Quelle sera la taille de Star Alliance en 2012 ?
Christopher Korenke – Nous restons la première alliance au monde, avec plus de 26 % de parts de marché en sièges/kilomètres offerts. Nous rassemblons 27 compagnies aujourd’hui, mais nous nous apprêtons à recevoir de nouveaux membres dans un futur proche : Ethiopian Airlines dès ce mois de décembre, puis deux compagnies d’Amérique Centrale – Copa et AviancaTaca – au printemps 2012. On espère que Shenzen Airlines nous rejoindra également avant la fin 2012. Et je pense qu’une autre adhésion sera annoncée d’ici là . Toutefois, nous devons faire attention à ce que notre alliance reste gouvernable et gérable.
Précisément, cela reste-t-il possible à plus de trente partenaires?
C. K. – C’est amusant, j’entends encore souvent ce type de remarque : “Star, c’est trop gros, c’est compliqué à gérer, etc”. Mais je suis content de voir que SkyTeam a adopté exactement la même stratégie de croissance. Ce qui me fait penser que, finalement, nous n’avons pas tout faux.... Car aujourd’hui, le client demande une couverture globale et les grandes entreprises veulent que leurs voyageurs puissent se déplacer partout dans le monde, de la manière la plus fluide possible. Cela suppose d’élargir le cercle de notre alliance, même s’il faut évidemment veiller à en contrôler la croissance.
Il reste quand même quelques “trous” sur la carte Star Alliance. Qu’en est-il de ces faiblesses ?
C. K. – Bien sûr, il reste des territoires où nous manquons de partenaires. L’Inde reste une priorité. Mais il n’y a pas de piste précise sur ce dossier, car la décision de non-intégration d’Air India dans Star est encore fraîche. Toujours est-il que nous maintenons des contacts pour voir quelle solution pourrait se dessiner à l’horizon. Il y a aussi la Russie, ainsi que l’Australie, même si on est déjà bien présent là -bas. Mais on n’exclut rien : on parle à tout le monde. Maintenant, il faut bien voir que, pour rentrer dans Star, il y a un cahier des charges précis, avec 87 conditions à remplir... Nous ne sommes pas une organisation clandestine : tout est clair et les candidats connaissent les règles du jeu s’ils veulent entrer dans l’alliance.
En dehors des partages de code et de l’harmonisation des programmes de fidélisation, y a-t-il d’autres avantages à intégrer une alliance ?
C. K. – Oui, les synergies. De plus en plus souvent, les compagnies sont même prêtes à mettre leur propre marque un peu en retrait et avancer celle de Star. C’est vrai dans les aéroports, avec le regroupement des compagnies dans les mêmes terminaux – comme au T1 de Roissy – , ou avec le développement des salons communs. C’est vrai aussi en termes de e-business : nous avons démarré il y a deux ans notre premier moteur de ventes pour le produit “tour du monde” et nous venons de lancer deux applications iPhone cet été, dont une consacrée à la recherche de tarifs aériens.
Et concernant l’équipement des avions ?
C. K. – Ça commence. Nous venons de concrétiser une première signature commune concernant des sièges de classe économique pour Lufthansa, Austrian et Air China. Ce n’est pas un siège unique avec la même couleur, c’est un squelette que chaque compagnie habille ensuite selon ses desiderata. Mais c’est un bon exemple de ce que peut faire l’alliance pour aider ses membres à créer des synergies et faire des économies, surtout sur des éléments matériels qui ne sont pas vraiment des facteurs de différentiation pour les marques. Dans un secteur d’activité où les marges sont très faibles, ce n’est pas négligeable...
Christophe Korenke :
Né en 1958, à Coblence.
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