka, la plus ancienne d’Europe, située à une quinzaine de kilomètres au Sud-Est de Cracovie. Son activité remonte au XIIIe siècle et se déploie encore sur plus de 200 kilomètres de galeries répartis sur sept niveaux. La visite des lieux ne participe pas seulement du tourisme industriel. Car le travail du sel a également donné lieu à une véritable production artistique, dont le principal joyau est évidemment la chapelle de la bien heureuse Kinga, une authentique église souterraine entièrement creusée dans le sel à près de 100 mètres sous terre. Un bijou qui a valu à la mine de se voir inscrite, dès 1978, sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Et de devenir tout naturellement un point de passage quasi obligé pour les opérations incentives organisées dans la région, avec salles de réceptions à l’appui. On l’aura compris, les charmes de Cracovie et de ses environs se déploient aussi sous le sol.