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Sous le soleil, juste en dessous
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Sous le soleil, juste en dessous
Guadeloupe |
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Souvent réduite à son éternelle image d’Épinal – eau bleu lagon et plages de sable blanc – la Guadeloupe livre pourtant au voyageur un concentré d’activités et de paysages variés. Des fonds marins sublimes aux pentes escarpées de la Soufrière, en passant par des plantations de bananiers et de cannes à sucre à perte de vue, chacun y trouve son bonheur. Aujourd’hui, après les événements survenus au début de l’an dernier, la Guadeloupe réapparaît sur le marché de l’incentive. |
 L’hôtel : Créole Beach Hôtel & Spa
La zone hôtelière de la Pointe de la Verdure, à Gosier, abrite quelques perles rares, notamment le Créole Beach Hôtel & Spa. Lové dans un parc tropical surplombant une mer bleu azur, le complexe se compose de plusieurs bâtiments reliés par un dédale de passerelles et de galeries ombragées. Son architecte l’aurait-il conçu comme un patchwork d’esthétique bateau de croisière et d’habitat traditionnel créole ? En tout cas, il ne s’agit que de boiseries, de mobilier en rotin, d’éclairage diffus, de toit en forme de pyramide... Mais son principal atout vient de sa situation centrale, à quelques kilomètres de Pointe-à-Pitre et du pont qui enjambe la rivière Salée, frontière naturelle entre Grande et Basse-Terre. Bref, un excellent point de chute pour un groupe souhaitant sillonner l’archipel. L’hôtel abrite 330 chambres dont une vingtaine de suites, un tout récent spa, un fitness et trois salles de réunion (capacité 200 personnes).
Créole Beach Hôtel & Spa • BP 61, 97190 Gosier • Tél. : 05 90 90 46 46 Fax : 05 90 90 46 66
Internet : www.creolebeach.com
Alternative pour l’Hôtel : Hôtel Arawak
On s’accommode parfois très bien des images de carte postale. Une plage de sable fin sur laquelle veillent quelques palmiers majestueux, avec en arrière-plan la Soufrière baignant dans une écume de cumulus. L’hôtel Arawak jouit – c’est indiscutable – d’une situation avantageuse. N’est-ce pas logique lorsque l’on porte le nom d’une des premières tribus amérindiennes, en provenance du delta de l’Orénoque et qui a occupé l’île dès le VIIe siècle ! Repensées en 2006, ses chambres mêlent désormais équipements récents et matériaux locaux : rotin, bambou… Une grande rénovation en cours devrait même lui faire gagner une étoile. Ses cinq salles de réunion allant de 48 m2 à 190 m2 sont dotées du wi-fi.
Hôtel Arawak • 41, Pointe de la Verdure, Gosier • Tél. : 05 90 84 24 24 Fax : 05 90 84 38 45
Internet : www.hotel-arawak.com
Distillerie Séverin : Patrimoine insulaire
Ti-lagoute, ti-pape, pété-pied… le rhum possède autant de surnoms que d’occasions de trinquer à son heureuse existence. On le transforme à toute heure en punch coco, on le coupe à la maracuja, à la goyave et à peu près tout ce que l’île compte de fruits. On le vieillit en fût de chêne pour les aficionados, et on l’érige en patrimoine insulaire en ouvrant aux visiteurs les portes des distilleries. Situé sur les hauteurs de la commune de Sainte- Rose, dans une abondance délicieusement vallonnée de végétation ultra verte, le domaine de Séverin fait partie des plus anciennes rhumeries de l’île, la seule à utiliser encore sa vieille roue à aubes, actionnée depuis 1802 par l’eau de la grande rivière à Goyaves. Chaque année, 2000 à 2500 tonnes de cannes à sucre provenant des exploitations du nord de Basse-Terre sont broyées par une mixité de procédés. Mais cette ancienne “sucrote” offre plus qu’une simple initiation à la fabrication du rhum. C’est une véritable immersion dans la richesse de l’écosystème guadeloupéen au sein d’une splendide propriété dotée d’un jardin paysagé passionnant.
Feu d’artifice gastronomique
La gastronomie créole se caractérise par un subtil mariage des saveurs issues de ses flux migratoires. Au savoir-faire des Européens en matière de conservation et de pêche s’est ajoutée la variété de racines et légumes venus d’Afrique, celle des épices en provenance d’Inde, sans oublier l’abondance de fruits tropicaux : goyave, maracuja, noix de coco, ananas, prune de Cythère, fruit à pain. En résulte une palette de plats délicieux : colombo, acras de morue, boudin créole, lambi en fricassée, matété de crabe, massalé de cabri, féroce d’avocat, pour ne citer que les plus connus.
Le Karacoli • Grande Anse, Deshaies • Tél. : 05 90 28 41 17
Marie-Galante, comme avant
Immortalisée par Laurent Voulzy, Marie-Galante se révèle aussi langoureuse que la mélodie qu’elle a inspirée et qui a bercé toute une génération. Ciselée par des routes de campagne pittoresques et un relief vallonné, elle évoque la Guadeloupe d’autrefois, avec des plages de sable blanc et de l’eau vert émeraude. Marie-Galante, peuplée seulement d’une dizaine de milliers d’habitants, marque l’esprit par son authenticité tout autant que par ses terres calcaires et argileuses, en grande partie consacrées à la culture de la canne. Le domaine de Bellevue en est l’un des plus vivants témoins, avec sa distillerie qui produit jusqu’à 6500 litres de rhum par jour, dont son fameux blanc à 59°. Il n’est pas rare qu’en période de récolte, certains paysans y apportent leur petite production à bord de cabrouets, charrettes à bœufs que quelques irréductibles mettent à la disposition des visiteurs pour d’atypiques promenades. Tantôt française, parfois hollandaise, voire anglaise, l’île aux cent moulins intrigue ainsi autant qu’elle surprend. Pour peu que l’on aspire à quelque sentiment de solitude et d’isolement.
