Accor : un effet Omicron limité sur les résultats du début d’année

Hausse du chiffre d'affaires de +85%, progression de plus de 100% du revenu par chambre : les résultats présentés par Accor pour le premier trimestre 2022 témoignent d'un impact limité du variant Omicron sur la reprise de l'activité, mais aussi de la reprise des voyages d'affaires à l'international.
Parmi les développements marquants pour Accor ces derniers mois, la réouverture du Pullman Paris Montparnasse. ©Yann Deret
Parmi les développements marquants pour Accor ces derniers mois, la réouverture du Pullman Paris Montparnasse. ©Yann Deret

Les résultats du premier trimestre 2022 présentés par Accor confirment l’effet relativement limité du variant Omicron sur la reprise de l’activité hôtelière observée depuis l’été dernier. Comme la plupart des acteurs du secteur, le groupe français a connu une remontée continue du revenu par chambre (RevPAR) depuis le deuxième trimestre 2021. Et les dommages causés par la déferlante du variant se sont au final restreints à décembre et janvier, avant un redémarrage en février, puis son accélération à partir de mars. Un mois où le taux d’occupation était déjà repassé à un niveau supérieur à celui du quatrième trimestre 2021.

Si la clientèle loisirs soutient le secteur depuis la fin du premier confinement, Accor constate que la reprise constatée depuis le début d’année est aussi « le fruit du rebond durable de la clientèle d’affaires » comme de « l’accélération de la reprise de la clientèle internationale » avec la réouverture de nombreuses frontières. Grâce à cela, le groupe a dévoilé une hausse de +85% de son chiffre d’affaires, à 701 millions d’euros, pour le premier trimestre 2022 par rapport au premier trimestre 2021. De son côté, le RevPAR a plus que doublé sur la période (+108%), tout en restant logiquement en retrait par rapport au premier trimestre 2019 (-25%).

Mais, alors que le groupe français estime de la clientèle domestique devrait retrouver des niveaux comparables à ceux de 2019 « d’ici la fin de l’année«  et que les déplacements internationaux – hormis avec l’Asie – reprennent progressivement leur cours, l’horizon se dégage sensiblement. La progression du RevPAR annoncée par Accor est le fruit à la fois de la croissance de la fréquentation des hôtels, mais aussi d’une forte hausse des prix, « supérieurs au niveau de 2019 depuis quatre mois à l’échelle du groupe« , souligne Accor dans son communiqué. Une hausse tarifaire à laquelle les voyageurs d’affaires vont devoir s’habituer, l’évolution positive de la demande comme l’accentuation de l’inflation poussant à une croissance durable du prix des chambres.

« Les performances de Accor au premier trimestre 2022 confirment la nette reprise de l’activité dans toutes les régions et la dynamique retrouvée du tourisme, de la restauration et des loisirs, a déclaré Sébastien Bazin, P-dg du groupe français. Elles sont notamment portées par la dynamique de nos marchés en Europe, au Moyen Orient et aux Amériques ainsi que la forte demande pour nos hôtels Luxe et Lifestyle, et les voyages domestiques. »

L’analyse géographique des résultats trimestriels est révélatrice des dynamiques dans les différentes parties du monde. Si la plupart des régions enregistre des résultats toujours inférieurs à ceux de 2019, de l’ordre de 20% en Europe du Sud et de 30% en Europe du Nord, certaines régions ont en revanche dépassé les niveaux d’avant-Covid. Sans surprise, le Moyen-Orient voit son activité tirée par l’Exposition universelle de Dubaï, mais aussi par la réouverture plus large des villes saintes d’Arabie Saoudite aux pèlerinages. De ce fait, le RevPAR de la région Inde, Afrique, Moyen-Orient & Turquie est de 8% supérieur au niveau du premier trimestre 2019. A la traîne pendant de nombreux mois, une autre partie du monde connaît aussi une embellie de son activité hôtelière : l’Amérique du Sud. Le RevPAR y affiche une hausse de +5% par rapport au premier trimestre 2019, expliquée par Accor par « la reprise de la demande liée à la clientèle d’affaires« .

La réouverture des frontières favorise le retour de la clientèle d’affaires internationale

De son côté, l’Australie, sans dépasser, loin de là, les niveaux pré-Covid – le RevPAR de la région Pacifique reste de -31% au début d’année 2019 -, redémarre progressivement. Longtemps fermée aux voyages internationaux et limitant aussi les déplacements à l’échelle locale, le fer de lance de la région Pacifique a profité à la fois de la réouverture des frontières intérieures qui a engendré un rebond du tourisme domestique vers les destinations loisirs. A partir de février, la réouverture des frontières extérieures a, elle, favorisé la reprise de la clientèle d’affaires. Dans le même ordre d’idée, en Asie du Sud-Est, la réouverture des frontières à Singapour, Bali, au Vietnam et en Thaïlande ont permis à la situation des hôteliers de s’améliorer, même si le RevPAR de la région est resté stable par rapport au début d’année 2019, à -55%.

Plus près de nous, en Europe, la relance des voyages internationaux profite aussi aux hôteliers des grandes métropoles. Ainsi, en France, si la province reste la zone la plus dynamique que la région parisienne, l’écart de performance se resserre avec le retour de la clientèle d’affaires internationale. Un phénomène identique au Royaume-Uni où Londres bénéficie aussi de la reprise des voyages, notamment depuis les Etats-Unis. Parmi les grands pays européens, l’Allemagne est en revanche restée en retrait en raison de restrictions sanitaires plus fortes et plus longues. D’où un RevPAR en repli de -62% par rapport au premier trimestre 2019. « Néanmoins, ces restrictions sont levées depuis début avril et une amélioration de l’activité est désormais visible« , souligne Accor, largement implanté sur ce marché.

Enfin, si les Etats-Unis et la Chine ont été les premiers à voir l’activité hôtelière repartir, la situation au premier trimestre 2022 est contrastée. Outre Atlantique, le groupe français constate qu’après un mois de janvier difficile, un « fort rebond » de l’activité avec le retour de la clientèle d’affaires combiné à une forte demande de la clientèle loisirs. D’où une baisse du RevPAR de la région Amérique du Nord/Centrale et Caraïbes limitée à -22% par rapport au premier trimestre 2019. A l’inverse, en Chine, le RevPAR enregistre une baisse sensible de -42% par rapport au premier trimestre 2019, en raison de l’émergence du variant Omicron et de la stratégie « zéro Covid » poursuivie par le pays.

En parallèle de l’annonce de ces résultats, Accor a confirmé ses ambitions de développement avec une croissance nette du réseau de +3,5% attendue pour l’ensemble de l’année 2022. Si 26 hôtels se sont ajoutés au premier trimestre, le rythme des ouvertures devrait s’accélérer à partir du second trimestre. À fin mars 2022, le groupe comptait 777 849 chambres et 5 304 hôtels dans le monde et 212 000 chambres et 1 212 hôtels en projet.