Le smartphone a perdu son statut d’objet professionnel. Plus accessible et polyvalent, c’est même devenu un objet totalement intégré à la vie courante. Les constructeurs et opérateurs veulent en faire un point d’entrée vers une économie numérique en mutation. Quid des usages professionnels, dans tout ça ?
Le premier contact avec le nouveau Windows Phone 7 prouve que les sociétés informatiques y compris Microsoft ne conçoivent plus le smartphone comme simple objet-business qui, du coup, a acquis un nouveau statut : celui de point de contact permanent avec le monde numérique, quelles que soient ses formes. Les applications professionnelles se sont fondues dans le reste des usages. Messagerie, Internet, carnet de contacts extensif, documents et interconnexion avec les réseaux (intranet, sociaux 2.0) sont devenus grand public. Il en va de même pour les prix. Le smartphone, apanage des cadres à haut profil, c’est terminé. Non seulement en France, dont le modèle subventionné d’achat de terminaux est une exception, mais partout dans le monde développé. Les prix d’entrée sont devenus très bas. A force de produire des millions de puces 3G, GPS,Wi-Fi avec des processeurs puissants, les composants, autrefois haut de gamme, sont omniprésents. Et la croissance des réseaux haut débit mobile (EDGE, 3G et HSDPA) fait du smartphone un objet 100 % connecté, “always on”.
Vies électroniques
On peut faire tenir toutes ses vies électroniques dans son mobile. Car la fertilisation mutuelle du matériel et du contenu en a décuplé les possibilités. On pouvait depuis longtemps utiliser un téléphone comme un ordinateur en s’adaptant à un écran et son clavier lilliputiens. Son ergonomie a été transformée par l’arrivée des applications dédiées. Popularisés par l’iPhone et repris par la plateforme Android, ces programmes aux usages très spécifiques ont explosé. Facteurs déterminants du succès d’Apple dans la téléphonie (4e constructeur de mobiles), ils ont été adaptés au smartphone et ont initié un nouveau business model d’achat par appareil nomade. Ce marché inclut vidéos, musique, contenus premium… Tous les ingrédients que l’économie numérique rêve de monétiser depuis le début des années 2000.
Seuil magique
Les possibilités sont immenses et les intervenants se battent pour devenir, non plus fournisseur d’un appareil ou d’un réseau, mais le point d’entrée vers ces services propriétaires et rémunérateurs. C’est donc dans ce contexte qu’il faut analyser l’arrivée de Windows Phone 7. Attendue depuis cinq ans, cette nouvelle version du système d’exploitation mobile de Microsoft est l’évènement de la fin 2010. Et un phénomène à surveiller pour 2011. Talonné en volume, capitalisation et profitabilité par son mini-alter ego Apple, le géant de l’informatique riposte. Après avoir laissé mourir Windows Mobile, il relance sa dynamique avec un système plus au goût du jour. Les anciens usagers n’y retrouveront rien de connu. L’objectif est de s’adresser au nouvel amateur d’ergonomie graphique sur écran tactile. A tel point que les professionnels ne trouveront bientôt plus qu’une poignée de terminaux adaptés à leurs besoins et se rabattront sur les modèles à clavier complet de quelques rares constructeurs qui pensent encore à eux.
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