Carnaval sous-marin
Une mer entre 26 et 28 °, limpide, habitée par une faune multicolore qui pavoise dans un éden turquoise. La Guadeloupe n’a pas volé son surnom d’île aux belles eaux. Difficile alors de ne pas attraper masque et tuba pour s’immerger dans un tel carnaval sous-marin. Poisson-coffre, poisson-papillon, poisson-chirurgien, sergent-major, tortues imbriquées, l’archipel fourmille d’espèces aux noms imagés. Et les spots pour partager l’existence de ce bestiaire aquatique sont légion. À Marie-Galante, idéale pour le snorkeling, on survole l’aquarium naturel de Tache à Cat ou le tombant de Petit Câble. À Basse-Terre, on se laisse émerveiller par la beauté des fonds de la côte Sous-le-Vent, de la barrière de corail de la réserve naturelle du Grand Cul-de- Sac Marin ou encore des îlets Pigeon à bord du Nautilus. Un monde du silence qu’il est aussi possible d’observer à l’aquarium de la marina de Pointe-à-Pitre… Sans se mouiller.
Indiana Jones en forêt tropicale
Rarement île n’a aussi mal porté son nom. Car Basse-Terre est une île volcanique, montagneuse, une barrière naturelle coinçant les nuages sur son sommet (1467 m). Basse- Terre où la moindre route, le plus petit sentier serpente en des dénivelés déconcertants. Basse-Terre donc, qui séduisit Christophe Colomb, perdu dans ces Antilles qu’il pensait encore Indes à l’aube de sa découverte. Dans son journal de bord, le navigateur génois décrit d’ailleurs avec enthousiasme son expédition jusqu’aux chutes du Carbet. Trois entailles dans la roche volcanique dont la plus accessible pourfend la forêt tropicale du haut de ses 110 m. Basse-Terre, c’est aussi le symbole d’une nature exubérante, qui suinte à longueur de temps sur sa canopée – il y tombe près de dix mètres d’eau de pluie par an. Cet écosystème, protégé depuis 1989 par son statut de parc national, bénéficie désormais de son classement par l’Unesco au réseau mondial des réserves de la biosphère. Les 300 espèces d’arbres et 38 espèces d’oiseaux, dont le fameux toto bois, qui y vivent peuvent s’y épanouir sereinement.
La Bonifierie : 100% arabica
La chute des cours de la canne à sucre a conduit, au XIXe siècle, nombre de propriétaires terriens à diversifier leur activité. Importé un siècle auparavant dans les Antilles, le café s’est du coup implanté en Guadeloupe, sur le lieu même des anciennes sucreries. L’habitation Espérance, devenue Bonifierie, est aujourd’hui l’un des exemples les plus réussis de cette reconversion. En bordure de la plantation, son vénérable moulin tourne doucement et distille son grain que l’on goûte ensuite dans l’ancienne maison du contremaître. La production de ce café bonifieur, cueilli, moulu et torréfié sur place, 100 % arabica, ne dépasse pourtant guère quelques dizaines de kilos par an. Qu’importe, la Bonifierie cultive aussi du cacao transformé en un délicieux chocolat. Elle propose enfin une table d’hôtes, privatisable pour les groupes, où l’on s’essaie à une excellente cuisine créole et dispose d’un parcours-aventure en pleine nature.
La Bonifierie • Route de Petit-Paris, Morin, 97120 Saint-Claude Tél. : 05 90 80 06 05 (Visite tous les jours, sauf lundi, 10 h-16 h)
Pointe-A-Pitre : Vieilles dentelles pour archi coloniale
Pointe-à-Pitre n’est ni La Havane, ni Salvador de Bahia. Point de quartier colonial ici, ni d’héroïques corsaires ou de restes de forts construits pour contrer les attaques pirates. Juste quelques villas bourgeoises aux couleurs pastel égrenées ici et là. Pointe-à-Pitre est la capitale économique de l’île. Elle ne s’accroche pas au passé. Il ne le mérite peut-être pas. Car, affectée par les cyclones, les séismes et de multiples incendies, la ville a trop souvent souffert. Un châtiment du ciel contre cette folie humaine bâtie à la sueur de dizaines de milliers d’esclaves ? Même l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul ne résista pas au tremblement de terre de 1843. Pour s’imprégner de l’ambiance, il faut musarder ; partir de la place de la Victoire bordée de belles maisons à colonnades pour gagner le marché couvert de la Darse, en passant par la maison Souqes-Pagès reconvertie en musée à la mémoire de Saint John Perse. Il faut aussi la découvrir à l’occasion de son carnaval ou de son festival de jazz, flâner jusqu’à sa marina, microcosme chic où se dandinent les plus beaux gréements. |
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