"Power to the people” : l’hymne de John Lennon est en passe de devenir une réalité. Tout du moins dans l’univers du voyage en ligne, mais il faut bien un début à tout… Rapide retour en arrière : il y a une poignée d’années encore, un voyageur désireux de se renseigner sur sa destination ne bénéficiait pour s’orienter que d’indices très parcellaires – guides de voyages, conseils d’amis… – ou d’outils délibérément orientés vers la promotion, qu’ils proviennent des offices de tourisme ou des différents prestataires – compagnies aériennes et chaînes hôtelières en tête. Mais la donne est en train de changer.
Venant étancher la soif de transparence du voyageur, désireux de repérer le détail qui tue “oublié” sur la jolie brochure, de nouveaux sites sont apparus sur Internet pour présenter les avis de “vrais” utilisateurs, avec de “vrais” commentaires, voire de “vraies” photos à l’appui. Cette révolution porte un nom : le Travel 2.0 – ou Tourisme 2.0 en français –, qui signale l’arrivée dans le monde du voyage en ligne de ces fameux “contenus générés par les utilisateurs” qui sont la marque du Web 2.0.
TripAdvisor, bien sûr, mais aussi VirtualTourist, IgoUgo, Tripit ou Wikitravel : le virus Travel 2.0 se diffuse à grande vitesse, d’autant plus que les acteurs “traditionnels” du secteur – notamment les agences de
voyages en ligne et les sites de réservation hôtelière – ont également développé des fonctionnalités dédiées aux commentaires des utilisateurs, indépendamment, ou en partenariat avec les leaders du secteur. En apparence, cette effervescence est bénéfique pour le voyageur, qui dispose ainsi d’un maximum d’informations multisources pour arrêter son choix. Mais l’explosion du Travel 2.0 suscite aussi quelques questions.
AUTHENTICITÉ À CONTRÔLER.
La plus évidente : celle de la sélection des commentaires publiés sur le site. Chez TripAdvisor, leader incontesté du secteur*, on est très ferme sur ce point : “Les utilisateurs sont libres de poster toutes les critiques qu’ils veulent sur le site, du moment qu’elles ne sont ni diffamatoires, ni obscènes”, affirme Marc Charron, directeur général de Trip-Advisor pour l’Europe. Le site est tout aussi ferme concernant l’authenticité des avis, affirmant “ne tolérer en aucun cas les critiques fictives” et menaçant de pénaliser dans son classement les établissements qui en seraient à l’origine.
Difficile, cependant, dans la réalité, de trier le bon grain de l’ivraie de l’advertposting (publicité cachée derrière un commentaire d’utilisateur) et d’empêcher un hôtelier de publier incognito une critique favorable sur... |