Afrique du sud Le Cap et Durban : Prochains vainqueurs de la League des Mice

Segment montant du tourisme mondial, le marché des Mice reste l’apanage de l’Europe et des États-Unis. Pourtant, l’Afrique du Sud, avec Le Cap comme destination clé, promet de faire des étincelles.

Côté MICE, tout a réellement commencé avec le Sommet de la Terre, à Johannesburg, en 2002. Et si, aujourd’hui, le pays ne représente qu’environ 1 % du marché global du tourisme d’affaires, 7 % de ses visiteurs y viennent pour travailler. Un chiffre stimulant, car un voyageur Mice dépense en moyenne trois fois plus qu’un voyageur loisirs. Le Cap apprend donc à naviguer comme première destination pour les conférences internationales. En 2009, la ville est passée de la 37e à 35e position mondiale selon l’ICCA (International Congress and Convention Association) qui lui prédit un avenir brillant, avec une possible huitième place avant dix ans. En tout cas, l’UK Conferences and Incentives (C&IT) magazine lui a d’ores et déjà décerné le prix de la meilleure destination incentive.
 Pour Le Cap, c’est en 2003 que les choses se sont vraiment précisées, avec l’ouverture du Cape Town International Convention Centre, tout en baies vitrées donnant sur la mer. Pendant l’année financière 2008-2009, le CTICC a atteint un chiffre d’affaires de 119 millions de rands (11,9 millions d’euros), a accueilli un total de 629 événements ainsi qu’un trois millionième visiteur. “Jusqu’à maintenant, le CTICC a déjà apporté une contribution de 11,8 milliards de rands (1,18 milliard d’euros, ndlr) au PIB national, explique Zeenat Parker, chargée de la communication corporate, et l’on s’attend à ce que celle-ci passe à 17,3 milliards (1,73 milliard d’euros) dans les cinq prochaines années.”

Les français beaucoup plus présents

Signe qui ne trompe pas, la clientèle internationale commence à se diversifier. “Même si les Britanniques et les Allemands font partie de nos premiers clients, les Français ont été beaucoup plus présents en 2009 qu’auparavant. Et nous espérons que cette part de marché prendra encore de l’importance”, déclare David Frandsen, directeur exécutif du Cape Town Convention Bureau. C’est certain, les atouts sont là. D’abord, il n’y a pas de décalage horaire entre la France et l’Afrique du Sud. Ensuite, la destination est à fort potentiel touristique. “Trente-cinq pour cent des participants à un événement Mice prolongent leur séjour”, souligne David Frandsen. Pourquoi ? Parce que les paysages sont splendides, aussi bien du côté de l’océan Indien que de l’Atlantique, parce que la route des vignobles est merveilleuse, parce que le climat est idéal, parce que la culture sud-africaine est passionnante, que les hôtels sont très haut de gamme et l’aéroport international. “En tout, 22 compagnies aériennes internationales proposent des vols directs entre Le Cap et Londres, Munich, Francfort, Amsterdam ; mais aussi l’Asie et les États-Unis, ajoute David Frandsen. Notre atout, c’est d’être une destination première classe dans un continent émergeant.” Pendant plusieurs années, Le Cap a eu cet avantage sur Durban d’offrir des vols directs sur de nombreuses destinations étrangères. “Désormais, avec l’ouverture du King Shaka Airport, à Durban, en mai, nous allons certainement recevoir davantage de conférences internationales. Même s’il nous sera difficile d’en mesurer rapidement l’impact, puisque les réservations se font quatre ou cinq ans à l’avance”, explique Sandra Le Brasse, chargée des affaires corporate de l’International Convention Centre de Durban.

 Cet immense complexe, dont le bâtiment initial, construit en 1996, a été l’un des tout premiers centres de conférences multifonctions d’Afrique, reste aujourd’hui l’un des plus pointus du continent. D’autant qu’une arène d’une capacité de 10000 personnes a été ajoutée en 2007. “C’est aussi cette très grande capacité qui nous permet de rester en compétition avec Le Cap”, ajoute Sandra Le Brasse. Pour les événements majeurs, l’intégralité du site, étendu sur plusieurs rues, peut même être bloquée et sécurisée par la police municipale. Aussi, l’impact économique de l’ICC sur le PIB de la ville et de la région de Durban est-il crucial. Durant l’année financière 2008- 2009, la contribution de l’ICC au PIB national aurait dépassé les 2 milliards de rands (20 millions d’euros). “L’objectif est d’augmenter la rentabilité afin de pouvoir continuer à créer des emplois et soutenir le dynamisme économique de la ville tout en offrant des services compétitifs, et surtout une ‘expérience meeting’ inégalable”, poursuit Sandra Le Brasse. C’est pourquoi une somme d’un million de rands (100 100 euros) a été récemment investie dans la formation du personnel. Et ça marche ! En 2009, au coeur de la récession, plus de 4000 emplois ont été créés de façon indirecte.

A côté des grandes réserves

Bien que la province du KwaZulu-Natal soit toujours le leader du tourisme national, la promotion de Durban à l’international reste une tâche ardue. “L’ICC doit composer avec des préférences allant spontanément vers Le Cap et Johannesburg”, poursuit la responsable des affaires corporate.Durban demeure une ville méconnue malgré la proximité des grandes réserves naturelles et des magnifiques plages tropicales de l’océan Indien. “Notre stratégie, c’est avant tout de mettre en avant l’Afrique du Sud comme destination phare, et de n’être vraiment en compétition qu’avec les grandes villes Mice étrangères”, conclut Sandra Le Brasse.