Le variant sud-africain coûte cher à Johannesburg et au Cap

L'apparition du variant 501Y.V2 a pratiquement stoppé les déplacements professionnels vers l'Afrique du Sud, aggravant la situation déjà précaire des acteurs locaux. La tendance des "nomades du digital" pourrait peut-être leur permettre de limiter les dégâts.
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Vue du Cap.

L’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, s’était à peine relevée d’une première vague meurtrière de la pandémie l’an dernier qu’elle a dû affronter une nouvelle accélération des infections assortie d’un mauvais hasard : le variant 501Y.V2 de la Covid 19, découvert par des scientifiques locaux, a été immédiatement baptisé « le variant sud-africain », entraînant dans son sillage une vague de fermetures de frontières aux visiteurs en provenance du pays d’Afrique australe.

Les voyageurs en provenance d’Afrique du Sud font aujourd’hui face à des restrictions importantes et ne sont plus admis dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni. La plupart des compagnies ont suspendu leurs vols internationaux directs, y compris Emirates et British Airways qui, pour sa part, ne prévoit pas de reprendre ses vols entre Londres et le Cap avant juin prochain au moins. Le Royaume-Uni a ajouté le Kenya, l’Ethiopie et le Qatar à sa liste rouge, compliquant encore plus les plans des voyageurs qui espéraient rejoindre la métropole britannique via une correspondance régionale. Pour ajouter au malaise, la compagnie nationale South African Airways, qui a cessé ses vols en mars 2020, est en liquidation.

Des nomades du digital pour Le Cap ?

En conséquence, les milieux d’affaires sud-africains sont inquiets. Les enquêtes du Bureau for Economic Research (BER) révèlent que l’indice de confiance des détaillants a reculé de 13 points depuis le début de l’année. Les faillites de sociétés ont progressé de 8,5 % en février par rapport à 2020 et le secteur financier est le plus touché, suivi par l’industrie des services de restauration et d’hôtellerie. Plusieurs chaînes d’hôtels ont suspendu les activités de leurs établissements. Hilton a fermé temporairement ses hôtels du Cap et de Durban, tout en maintenant ouvert son établissement de Johannesburg.

Mais des frémissements d’innovation continuent de nourrir les espoirs de reprise du pays. La ville du Cap a ainsi décidé de s’adapter astucieusement aux nouvelles circonstances en ciblant ce que son département du tourisme Wesgro appelle : « les nomades du digital ». Elle vient de signer un accord avec Airbnb offrant aux visiteurs un rabais de 50 % sur les séjours de plus de 28 jours : « La Covid 19 a eu un profond impact sur la manière dont nous travaillons et les sociétés comme leurs employés ont adopté l’habitude de travailler à distance. Les nomades du digital vont maintenant pouvoir bénéficier de l’environnement économique high-tech favorable à l’entrepreneuriat de la région du Cap », a déclaré Deidré Baartman, représentant de l’administration de la ville.

Les autorités locales sont en train de plaider auprès du gouvernement sud-africain les avantages qu’offrirait la possibilité de développer pour les voyageur internationaux une sorte de visa de travail distanciel plus facile à obtenir, et qui ne nécessiterait pas la preuve d’un contrat de travail local. Des voyageurs d’affaires de longue durée en distanciel depuis des sites de rêves, pourquoi pas ?