Difficile de ne pas ressentir la puissance de siècles d’abnégation, de courage et de piété à l’approche de ce bastion infranchissable de la chrétienté.
Immense navire figé dans la pierre, la capitale maltaise n’a rien perdu de sa superbe. Et d’autant moins aujourd’hui, serait-on tenté de dire, quand au-delà du brouhaha de ses faubourgs désorganisés s’ouvre derrière la muraille une ville ordonnée, aux rues rectilignes bordées de palais somptueux.
Bâtie par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean, La Valette brille par son agencement aussi parfait que le plan d’une église. En guise de choeur, le palais des Grands Maîtres et ses somptueuses salles d’apparat. Ou la cocathédrale aux ors baroques d’une richesse inouïe, comme toute la cité d’ailleurs, qui fut bâtie par un ordre composé de Français, d’Espagnols, d’Anglais, d’Allemands, de Portugais et d’Italiens. La Valette serait-elle un agrégat, au XVIe siècle, de l’unité européenne ? Sûrement, tant elle semble familière aux milliers de visiteurs qui la traversent chaque jour.


