Il y a des coutumes dont personne ne cherche à se plaindre. Celle-ci, par exemple. Depuis que le vice-amiral Nicolas Durand de Villegagnon fit amarrer ses navires dans la baie de Guanabara le 10 novembre 1555, c’est devenu comme une tradition : les voyageurs français qui arrivent au Brésil commencent par poser leurs valises à Rio. Et, même si la découverte du pays ne peut se limiter à sa capitale touristique, ils y restent bien souvent jusqu’à la fin de leur séjour. C’est un fait, Rio est une destination qui se suffit à elle-même. Beauté du site, chaleur du rythme et carnaval des sens : la cidade maravilhosa, la “ville merveilleuse”, est un concentré du rêve au riverde. Pour comprendre ce qui a attiré ici plus d’un million et demi de visiteurs étrangers en2010, il suffit de s’arrêter quelques instants devant le tourniquet à cartes postales.
Cliché numéro 1 : le Corcovado et son Cristo Redentor perché à plus de 700 mètres, les bras ouverts, pour embrasser l’un des paysages urbains les plus féériques du monde. Reconnue comme une des “sept nouvelles merveilles du monde” par la fondation New Seven Wonders, c’est évidemment une étape obligatoire, mais qui n’a rien d’un pensum. Lemust : monter à la tombée du jour pour profiter des derniers éclats du soleil, puis des lumières de la ville.
Cliché numéro 2 : le Pain de Sucre, cet étrange bloc de granite ouvrant sur la baie. Une bizarrerie naturelle qui a bénéficié, en 2008, d’une rénovation totale de ses voies d’accès. On peut désormais admirer le paysage par les baies vitrées des nouveaux téléphériques. Le must, là aussi : faire une étape au Morro da Urca, colline qui précède le Pao de Acucar sur le chemin du téléphérique. C’est assurément le spot idéal pour des shows nocturnes avec vue sur la ville.
Cliché numéro 3 : Copacabana. Ou Ipanema, ou Leme, ou Leblon…Bref, la plage. Pas celle des stations balnéaires sans âme, mais celle, éminemment vibrante, d’un véritable espace public à ciel grand ouvert. Des gamins engagés dans leur pelada de futebol au ballet incessant des ondines à textile minimal, la parade attendue est bien en place. Mais il y a encore plus à voir sur ces kilomètres de sable qui constituent le meilleur observatoire de la vie sociale carioca, entre barbecues du week-end et jus de coco frais dans les kiosques qui bordent l’Avenida Atlantica.
La carte postale de Rio, c’est aussi le carnaval, que l’on peut aborder in vivo à l’heure dite, dans les jours qui précèdent le Mardi-Gras, ou dans ses prémices en assistant à la répétition de l’une des douze grandes écoles de samba, de B comme celle de Beija-Flor à V comme Viradouro. C’est enfin le ballon rond, dans une ville où les grands clubs de foot locaux – Botafogo, Fluminense, Flamengo, Vasco – semblent engagés dans une ronde sans fin de compétitions “cruciales”, dont l’étranger aura parfois du mal à saisir la finalité...
Le Corcovado, le Pain de Sucre, la plage, le foot, la samba : le voyage se justifie déjà amplement en ne s’en tenant qu’à ces cinq clichés. On n’est pas pour autant au bout des bonnes surprises. Il suffit de regarder à l’arrière des bancs de sable, de se tourner vers la terre, pour introduire une nouvelle couleur dans la palette. Car on ne le sait pas forcément, mais près du tiers de la surface de Rio est occupé par le vert de la mata atlântica, la forêt atlantique. Le poumon de Rio a un coeur : les 3 200 hectares du parc national de Tijuca, déclaré réserve de biosphère par l’UNESCOen1991.Des cascades, des vues surprenantes, une flore, une faune exotiques et quelques curiosités historiques : voilà ce que l’on retrouvera au cours d’une randonnée pédestre ou cycliste dans cette institution nationale, ou chez ses petites sÅ“urs que sont les parcs da Prainha, Chico Mendes, Marapendi, Catacumba, Mendanha ou Darke de Mattos.
Sports aventure à Rio : qui l'eût cru ?

