Afrique du sud Sécurité : Johannesburg sous contrôle

Comme toutes les villes d’accueil de la Coupe du monde, Johannesburg se mobilise pour garantir la sécurité des participants. Avec confiance et professionnalisme. Et dans la perspective d’une amélioration pérenne.

Certaines statistiques suffisent à saper une réputation. Comme celle de l’Afrique du Sud, longtemps considérée comme l’un des pays les plus violents du monde, et qui souffre évidemment des 51 meurtres, 39 car-jackings et 100 viols comptés en moyenne chaque jour.1 Pourtant, selon les experts, ces chiffres seraient à prendre avec un certain recul. “Dans la plupart des actes de malveillance, la victime connaît son agresseur. Quant aux vols, ils ont lieu dans des quartiers et à des heures que les touristes peuvent et doivent éviter”, affirme Giovanni Pisapia, Project Manager Fifa 2010 de la police de Johannesburg.

Un arsenal de pointe

D’après lui, quelques précautions et un peu de bon sens suffisent à prévenir les ennuis. Mais à l’approche de la Coupe du monde, un système de sécurité renforcé et très sophistiqué va être mis en place. Rien ne sera négligé pour assurer la sécurité du pays et des millions de supporters qui vont affluer. Depuis l’annonce de sa nomination, en 2006, l’Afrique du Sud a d’ailleurs collaboré avec des agences internationales pour accumuler le plus de savoir possible en matière de sécurité. Elle a également acquis un arsenal de pointe. En tout, 665 millions de rands (66,5 millions d’euros) auront servi à l’achat d’hélicoptères et d’avions spécialisés, de canons à eau, de BMW destinées à patrouiller sur les autoroutes, de gilets pare-balles, de caméras mobiles… Des investissements qui continueront de soutenir la police dans ses actions anti-criminalité, bien après que la folie du ballon rond aura quitté les esprits.

Pour le voyageur d’affaires, la véritable question concerne moins les événements sportifs que “l’après- Coupe du monde” : il s’agit plutôt de savoir si la perspective de paisibles séjours dans la capitale économique du pays, réputée comme la ville la plus dangereuse d’Afrique du Sud, sera réaliste. À l’heure actuelle, tout le laisse croire. En particulier le mot “legacy” que l’on entend partout, de Sandton à Rosebank, les quartiers d’affaires de Johannesburg. Car cet “héritage” de la Coupe du monde semble ne pas concerner les seules infrastructures hôtelières, sportives ou aéroportuaires, mais impliquer aussi la sécurité. Ainsi, “le Johannesburg Metropolitan Police Department, ou JMPD, vient d’être formé par la police allemande, par celle d’Afrique du Sud et par le FBI sur sa base de Training Academy située au Botswana”, explique Wayne Minnar, porteparole du JMPD. À n’en pas douter, ce genre de formation entre dans la catégorie “legacy”. Comme les 231 caméras qui seront installées aux points stratégiques de la ville pour une surveillance permanente, et qui resteront en place. “Nous pensons que le taux de criminalité va baisser, continue Wayne Minnar, en précisant qu’un tel déploiement de stratégies conjuguées aura nécessairement un impact sur le climat urbain”.

De son côté, Mike Smith, superintendant en chef du JMPD, explique : “Si, lors des matchs, certaines mesures ponctuelles seront mises en place (hotline multilingue pour assistance policière ou médicale, tribunal ouvert 24 heures sur 24, déploiement de policiers étrangers autour de Soccer City et des stades), d’autres seront pérennes.”

Réseau de transport en héritage

Chauffeurs de bus et de taxis reçoivent une formation soutenue afin de mieux accueillir leurs clients et de leur assurer une sécurité maximale. De plus, les taxis officiels seront dotés d’un logo qui permettra de les distinguer aisément. “Les transports sont un aspect important de la sécurité, car Johannesburg est atypique sur ce plan”, explique Yolisa Mashilwane, directrice Management Support du département des transports de la Ville. Jusqu’à présent, la mégalopole ne disposait d’aucun système de transport fiable ; le tout nouveau Bus Rapid Transit System est donc une révolution. Si une partie du réseau sera entrée en service avant l’arrivée des premiers supporters, en tout, ce seront quelque 122 kilomètres de lignes principales et 150 stations qui devraient relier les quartiers les plus éloignés au centre-ville d’ici à 2013. “Ce système mis en place pour la Coupe du monde sera l’un des héritages de 2010 et contribuera à améliorer la qualité de vie à Johannesburg en général”, affirme Yolisa Mashilwane. Bonne nouvelle.