Jump to Navigation
Meetings et Incentive
[27/06/2011]

Cela fait maintenant deux siècles que l’archipel de Madère séduit les touristes grâce à son climat, délicieux toute l’année. Volcaniques, ses îles, combinant hautes montagnes, forêts et vagues de l’océan, permettent aux groupes d’alterner activités sportives et visites culturelles. Sans oublier le farniente, sur une immense plage de sable blond…

Que de vert… Une explosion de vert. Et toutes ces montagnes encapuchonnées dans leurs nuages, perdues au milieu de l’Atlantique, à 500 kilomètres des côtes marocaines… Et les fleurs… Multicolores, partout et à profusion. Elles font la réputation de l’archipel de Madère ; un paradis verdoyant, quasi tropical et vieux d’à peine six siècles. Car, même si l’île est apparue il y a 20 000 millions d’années à la suite d’une éruption volcanique, elle ne fut découverte – et encore, tout à fait par hasard – qu’en 1418, à la faveur d’une tempête qui détourna de leur but les navigateurs portugais João Gonçalves Zarco et Tristão Vaz Teixeira, les forçant à accoster sur un îlot complètement inconnu qu’ils baptisent Porto Santo.

 

Cathédrale à Funchal, la Sè.

1 ) À Funchal, la Sè, cathédrale construite peu après la découverte de l’île et restée à l’identique depuis, permet d’admirer l’un des plus beaux plafonds de bois du Portugal, tout en marqueterie.

 

Au loin, ils aperçoivent une grande île qu’ils reviendront explorer l’année suivante ; un ancien volcan, noir de laves, aux sommets couronnés de nuages et couvert de forêts. Un nom s’impose : Madeira, l’ “île des bois”. Dans le sillage des explorateurs arrivent les premiers colons qui vont acclimater céréales, vigne et canne à sucre, une graminée tellement florissante que Madère deviendra rapidement le premier producteur de sucre occidental. Une raison suffisante pour que Christophe Colomb, alors commissionnaire pour un marchand de Lisbonne, débarque en 1478 et en profite au passage pour épouser Filipa Moniz, la fille du gouverneur de Porto Santo.

 

Florissante “île des bois”Florissante “île des bois”
Au fil des ans, Funchal, la capitale, s’impose comme l’escale obligée pour le ravitaillement des caravelles en route vers les Amériques. Bien plus tard, au XIXe siècle, les médecins européens enverront à Madère leurs riches patients – c’est le début du tourisme – respirer l’air pur des montagnes. La plus charismatique, l’impératrice d’Autriche, Sissi, vient y soigner une tuberculose, soudainement guérie, mais surtout une vraie mélancolie, liée aux infidélités de son mari et aux rigueurs de l’étiquette de la cour de Vienne.

 

“Savez-vous que nous avons presque deux siècles d’histoire touristique ?, explique Maria da Graça Luís, conseillère technique du ministre régional du tourisme et des transports. Madère a très tôt attiré les visiteurs, car c’est une destination nature où le climat est agréable toute l’année. Forts de cette longue expérience, nous avons une vraie qualité hôtelière et un service exemplaire. Si les inondations de février 2010 ont légèrement pénalisé la fréquentation – même s’il n’en reste presque plus de traces –, nous bénéficions aujourd’hui du report des voyages prévus en Tunisie et en Égypte. Par ailleurs, depuis que nous avons des vols directs, l’acheminement des groupes de tourisme et de tourisme d’affaires s’en trouve facilité.”

 

Lorsqu’on découvre l’île au printemps, on comprend très vite ce que les vacanciers viennent y chercher : une certaine douceur de vivre, un je-ne-sais-quoi d’insouciance bon enfant. La campagne explose alors de couleurs et d’odeurs. Des tapis de capucines couvrent les pentes des montagnes. Les jasmins envahissent les murets ; les hampes d’agapanthes bleuissent les chemins et les arums colonisent les prairies.

 

Explosion de couleursExplosion de couleurs
Sous ces latitudes quasi tropicales, les jardins sont à la fête. C’est d’ailleurs pourquoi les Britanniques, passionnés d’horticulture, vinrent y habiter des quintas, d’élégants manoirs roses ou jaunes aujourd’hui souvent reconvertis en hôtels raffinés. Ces grands propriétaires ont mis au point un système d’irrigation en pente douce – appelé levada – pour drainer, dans le Sud sec et ensoleillé, l’eau de pluie, abondante sur la côte Nord, vers leurs terrasses de cannes à sucre ou de bananiers.