De l’eau, des arbres et du relief : voilà de quoi transformer une ville en véritable paradis des sports d’aventure ; escalade, surf et deltaplane en tête de liste. D’autant plus que les opportunités ne s’arrêtent pas à la porte de la ville. “
Bien sûr, avec Tijuca, la forêt est dans la ville, mais il y a bien d’autres alternatives à deux ou trois heures de route, et dans des paysages plus sauvages. Je pense à la Serra Verde ou à la Vale do Café, par exemple. Du rappel, du rafting : on peut tout faire là -bas. Ce sont des territoires que nous commençons à valoriser pour tout ce qui concerne l’écotourisme et le tourisme d’aventures”, souligne Ronald Azaro, secrétaire au tourisme de l’État de Rio de Janeiro. D’une manière plus générale, on aura tout intérêt à se pencher avec attention sur les opportunités éclectiques d’un état de 44 000 km2 qui rassemble tous les goûts dans sa nature, des joies du littoral de Buzios ou Cabo Frio aux splendeurs des villes historiques comme Paraty, en bord de mer, ou comme Petropolis, dans les hauteurs.
Mais tant qu’à plonger pleine ment dans le vert et l’écoresponsable, autant carrément s’immerger dans le grand vert, le vrai, l’immense ; celui de la plus vaste forêt dumonde qui s’étend au nord du pays, à quelques heures d’avion de Rio, et s’immiscer, pour deux ou trois jours et en complément d’un programme cariocaultra festif, au cÅ“ur de la jungle amazonienne. En route donc pour Manaus.
Symphonie mélancolique en vert majeur

Manaus-sur-Rio Negro, Manaus-sur-Amazone, et plus certainement encore Manaus-sur-Opéra… Avec ce théâtre totalement surréaliste de par sa situation, le Teatro Amazonas, planté en 1896 au milieu de nulle part, dans la moiteur d’une forêt l’isolant de tous les autres grands centres urbains du Brésil. Rio, São Paulo et Brasilia sont tous à un peu plus de trois heures de vol. Mais c’est précisément pour ça que l’on vient à Manaus, pour son ambiance unique, sa situation au cÅ“ur d’un écotourisme ultra tendance ; et, pour certains, avant tout pour son opéra. Car assister à une représentation dans cette maison-là , en robes du soir et habits noirs, au cÅ“ur de l’immensité verte… Faire plus chic, c’est tout simplement impossible. Le choix de la soirée en question n’est pourtant pas chose aisée puisqu’on y donne plusieurs fois par semaine des spectacles de ballets, de théâtre et d’opéra avec l’un des meilleurs orchestres philharmoniques de tout le Brésil. On peut bien sûr se contenter d’une simple visite : depuis le premier balcon, la salle à l’italienne de 800 places est absolument sublime.

Vraiment. L’opéra donc. Icône intacte de la fabuleuse époque du tournant du XXe siècle, lorsque Manaus figurait parmi les villes les plus riches du monde. L’or et les billets de banque provenant de la production de caoutchouc y coulaient alors aussi abondamment que la sève des hévéas. Certains magnats étaient si riches, qu’ils faisaient, dit-on, blanchir leur linge à Paris… Du coup, en guise de pied de nez au vieux monde, les gros planteurs se sont carrément offert un opéra. Un vrai, un beau bâtiment, inspiré de ce qui se faisait de mieux outre-Atlantique. D’ailleurs, tous les matériaux – à l’exception du bois, tout de même en abondance dans le coin – furent importés d’Europe. Marqueterie, coupole, tuiles et plafonds peints ont tous été acheminés par bateau, depuis la France. Le rideau de scène a été réalisé à Paris ; les bois – du Brésil donc – ont fait un aller-retour pour être ouvragés au Portugal ; les miroirs et les lustres ont été achetés à Venise ; la ferronnerie travaillée en Angleterre… Les plus grands artistes internationaux s’y sont produits, délaissant même Rio au profit de la prodigieuse cité d’Amazonie. Sauf Sarah Bernhardt, qui, contrairement à l’idée reçue, n’y a jamais posé le pied.
Visite en patins feutrés

