Que de clichés n’accole-t-on pas à la plus grande île des Baléares ! Hormis quelques sites noyés sous le tourisme de masse, Majorque abrite un patrimoine remarquable : des côtes escarpées et sauvages, des villages adorables, une capitale qui possède un des plus beaux centres historiques d’Espagne et une gastronomie méditerranéenne extraordinairement variée. Un éden insulaire à moins de deux heures de Paris…
Plan de vol
Vol Air Europa au départ d’Orly-Ouest, similaire à celui effectué par les participants. Départ à 21h55.Durée du vol : 1h40. Air Europa, compagnie aérienne régulière membre à part entière de Skyteam, assure 4 vols directs par semaine de Paris à bord de Boeing 737-800. Le trajet suit une ligne méridienne qui survole Perpignan et Gironne. L’aéroport de Palma se trouve à 20 minutes de la ville, à l’est, et de l’hôtel Hilton, plus à l’ouest.
Tél. : 01 42 65 08 00 / Internet : www.aireuropa.com
L’hôtel : Hilton Sa Torre Mallorca
Depuis u
ne dizaine d’années, Majorque a entrepris la reconversion de son patrimoine historique pour offrir une qualité d’hébergement plus haut de gamme et plus authentique. Le Hilton Sa Torre Mallorca fait partie de ces projets dont il faut saluer la réussite. Il s’agit d’une finca (ancienne ferme seigneuriale) dont les fondations remontent au XIVe siècle. Remodelée avec le temps, elle a conservé sa façade gothique, son patio pavé autour duquel s’ordonnent les plus belles chambres, le lobby, le restaurant et le bar. Son jardin abrite un antique moulin à vent et une superbe chapelle, non consacrée, utilisée comme lieu de réceptions diverses. Mais cette propriété de plusieurs milliers d’hectares déroutera surtout celui qui ne voyait que plages et comportements grégaires dans la grande Baléares. Située en pleine campagne, entre plantation d’oliviers et champs de blé, Sa Torre jouit d’un calme exquis. Pas une construction en ligne de mire, même pas un chiringuito (paillote).
Une tranquillité absolue pour profiter de ses 90 chambres, son spa, ses piscines, ses courts de tennis, ses salles de conférences et, pourquoi pas, de son terrain de foot.
Hilton Sa Torre Mallorca
8, Camà de Sa Torre, 07609 Llucmajor, Mallorca
Tél. : +34 871 963 700 / Fax : +34 871 963 701 / Internet : www.hilton.es
Sóller : Comme à la Belle Époque
Un voyage dans le voyage. Voilà la ville de Sóller, verger des Baléares, longtemps recluse à l’abri naturel de la chaîne montagneuse de la serra d’Alfabia. Une ville unique qui doit sa notoriété, et aussi sa richesse, à la culture de l’orange. Son commerce, lors de la première moitié du XXe siècle, lui a offert ses plus beaux atours, ses édifices modernistes, ses fincas cossues et sa fierté : un chemin de fer unique.
Inauguré en 1912, le ferrocarril reliant Sóller à Palma n’a pas changé depuis un siècle. Tout de bois vêtu, il flirte péniblement avec les 40 km/h, traçant sa route à travers champs, jardins et villages. L’emprunter, c’est renouer avec une étrange sensation de lenteur dans le voyage et retrouver cette perception du temps qui passe. C’est aussi redécouvrir le bruit du frottement de l’acier des roues sur celui des rails et s’arranger avec les secousses des vieux transports en commun aujourd’hui disparus.
Miró, trente ans à Majorque
Enfant adoptif du pays, le peintre catalan a vécu les trente dernières années de sa vie à Majorque. Et Majorque n’oublie jamais ses artistes. Son oeuvre parsème l’île, de la décoration de la gare de Sóller à sa peinture en céramique monumentale face à la Seu de Palma. Que dire également de sa fondation qui n’a rien à envier à celle de Barcelone, avec son merveilleux atelier conçu par l’architecte catalan Josep Lluis Sert.
Valldemossa : En souvenir de George Sand
Curieux destin que celui de Valldemossa qui doit ses pires critiques et sa notoriété à la même personne : George Sand. Car c’est ici que l’auteur de La Mare au diable vécut quelques mois, en 1838, avec Frédéric Chopin. Se heurtant à la rigueur monacale des habitants, elle en dresse un portrait peu flatteur dans Un hiver à Majorque. Pendant ce temps, Chopin compose, confortablement installé dans une des ailes de la chartreuse qui leur a ouvert ses portes. Et l’histoire s’écrit sous les yeux de ce petit monde qui n’imagine pas l’engouement touristique qu’il suscitera un siècle plus tard. Car de l’adorable village, comme des appartements du couple dans la chartreuse, rien n’a changé, du piano Pleyel aux partitions du compositeur en guise de reliques. Ses sonates semblent encore planer sur ce havre de paix.
