La formidable percée des transporteurs du Moyen-Orient, en particulier des États du Golfe, s’accélère. D’après une analyse de l’évolution du trafic dans les classes haute contribution, l’IATA (Association internationale des compagnies aériennes), le trafic passagers sur l’axe Asie-Europe est plus résistant que la moyenne mondiale, avec une hausse de 3,8 % sur les quatre premiers mois de 2008. Mais IATA constate aussi que le trafic haute contribution sur les axes Europe-Moyen-Orient et Moyen-Orient-Asie a, durant la même période, cru respectivement de 9,1 % et 17,9 % par rapport aux quatre premiers mois de 2007. Plusieurs facteurs expliquent cette forte poussée. Les compagnies du Moyen-Orient bénéficient notamment de coûts de production plus faibles. Selon une étude du cabinet Athur D. Little, les frais de personnel sont de 48 % inférieurs à ceux des compagnies européennes, les coûts aéroportuaires de 39 % inférieurs et les dépenses d’avitaillement en pétrole de 20 % inférieures. S’y ajoutent des taxes d’aéroport et de carburant bien inférieures à celles de leurs concurrents d’Europe et d’Asie.
De plus, la manne financière générée par le pétrole permet aux gouvernements locaux d’investir dans des flottes ultraperformantes, qui nourrissent les ambitions des transporteurs du Golfe. Emirates vient de se renforcer sur l’Inde avec 18 vols hebdomadaires supplémentaires et lancera son Airbus A380 sur l’axe Londres-Dubaï cet hiver. Etihad inaugure des vols vers cinq nouvelles villes tandis que Qatar Airways a lancé ses premiers vols sur Canton et s’est renforcé à Londres et Milan cet été. Pour sa part,Gulf Air s’est récemment positionné sur Hyderabad et Shanghaï-Pudong depuis son hub de Bahreïn. Même la compagnie low cost Air Arabia (Sharjah) arrivera cet hiver en Europe avec le lancement de vols sur Kiev !
Et les ambitions des nouveaux challengers tels qu’Oman Air ou de la low cost Fly-Dubai devraient inciter d’autres passagers à transiter par cette partie du monde. |