Aujourd’hui, après une période où elle fut laissée dans un état de quasi-abandon, la maison des arts lyriques a été restaurée dans son jus et brille à nouveau de tous ses ors. On la bichonne au point d’en faire visiter la somptueuse salle de bal exclusivement chaussé d’énormes patins. Comme chez les grand-mères d’autrefois… Elle est prolongée, cette salle tout en lustres de Murano, en plafonds peints et parquets assemblés de douze mille morceaux de bois précieux, par un gigantesque balcon donnant sur une place pavée, la Praça de Sao Sebastiao, où sont dessinées des vagues de pierre, en aplat et en noir et blanc. Un peu comme partout au Brésil, mais aussi à Lisbonne. Sophistication extrême, la pierre de ces pavés était autrefois mêlée à du caoutchouc, étouffant ainsi le bruit des chevaux menant les calèches des retardataires. Inutile aujourd’hui d’effectuer un quelconque test : ils sont en pierre, point.
Quelques maisons coloniales, parfaitement conservées, bordent la place, certaines présentant de divines proportions. Le nombre d’or n’est pas loin… Elles sont presque toutes joliment colorées et détonnent avec la plastique peinturlurée du reste de la ville. “Non seulement nous pouvons privatiser l’opéra, dit Raul Sampaio, directeur commercial du réceptif Fontur, mais aussi certains bâtiments histo - riques, comme le palais de justice ou le Palacio Rio Negro, ancienne demeure de l’Allemand Waldemar Scholz, l’un des maîtres du caoutchouc.”
Comme un air de saudade
À deux pas du mythique opéra, s’agitent le port et le marché, les deux autres lieux phares de Manaus. Et c’est en passant par des rues commerçantes – des souks à la mode
auriverde – où s’écoulent des kilomètres de tissus, des vêtements bon marché ou de l’électronique discount, que l’on découvre, ça et là , des restes de l’ex-belle vie de Manaus.

Avec parfois des choses surprenantes, presque attendrissantes, comme ce “Bon Marché”, en français s'il vous plaît, magasin qui fut sans aucun doute autrefois snobissime. Bien autrefois.
Car il est loin le temps des princes du latex. Comme elles sont loin ces années 1844 et 1888, celles, respectivement, de la découverte de la vulca - nisation du caoutchouc par Charles Goodyear et de l’invention du pneu par John Boyd Dunlop… C’est un peu comme si des années-lumière séparaient la ville d’aujourd’hui de l’époque du monopole absolu de “l’or mou”.

Au fond, il flotte dans ces drôles de rues comme un rien de saudade portugaise, à moins qu’il ne s’agisse des restes d’un spleen en prise directe avec la poésie du XIXe siècle. Rien de triste là -dedans, mais au contraire quelque chose de délicieusement nostalgique. Dans tous les cas, l’étiquette “exubérance”, qui colle si bien à la peau des Cariocas, n’est guère de mise à Manaus. Ici, les choses vont plutôt dans le sens d’une certaine langueur, d’un rien de retenue ; y compris sur le port, pourtant bigrement coloré.

Les docks, d’abord. Qui furent construits par un ingénieur anglais, en 1906, et qui sont flottants. Pourquoi ? Parce que les eaux du Rio Negro, tout comme celles de l’Amazone qui se forme à la réunion du “fleuve noir” et du Solimoes, à quelques kilomètres en aval de la ville, montent et descendent au fil des saisons – il n’y en a que deux au niveau de l’Équateur – à raison d’une amplitude d’une douzaine de mètres. Par conséquent, les quais aussi subissent ce va-et-vient. L’ingénieux système permet donc aux bateaux – de ravissants petits bateaux blancs rehaussés de touches de couleurs – d’accoster tout au long de l’année. Et heureusement. Car l’Amazone est pratiquement la seule voie de communication terrestre et c’est grâce à elle que l’on passe de ville en ville. Peut-on d’ailleurs parler de villes ? Plutôt de ports improbables en quais jetés sur un nulle part engoncé dans le vert. Une fois embarqué sur dans ces bâtiments de bois à un ou deux ponts totalement ouverts sur l’extérieur – comme des petits jouets ramassés sur eux-mêmes –, on tend son hamac un peu où l’on peut, tant le bateau-bus est occupé. Et vogue… C’est donc allongé que l’on remonte ou descend le plus long fleuve du monde (6992 km), qu’on somnole, bercé par le ronron du moteur du bateau qui s’arrête sur des noms inconnus sentant bon l’aventure : Oriximina, Maués, Alênquer, Tabatinga...