Palma : Beauté cachée
Palma renferme dans les murs colorés de son vaste quartier historique un labyrinthe de ruelles, de places et de bâtiments marqués par deux mille ans d’histoire. Mais le charme qui se dégage de cette place forte est tout entier espagnol. L’Espagne triomphante des rois catholiques qui en bâtirent les édifices les plus imposants (le palais royal de l’Almudaina, la cathédrale, la Lonja). L’Espagne audacieuse qui donna naissance à Miró, à GaudÃ, au modernisme catalan. L’Espagne fière, noble et intrigante, celle de Velázquez, qui a donné l’une de ses spécificités à Palma : ses patios. Le casco viejo regorge de ces cours installées dans des palais rénovés aux XVIIe et XVIIIe siècles par l’aristocratie locale. Souvent dissimulés par de lourdes portes en bois, ils s’ouvrent depuis peu au public. De style Renaissance ou gothique, ils arborent tour à tour de splendides escaliers, d’adorables bassins et parfois d’étonnantes sculptures. Un musée à ciel ouvert…
Gastronomie : L’art du mélange
La cuisine majorquine est avant tout une histoire de rencontres. Il y a près d’un siècle, George Sand n’y vit que du cochon. De cette rusticité insulaire, l’assiette majorquine n’a sans doute conservé aujourd’hui que le meilleur. Ou plutôt l’a bonifié au contact de ces voyageurs venus de l’Europe entière, emportant avec eux une pincée de leur gastronomie locale. Certes, les tapas restent les tapas, l’inévitable sobrasada conserve son goût étrange issu du mélange de porc haché et de piment rouge, mais les plats sont souvent subtils et variés. Le poisson occupe la meilleure place des menus et de nombreux chefs se font un point d’honneur à servir rotja (rascasse), pez de San Pedro (saint-pierre), meru (mérou) et ratjada (raie), derniers survivants de la pêche méditerranéenne. Depuis quelques années, les anciens celliers s’évertuent à remettre au goût du jour une cuisine plus traditionnelle, entre taverne populaire et restaurant étoilé.
Cathédrale : De Gaudà à Barceló
Voici la star de Majorque ! Six siècles que la cathédrale – la Seu en catalan – trône fièrement face à la baie de Palma, rayonnante des reflets dorés de sa pierre intense. Témoin de la diversité culturelle de l’île, elle s’évertue à évoluer avec les époques, offrant son choeur à la créativité de Gaudà il y a un siècle, et plus récemment une chapelle à celle du plasticien Miquel Barceló.
Pueblo español : À privatiser
Dans les faubourgs de Palma, le Pueblo español présente un condensé de l’architecture de la péninsule ibérique. Une belle réussite avec, notamment, une réplique à taille quasi réelle du patio de los Arrayanes de l’Alhambra, du palais de la Députation de Barcelone ou de la Torre del Oro de Séville. Chaque monument est privatisable pour cocktails, dîners ou soirées dans un cadre étonnant.
Randonnée, entre mer et montagne
Majorque, on le sait moins, est aussi un paradis pour randonneurs. Une chaîne de montagnes de près de 100 km de long culminant à 1445 m d’altitude ; des cirques, des canyons et des cimes sculptés avec talent par la nature, et au milieu de tout ça, des villages pittoresques. Tous les ingrédients sont là . Ne manquent que les cours d’eau dans la torpeur estivale. Qu’importe, le bleu méditerranéen n’est jamais très loin, car mer et montagne font toujours cause commune sur les îles de mare nostrum. Les Majorquins en ont tellement conscience qu’ils tapent à la porte de l’Unesco depuis quelques années pour faire inscrire la chaîne de la serra de Tramuntana au patrimoine mondial. Pour l’heure, ils se contentent d’offrir à leurs visiteurs quelques parcs naturels parfaitement aménagés, comme la réserve Puig de Galatzó. Un îlot de verdure où se mêlent grottes, sentiers escarpés et cascades. Un éden de plus.
Promenade en mer
Rafael Verdera permet de naviguer jusqu’au sud-ouest de l’île, sa côte sauvage et le parc naturel de l’île de la Dragonera. Ce vénérable gréement inauguré en 1841 possède un charme fou avec ses vieux cordages et la chaleur de son pont en bois brun. Il peut accueillir jusqu’à 60 personnes pour tout type de réception.
Dégustation : La longue tradition du vin majorquin
Il ne reste quasiment rien du passage des Romains aux Baléares. Rien, à part le plaisir des agapes et l’évidence que cette terre ensoleillée sait élever ses vignes. Alors, au pays où l’olivier est roi, les ceps se sont octroyé une place de luxe : 1500 hectares et deux appellations d’origine, le Pla i Llevante et le Binissalem. C’est de ce dernier qu’est née l’une des bodegas les plus réputées de l’île. Celle de José Lluis Ferrer. Des rouges puissants à la robe noire aux muscats très parfumés… la famille Ferrer n’exploite que des cépages endémiques, le monto negro et le moll. Et depuis peu, elle produit un vin bio, une façon de rendre toute sa noblesse à cette bodega fréquentée autrefois par Maria Callas et Ava Gardner.


