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Travel Management
[13/10/2011]

Frais ancillaires, contexte économique, nouvelles technologies, environnement : Patrick Diemer, Président d'AirPlus, livre son analyse sur les enjeux actuels et futurs du voyage d'affaires.

 

Quel regard portez-vous sur le contexte économique actuel et son impact sur le voyage d’affaires ?

Patrick Diemer - Si l’on regarde attentivement les chiffres, il n’y a pas de crise économique pour l’instant. Le voyage d’affaires est actuellement dans une situation florissante. On lit les journaux, on voit que tout le monde est inquiet, mais pour le moment il n’y a pas de crise dans le voyage d’affaires, même si cela peut changer. Je pense que la situation que l’on a connue en 2008-2009 ne se répètera pas. Nous pouvons connaître un ralentissement, mais il y aura encore de la croissance. Je pense même que le nombre de voyages va augmenter en 2012. Il suffit de regarder la situation du marché à l’échelle mondiale : il n’y a pas de crise en Asie ; les Etats-Unis sont dans une situation moyenne, mais cela dure depuis quelques temps, et je ne pense pas que cela se dégradera. Je suis donc plutôt optimiste.
 

Comment percevez-vous la multiplication des frais ancillaires, et quelle réponse fournissez-vous aux voyageurs d’affaires ?

Patrick Diemer - Deux nouveautés ont été introduites récemment chez AirPlus, avec la carte de débit corporate, et le service Speed off Pay, un service qui permet d'aménager ses paiements en fonction de ses besoins. Nous avons lancé ces nouveaux outils suite à l’introduction de taxes sur les transactions par cartes de crédits, dans un nombre croissant de compagnies aériennes. C’était déjà le cas depuis quelques temps dans de nombreuses compagnies low-cost, mais il y a eu un tournant quand KLM a imité cette démarche aux Pays-Bas, suivie par British Airways, Finnair, et bientôt le groupe Lufthansa, au mois de novembre. Nos clients n’aiment pas cela, nous non plus. Nous avons donc lancé ces produits pour restaurer la gratuité des transactions. Je pense que cette tendance va se généraliser chez les compagnies aériennes, du moins dans les pays où cela est autorisé par la loi. Ce n’est pas le cas en France, je pense donc qu'Air France ne rejoindra pas le mouvement, mais vu l’argent que les transporteurs ont engrangé aux Etats-Unis grâce aux frais ancillaires, je pense que c’est un élément auquel le marché européen va devoir s’habituer, et pour quelques temps. Ces frais créent deux problèmes majeurs chez nos clients : lorsqu’ils réservent un billet, ils ne savent plus désormais combien le voyage va leur coûter. En comparant, sur un GDS, un vol affiché à 150 euros, et un autre à 200 euros, rien ne dit que la première option soit la moins chère au final. L’autre problème réside dans la réconciliation, au moment de l’analyse des dépenses voyages. Mais sur ce point, une autre nouveauté Air Plus peut les aider : l’ancillary fee reporting, qui offre une meilleure lisibilité à nos clients.

 

Quels sont les enjeux de demain pour AirPlus ?

Patrick Diemer - Nous sommes très satisfaits de notre développement en 2011 : nous avons un bon taux de croissance sur tous les marchés, y compris en France. Notre ambition est donc de maintenir cette croissance en 2012.  2010 a été une très bonne année, ainsi que 2011 jusqu’ici, avec un taux de croissance de 30% environ à la fin du mois de septembre. Nous sommes donc très satisfaits de notre croissance, même si nous devenons un petit peu plus prudents dans nos prévisions pour 2012. Il est tout de même important pour nous de continuer à apporter des innovations, et l’un des enjeux principaux réside dans l’offre mobile proposée aux clients, pour leurs dépenses et pour leurs paiements.
 

Qu’en est-il du train, à l'heure de l'ouverture du marché ferroviaire ?

Patrick Diemer - Il est déjà possible de payer ses voyages en train avec les offres d’AirPlus. La clé du succès réside dans la qualité des données. C’est ce que nos clients apprécient, et je pense que c’est un service que nous assurons bien mieux que nos concurrents : la qualité des données qui accompagnent chaque transaction. Néanmoins, dans le domaine ferroviaire, il est vrai qu'il existe encore une marge de progression. La qualité des données dans le domaine aérien est excellente, mais vis-à-vis du train, cela dépend encore fortement de la compagnie ferroviaire avec laquelle voyagent nos clients. Le système fonctionne très bien avec l’Allemagne, avec Swissrail, et nous avons commencé également avec la SNCF, mais pas encore au même niveau. Nous nous tournons également vers l’Eurostar, le Thalys. C’est très important pour AirPlus dans la mesure où nos clients utilisent de pus en plus le train durant leurs voyages d’affaires en Europe.
 

Quelle place occupent les préoccupations environnementales dans le contexte actuel ?

Patrick Diemer - Il y a beaucoup de discussions autour de ce sujet. Les démarches augmentent, mais sur une base très modeste. Avec l’obligation pour les entreprises françaises de présenter leur bilan carbone à la fin de l’année, AirPlus a introduit, outre la compensation, une offre de reporting, pour les aider à mettre en place leur bilan. Les entreprises parlent beaucoup de l’empreinte carbone et de sa compensation, mais elles sont bien moins nombreuses à le mettre effectivement en application. Certaines le font vraiment, et de manière efficace, mais elles sont minoritaires.

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