En attendant, l’agitation règne en grande prêtresse sur le port de Manaus, envahi par des boutiques au coude à coude ; qui popotant des encas à base de riz ou du tapioca, qui vendant des hamacs et qui, encore, alignant des herbes médicinales. Au-dessus, c’est le marché municipal Adolpho Lisboa ; et c’est pareil. Bigarré, bruyant, encombré par les livreurs qui ne désarment pas… Installées sous des halles différentes, dont l’une, construite en 1882, est vaguement inspirée des pavillons de Baltard, des marchandes affairées proposent des graines et des fruits totalement inconnus sous nos latitudes. Le record dans le genre revenant à la halle aux poissons où s’alignent, fraîchement pêchés, des tonnes de pirarucu, de surubim, de tambaqui, de tucunaré ou de matrinxa... Avec ça, on est renseigné… En tout cas, grillés ou préparés à la sauce locale, presque toujours accompagnés de tapioca, ils font la réputation des meilleurs restaurants de la ville.
Mais c’est depuis le ciel, à bord d’un des hydravions qui décollent au large de la plage des hôtels Park Suites et Tropical Manaus, que l’on appréhendera véritablement la géographie de la région. On survole d’abord le Rio Negro, qui, sous le soleil, fait mentir son nom en déclinant une infinité de bleus ; puis la jungle qui, pour sa part, se perd dans ses camaïeux de verts… Suivent des plages blanches et des îles – dont, au loin, les premières de l’Archipelago de Anavilhanas, un des plus grands archipels fluviaux du monde – où les habitants se retrouvent traditionnellement le dimanche. Apparaissent ensuite quelques lodges, qui trouent la canopée, et puis surtout, surtout, l’extraordinaire phénomène de la rencontre des eaux.
Difficiles épousailles

De quoi s’agit-il au juste ? Manaus est situé au confluent de deux fleuves, le Rio Negro et le Solimoes. Deux fleuves qui, à leur rencontre en tout cas, semblent tellement peu s’aimer qu’ils trouvent moyen de courir côté à côte sur six kilomètres. Cela donne, d’un côté, les eaux brun-bleu du Rio Negro et, de l’autre, celles plutôt jaunes du Solimoes. Entre les deux, une presque parfaite ligne de démarcation… Pourquoi ? Parce que le Rio Negro coule à 2 km/h et le Solimoes entre 4 ou 6 km/h. Et, aussi, parce que les eaux du premier sont à 28° et celles du second à 22°… Petit à petit, elles finissent tout de même par se mêler pour ne faire plus qu’un et donner naissance à … l’Amazone.

