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Jean-Cyril Spinetta
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Jean-Cyril Spinetta
président d’Air France – KLM |
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Fort de ses bons résultats, le groupe Air France-KLM affronte avec une certaine sérénité les turbulences qui frappent le secteur aérien. Concerné, bien sûr, mais pas consterné. |
Face à un pétrole durablement cher, sur quels secteurs de coûts peuvent désormais se réaliser des économies ?
Jean-Cyril Spinetta : Notre plan de réduction des coûts repose sur quatre leviers : l’optimisation des processus et les gains de productivité, la modernisation de la flotte qui engendre des économies de carburant et de maintenance, les achats et les coûts externes de distribution. Nous voulons aussi franchir une nouvelle étape dans la mise en place de synergies entre Air France et KLM, par exemple dans le domaine informatique. Au total, nous visons 150 millions d’euros d’économies en plus des 430 millions d’euros attendus pour l’exercice en cours.
La modernisation des flottes n’est-elle pas remise en cause par cette évolution ?
J.-C. S. : Non, au contraire ! Les investissements massifs, 14 milliards d’euros, que nous aurons réalisés entre 1998 et 2012, pour moderniser notre flotte nous ont déjà permis d’effectuer des progrès majeurs, tant sur le plan du confort à bord qu’en matière de consommation de carburant. Pour situer les choses, sans cette politique, Air France aurait brûlé 850000 tonnes de carburant supplémentaires en 2008, pour un même volume d’activité. Quant aux avions de nouvelle génération, tels que l’Airbus A380 et le Boeing 787, ils consommeront moins de trois litres aux 100 kilomètres par passager.
L’enchérissement du kérosène va-t-il accélérer les partenariats et les prises de participation entre compagnies aériennes ?
J.-C. S. : Oui, c’est très probable. Voyez ce qui se passe déjà aux États-Unis.
Va-t-il également accélérer l’intégration entre Air France et KLM, au-delà du rythme prévu dans le plan “Challenge 10” ?
J.-C. S. : Nous gardons le principe de base du groupe, avec deux compagnies et deux marques. Dans ce cadre, nous allons rechercher davantage de synergies et mettre en oeuvre des actions parallèles de réduction de nos coûts.
Air France a récemment ouvert un dialogue avec Veolia. Quelle serait la logique d’une intervention d’Air France dans le domaine du ferroviaire ?
J.-C. S. : Du fait de la concurrence du TGV, nous avons dû suspendre nos liaisons entre Orly, Avignon et Rennes. Nous avons limité à un vol par jour la ligne Orly-Lyon. Nous avons réduit nos fréquences entre Orly et Strasbourg. Nous avons aussi arrêté la desserte de Bruxelles. De ce fait, il nous paraît légitime de souhaiter remplacer ces services aériens par des services ferroviaires afin de pouvoir continuer à proposer une offre globale à nos clients, que ce soit pour leurs besoins de déplacements sur des courtes distances ou pour leurs voyages intercontinentaux. C’est pourquoi, dans le cadre de la libéralisation prochaine du transport de voyageurs en Europe, Air France examine la possibilité de conclure un partenariat stratégique avec Veolia Transport, ayant pour finalité l’émergence d’un nouvel acteur de la grande vitesse ferroviaire sur la scène européenne. |
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