 

Ces levadas sont l’un des indéniables atouts de l’île. Les groupes les longent en excursion dans la laurisilva, forêt primaire de lauriers. Jaime Ferreira, guide de By Nature, explique : “C’est vrai que cette forêt compte beaucoup d’espèces importées ; mais il existe par exemple le laurier, la myrtille et la vipérine de Madère qui sont endémiques. Quand j’emmène un groupe – guère plus de 25 personnes, sinon il faut le scinder –, la randonnée dure trois à quatre heures. Comme les nuages s’accrochent aux montagnes, l’humidité est toujours très présente. Mais on traverse une nature magnifique. Le sentier passe sous des arbres couverts de lichens, franchit des torrents, s’enfonce dans des tunnels et frôle des gouffres ; au bout de l’effort, un pique-nique attend les participants devant un panorama époustouflant. Parfois, on combine ces randonnées avec une promenade en 4 x 4. Cependant, nous n’organisons pas de canyoning, même si, avec toutes les chutes d’eau qui dégringolent des parois, c’est l’un des sports les plus demandés. En revanche, nous avons mis au point des circuits en Segway, des gyropodes électriques à deux roues.”

 

Cette trottinette new-look absolument silencieuse, et de surcroît dans la mouvance écologique, procure de vraies sensations, notamment lors des montées vers l’un ou l’autre des multiples miradores – points de vue – dont Madère est truffée. À chaque tournant d’une route on ne peut plus escarpée se découvrent des falaises déchiquetées, des cascades que l’on devine glacées et des à-pics vertigineux. Pour preuves, la vision lilliputienne du village de Curral das Freiras terré au fond de sa vallée, les précipices entourant le pic d’Arieiro ou la falaise du cap Girão, la plus haute de l’île à 580 mètres, qui offrira bientôt de nouvelles émotions avec l’adjonction d’une plateforme en verre !

 

Subtils azulejos et noir basalteSubtils azulejos et noir basalte
Pour des plaisirs plus culturels, les groupes partent, un road-book à la main, découvrir les ruelles des vieux quartiers de Funchal.Au passage, ils peuvent remarquer le pavage en galets de la place de l’hôtel de ville, une bâtisse toute blanche, cernée de basalte noir, et qui affiche la toute-puissance de l’ancienne couronne portugaise ; puis ils restent bouche bée devant les sublimes ciselures du plafond en cèdre de la cathédrale, la délicatesse des peintures flamandes du musée d’art sacré ou les bleus subtils des azulejos XVIIIe du couvent de Santa Clara. Ils flânent ensuite au marché des Lavradores et ses deux étages de fleurs, de légumes et de fruits exhalant des effluves tropicaux. Accueillis à l’entrée par des gerbes d’oiseaux de paradis, d’anthuriums et d’orchidées, ils expérimentent de nouvelles saveurs en goûtant aux bananes locales, aux cerises de Cayenne ou aux anones qui poussent sur les espaliers ensoleillés. Un exotisme relayé par les poissonniers écaillant les sabres noirs, ces poissons-épées qui vivent dans les grandes profondeurs. Une mise en bouche, en quelque sorte, avant la visite du Old Blandy Wine Lodge, qui abrite des chais de madère.

 

Surplombant la baie de Funchal.

1 ) Particulièrement dense et luxuriante, la laurisilva, la forêt laurifère de Madère, est la plus grande du monde, vestige d’un ensemble naturel autrefois très répandu et inscrit à ce titre au patrimoine mondial de l’UNESCO.
2 ) À Santana, sur une côte Nord abondamment arrosée par les pluies, les traditionnelles maisons triangulaires à toit de chaume servent encore d’habitat aux paysans de la région, mais surtout d’attractions touristiques.
3 ) Surplombant la baie de Funchal, l’extravagant “jardim do Monte” invite le visiteur à une déambulation exotique à travers les continents, jusqu’au pays du Soleil Levant.