Mais si l’on a quitté les paillettes de la fête carioca pour monter jusqu’en haut de ce pays-continent, ce n’est pas essentiellement pour les beaux yeux des divas de l’opéra, ni pour la beauté du fleuve Amazone dont les eaux, immenses, produisent une lenteur quasi durassienne. De fait, si l’on monte là -haut, c’est surtout pour tâter de l’aventure, de la jungle, fut-elle aussi balisée que fortement encadrée. Une découverte très sécurisée, qu’on entreprend depuis Manaus, ou mieux, à partir de l’un ou l’autre des écolodges installés à quelques kilomètres de la ville.
“Côté tourisme, l’Amazonie arrive en dixième position parmi les spots brésiliens, explique Oreni Braga, présidente d’Amazonastur, organe officiel du tourisme de l’État d’Amazonie. Et nous comptons évidemment sur la lumière qu’apportera la coupe du monde de football qui se déroulera en partie ici pour améliorer notre score. D’ores et déjà , cela accélère nos plans marketing. Nous possédons 101 hôtels pour une capacité de 11 000 lits, avec une forte connotation affaires en raison de la présence ici de près de 600 industries internationales. En 2014, nous proposerons 17 000 lits. Pour autant, nous ne voulons pas reproduire les erreurs qui ont été faites dans d’autres pays et construire des hôtels à tout va. Lors de la coupe du monde, nous amarrerons des bateaux de croisière le long du Rio Negro. Cependant, nous travaillons surtout pour l’après-coupe, autour de plusieurs arguments porteurs. Même s’il ne faut pas négliger le capital culturel de Manaus, l’Amazonie est avant tout une destination écotouristique, socialement juste et économiquement étudiée. L’Amazonie est ainsi le seul état à proposer 54 lodges.”
Sophistication en pleine jungle
Les lodges, précisément. Perdus dans des clairières percées dans l'immensité de la plus grande jungle du monde ; chacun distillant dans son propre style, en tout cas pour les unités très haut de gamme, une sophistication dans un ton “forestier” – pilotis, bois brut et toits végétaux – et néanmoins hyper sophistiqué. D'autant plus sophistiqué que ce qui les entoure véhicule des tonnes d’idées reçues, des fantasmes d'animaux mangeurs d'hommes, d’insectes géants prêts à mordre le moindre espace de peau non protégé. On le verra, rien de tout cela ; pas même de moustiques – ils détestent les eaux acides du Rio Negro – sur les chemins bien balisés où l'on emmène les groupes. Ils sont tous différents, ces lodges. Ainsi, l’un est-il joliment perché sur les bords d’un lac aux eaux cristallines ; un autre s’est-il éparpillé le long d’un ponton surplombant le sable blanc d'une plage du Rio Negro ; et un autre encore flotte-t-il carrément sur un affluent de l'Amazone. Exactement comme le font les quais du port de Manaus. “L’Amazon Jungle Palace flotte sur la rivière pour pallier aux variations de niveau de l'Amazone, raconte Karen Medeiros, directrice marketing de l’hôtel. Outre la piscine, le restaurant et les espaces collectifs, notre établissement possède même une salle de congrès de 800 places. Nous y avons organisé de grands événements internationaux, dont l'un, concernant l'environnement et la technologie. D’ailleurs, entre autres participants venus du monde entier, un important groupe de Français était présent.”
Le confort est partout de mise dans ces lodges ; avec force bars, salons, restaurants et piscines fort bienvenues sous la moiteur tropicale. Depuis Manaus, on les atteint presque tous en environ une heure de bateau rapide. Voire, en tout cas pour ce qui concerne l'Amazon Jungle Palace, en luxueux yacht privé, le lodge en possédant une douzaine au total. L'un de ces resorts, le Tiwa Amazonas Eco Resort, s'offre même le luxe de se situer sur la rive droite du Rio Negro, juste en face du port de la capitale d’Amazonie, à 7 km de navigation exactement. Les groupes pressés peuvent donc s'y rendre pour une seule journée, le temps d'un déjeuner et, surtout, d'un séjour extrêmement dépaysant. Aller le matin, retour le soir, avec en prime une mini croisière sur le fleuve...
Avant tout une atmosphère, une ambiance

Peu ou prou, ces établissements proposent tous les mêmes activités, toutes excellemment encadrées : croisière vers le lieu de rencontre des eaux, observation des dauphins roses – vraiment roses, les dauphins –, pêche au piranha , observation de nuit des caïmans, fort nombreux dans le coin, mini trekking dans la jungle ; mais aussi aperçu de la culture indienne, avec ces danses à vrai dire un peu trop scénographiées lors des visites de villages autochtones.

Malgré tout, on peut affirmer que c'est la balade dans la jungle qui remporte le plus vif succès. Les plus grandes attentes, aussi… Hélas, les animaux – sauf les oiseaux qui, tout là -haut, produisent un véritable vacarme – n'attendent guère le chaland. Ils sont craintifs et fuient au moindre bruit de pas... Et puis, on ne peut pas dire que la forêt vierge offre une grande profondeur de champ. Les plus grands arbres culminent – c'est le mot – à pas moins de 40 mètres… Ils en abritent de plus petits, qui en abritent d'autres, encore plus petits. Et ainsi de suite. Tout est sombre dans de pareils sous-bois ; tout est mêlé, emmêlé, enchevêtré. En vrac, presque. Alors, à la queue leu leu derrière un guide ultra prudent – on ne sait jamais –, on monte et descend vaillamment de petites collines, on longe des torrents qui courent jusqu'au Rio Negro et l'on plonge avec délice dans les eaux claires de bassins creusés par des cascades. On l'aura compris, la jungle, c'est avant tout une atmosphère, une ambiance.