Adhésion d’Air China, Shanghai Airlines, Egypt Air et Turkish Airlines, entrées annoncées pour 2009 de TAM et Air India : votre alliance continue à renforcer son réseau. Vous reste-t-il encore des régions à conquérir ?
Christopher Korenke - C’est ce que nous appelons des “wild spots” dans notre jargon. Nous venons de couvrir celui que nous avions en Amérique latine avec l’arrivée de TAM et celui que nous avions en Inde avec Air India. Avec 24 membres – dont trois membres régionaux –, nous couvrons désormais le monde entier. Il nous reste encore un partenaire à trouver en Russie, même si nos membres y sont déjà très actifs. Nous avons noué des contacts, mais la situation des compagnies russes n’est pas encore très claire et nous préférons attendre que le marché se stabilise.
Comment expliquez-vous cette accélération des adhésions aux différentes alliances ?
C. K. - Quand les alliances ont été créées, au milieu des années 90, beaucoup de gens n’y croyaient pas ; depuis lors, le business model a fait ses preuves en termes de synergies et d’optimisation des coûts. Les dernières compagnies indépendantes sont de plus en plus attirées, d’autant que les alliances commencent à développer de nouvelles politiques communes, notamment dans les achats. Chez Star Alliance, nous réfléchissons, par exemple, à des achats communs de fauteuils.
Mais surtout, l’appartenance à une alliance est devenue un véritable atout pour se battre dans un environnement qui n’est pas facile. Ainsi, en réponse à ce que fait Skyteam autour d’Air France et Delta, nous sommes en mesure de lancer une joint-venture pour les vols transatlantiques réunissant quatre compagnies membres : Lufthansa, Air Canada, United et Continental.
Autre objectif commun : le regroupement des compagnies Star dans un terminal commun. Où en êtes-vous ?
C. K. - Le regroupement est déjà finalisé dans les aéroports de Tokyo, Munich, Francfort, Toronto, Séoul, Pékin et Shanghai.
Mais cela ne se fait pas en appuyant sur un bouton, l’environnement est très contraignant et dans certains aéroports, le regroupement n’est encore que partiel. C’est le cas à Paris, où la grande majorité de nos compagnies sont désormais regroupées à CDG1, avec l’ouverture depuis la fin octobre d’un grand lounge commun.
Les passagers affaires tirent-ils aussi des avantages de ce principe d’alliance ?
C. K. - C’est une évidence, d’autant plus que les passagers haute contribution constituent une cible prioritaire pour les alliances. Grâce à l’alliance, nos passagers ont tout d’abord accès à l’ensemble d’un véritable réseau, avec 18000 vols par jour et 800 salons dispersés à travers le monde.
De même, seule une alliance peut proposer des produits globaux type “tours du monde” ou “Airpass”. Pour le reste, nos autres produits communs couvrent l’ensemble des segments pour la clientèle affaires : l’individu par les programmes de fidélisation, les PME avec Company Plus, et les grands comptes avec Corporate Plus. |