 

Sonia Marquès, guide maison, explique : “Nous sommes dans un monastère du XVII e siècle où, depuis 200 ans, on fait vieillir le vin en y ajoutant de l’alcool, en cours ou en fin de fermentation. En France, on ne connaît guère le madère que dans les sauces, alors qu’en fait, il en existe quatre sortes : le sec en apéritif, demi-sec pour accompagner un foie gras, demi-doux délicieux avec fromages et desserts, et enfin le doux, idéal en digestif.” Les salles en étage où, sous des poutres noircies par le temps, mûrissent à température ambiante ces doux nectars, se parcourent dans une odeur de caramel et de noix.Avant la dégustation de ces vins secs et moelleux en guise de final.

 

Revigorés par la générosité de ces cuvées, les groupes prennent ensuite le téléphérique jusqu’à Monte, lieu de villégiature fort prisé des Anglais, où vécurent également en exil le dernier empereur d’Autriche, Charles Ier, et son épouse Zita. L’extraordinaire jardin tropical du Monte Palace constitue le lieu rêvé pour une chasse au trésor. Encaissé dans un vallon, il mêle azalées de Belgique, cycas d’Afrique du Sud, fougères arborescentes ou lauriers endémiques. Dans les lacs se prélassent des carpes koï ; et les allées, peuplées de coqs et de paons, sont agrémentées de pierres armoriées, d’azulejos, et même d’une pagode japonaise. Une balade haletante qui se poursuit, plus haut, par la visite de l’église Nossa Senhora do Monte dont les escaliers très pentus sont gravis par les pèlerins lors de l’Assomption ou dévalés le reste du temps par des adolescents en vélo tout-terrain. C’est à ses pieds qu’a lieu le départ des carros de cesto, des traîneaux biplaces en osier à patins de bois qu’empruntait hier la population descendant à Funchal. Aujourd’hui, il s’agit d’une attraction phare, unique au monde. À la queue leu leu, les participants, guidés par deux solides gaillards dont les bottines à semelles en pneu assurent le freinage, glissent à toute allure – un peu comme à la fête foraine – sur des ruelles escarpées aux virages parfois serrés, puis terminent hilares, grisés par la vitesse, deux kilomètres plus bas.

 

À la pointe nord-ouest de l’île

5 ) À la pointe nord-ouest de l’île, les piscines volcaniques de Porto Moniz proposent leurs bassins naturels aux visiteurs qui pourront se rafraîchir au milieu des récifs avant de reprendre la route vers Funchal, à 75 kilomètres.
6 ) De Camara de Los Lobos, authentique village de pêcheurs de la côte Sud et apprécié en son temps par Winston Churchill, les barques partent poser leurs lignes pour attirer la star des tables locales, le peixe espada, poisson des profondeurs proche de l’anguille.

 

Côté mer, l’île aligne criques et plages sombres en galets de basalte, accessibles le plus souvent par des escaliers raides ou des sentiers abrupts. Un océan de hauts fonds suggérant d’autres activités ludiques. Carlos Jardim, pdg du réceptif Panorama, raconte : “les possibilités sont innombrables pour les sports nautiques. Mais on peut aussi emmener un groupe de 100 personnes naviguer sur une réplique de la Santa Maria, la caravelle de Christophe Colomb, encadré par un équipage en costumes d’époque et deux perroquets très bavards qui persiflent en haut de l’échelle. Sinon, à bord de catamarans ou de petits bateaux, les visiteurs vont en pleine mer observer les dauphins, les cachalots ainsi que le passage des baleines. Il n’est d’ailleurs pas rare que certains participants se jettent à l’eau pour nager avec les cétacés. Au final, on organise un déjeuner sur une plage, par exemple celle située en dessous du cap Girão”. Restent encore les loisirs balnéaires sur l’île de Porto Santo qui étire sa plage blonde de neuf kilomètres devant des dunes protégées. À deux heures de Funchal en bateau, les groupes participent à des jeux sur le sable, partent en randonnée sur les hauteurs, visitent la bourgade de Vila Baleira et le musée Christophe Colomb aménagé dans la maison où il fût censé habiter. Et puis, comme les premiers navigateurs, ils vont au soleil couchant contempler l’océan. Un infini bleu outremer virant à l’orange, que l’on voudrait, s’il était encore possible, cingler en caravelle, en direction de l’Amérique.