Le 24 mars 1530, les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean se voient attribuer l’île de Malte par Charles Quint. Ils érigent trois bastions qu’ils défendent dans un bain de sang contre l’invasion turque.
La première des trois cités meurtries prendra le nom de leur victoire, Vittoriosa. Les autres seront reconstruites et embellies de nobles maisons.
Cinq cents ans plus tard, rien n’a changé, ou presque. Les classes moyennes ont remplacé les chevaliers, les églises drainent à peine moins de croyants et les chats efflanqués cherchent toujours le salut des venelles ombragées. Ce dédale aux façades patinées couleur miel laisse libre cours à tous les fantasmes liés aux vieilles villes portuaires où courent mille anecdotes singulières. La grande histoire, quant à elle, se raconte derrière ses demeures, son menaçant palais de l’Inquisiteur et ses auberges, de Provence, d’Auvergne, de Castille ou d’Angleterre. Et dans ce site autrefois naturel, l’ouvrage de l’homme se termine immanquablement dans le bleu de la mer.


