After-ski
Une ville riche en surprises
Certes, les vastes étendues de sapins enneigés ne sont qu’à quelques kilomètres. Certes, les hommes d’affaires ont vite fait de chausser leurs skis de fond sitôt sortis du bureau. Certes, la nature abonde dans cette capitale coincée entre mer et montagnes… Du coup, Oslo ne véhicule pas vraiment une image de cité culturelle. Mais c’est mal la connaître. L’ancienne Christiana, rebaptisée Olso depuis 1925, a écrit son histoire sur ses façades, tantôt de bois, tantôt Art nouveau, tantôt contemporaine. Une bousculade architecturale qui lui confère une identité à l’image du tout nouvel opéra construit sur la mer, recouvert d’un marbre blanc éclatant, tel un immense morceau de banquise échappé du lointain Finnmark. La cité d’Edvard Munch et d’Henrik Ibsen réserve aussi quelques pépites, comme son hôtel de ville qui abrite de splendides fresques de Munch, Krohg et d’élèves de Matisse. C’est ici qu’ont lieu les réceptions lors de l’annonce du prix Nobel de la Paix. Du palais royal, en passant par la Karl Johansgate aux trottoirs chauffés, jusqu’aux quartiers alternatifs de Grunerløkka et Grønland, Oslo est multiple. Avec toutefois une constante : des cafés fort chaleureux… pour l’after-ski.
Holmenkollen
Les sports d’hiver à la ville
Vingt minutes de métro, 30 secondes pour chausser des skis, et un voyage impromptu dans une haute montagne culminant à … seulement 534 mètres. Plus de 2600 kilomètres de pistes de ski de fond disséminées dans la forêt ; mais un domaine également parfaitement adapté au ski alpin, composé de quatorze pistes éclairées, d’une piste de luge qui s’achève au pied d’une station de métro et de chemins adaptés aux randonnées en traîneau à chiens. Si la Norvège se dispute le titre de pays inventeur du ski avec la Finlande et la Russie, elle peut en revanche revendiquer seule le plus complet des domaines skiables situés dans une capitale.
Holmenkollen accueille aussi chaque année une manche de la Coupe du monde de biathlon, sport phare en Norvège et qui a donné quelques-uns des plus grands champions de la discipline, comme Ole Einar Bjørndalen. Le tracé passe par le musée du Ski et le fameux tremplin des JO de 1952, entièrement reconstruit dans l’optique des championnats du monde de ski nordique en 2011. De là , le panorama sur Oslo et ses environs est exceptionnel.
Le Fram
Un monument de l’histoire (norvégienne) de la marine
Massif, puissant, le Fram, héro de toutes les grandes explorations norvégiennes entreprises au tournant du XXe siècle, trône désormais dans un musée passionnant, relatant de grandes épopées. Notamment celle de Fridtjof Nansen, qui embarqua pour la première expérience de dérive transpolaire réalisée sur l’océan Arctique, trois ans durant, pour finalement s’échouer au 86e parallèle sans avoir vu le pôle Nord. Celle de Roald Amundsen aussi. Qui fut le premier à atteindre le pôle Sud, en 1911. Cet incroyable vaisseau a été conçu pour être soulevé par la pression de la banquise, ce qui lui donne l’aspect d’un énorme rorqual. La visite de l’habitacle laisse songeur quant aux conditions de vie sur ces mers gelées, des semaines entières à ne pas mettre le nez dehors.
Le must est de rejoindre en bateau l’institution située au niveau du débarcadère de la presqu’île de Bygdøy. L’identité maritime d’Oslo y prend tout son sens. Le périple sur la presqu’île peut se poursuivre sur le même thème avec la visite du musée de la marine norvégienne, le Kon Tiki museet, ou encore le musée des Navires vikings.
Eglise en bois debout
La magie de l’art scandinave
Il reste peu d’exemples du patrimoine vernaculaire de la Norvège. Basé essentiellement sur des constructions en bois, il a été victime au long des siècles des affres du temps, des incendies et d’une nostalgie architecturale assez peu fondamentale dans la mentalité norvégienne. Situé sur la presqu’île de Bygdøy, le Norsk Folkemuseum (musée de la culture populaire) abrite, dans un vaste parc, ces exemples de bâtiments et villages relatant l’histoire scandinave. Étonnante immersion dans le passé, complétée par de petits musées didactiques. Le clou de la visite est sans conteste la Stavkirke de Gol.
Cette église en bois debout, qui surprend par son architecture alambiquée, ses nombreux petits toits ornés d’une tête de dragon, ses portails richement sculptés et sa couleur sombre due à l’ajout de goudron isolant. Influencée par les croyances païennes antérieures au christianisme, comme l’art viking, elle offre une singularité emprunte d’une certaine magie. Une féerie qui plongera immanquablement le visiteur à mi-chemin entre le royaume d’Asgard et le monde de Tolkien.
Vigelandsparken
L’humanité en sculpture
On connaît peu Gustav Vigeland, la force de son œuvre, sa poésie teintée de mythologie scandinave et de références aux maîtres italiens, comme Le Bernin. Cette lacune sera comblée après la découverte des 192 statues qui habitent le parc portant son nom. Une humanité en bronze et en granit qui s’enlace, s’aime, se rejette, enfante et embrasse la vie, toutes générations confondues. Avec en point d’orgue, une fontaine monumentale, emblème d’Oslo, dominée par un monolithe, enchevêtrement d’êtres humains, métaphore de la lutte pour l’existence, de la résurrection de l’homme, de la répétition des cycles de la vie à travers les générations.
Vigeland consacra les vingt dernières années de sa vie à édifier ces sculptures. Il les céda à la ville qui lui avait fourni un atelier à vie en bordure du parc. Soixante-dix ans après sa mort, celle-ci le lui rend bien, à l’image de ses œuvres égrainées avec fierté dans le centre-ville.


