Sécurité renforcée dans les hôtels africains

Alors que la sécurité est un élément de plus en plus important pour les entreprises, les hôtels africains ont largement renforcé leurs moyens de sécurité.

Le Noom Hotel Conakry a été sélectionné par l’ambassade de France comme point de rassemblement pour tous les ressortissants européens.© Mangalis Hotel Group
Le Noom Hotel Conakry a été sélectionné par l’ambassade de France comme point de rassemblement pour tous les ressortissants européens.© Mangalis Hotel Group

Radisson Blu de Bamako, hôtel Splendid à Ouagadougou, station balnéaire de Grand Bassam : l’hôtellerie africaine a récemment payé un lourd tribut au terrorisme international. Dès lors, tandis que le sujet de la sécurité prend une place toujours plus importante dans le monde corporate, la question du choix d’un hôtel est, peut-être plus en Afrique qu’ailleurs, essentielle de ce point de vue. “La plupart de nos clients nous interrogent sur les hôtels à sélectionner. L’attaque du Radisson Blu à Bamako a été un élément déclencheur, explique Charline Gélin, responsable sécurité chez International SOS. Nous avons mis en place une méthodologie d’évaluation qui prend notamment en compte l’environnement immédiat de l’hôtel.” Par exemple, si un établissement de chaîne internationale ne laisse pas de gros doutes quant au respect des normes de sécurité, ils sont souvent proches des palais présidentiels et des lieux clés de la ville. De ce fait, s’ils sont très sûrs au quotidien, ils peuvent devenir des cibles lors de mobilisations politiques.

Un élément à prendre en compte à l’approche d’élections, par exemple. Autres points étudiés par International SOS, mais qui peuvent facilement être observés par le voyageur lui-même : les mesures de sécurité physiques. Y a-t-il un portique de sécurité ? La fouille des bagages est-elle systématique ? Les portes des chambres sont-elles équipées d’un double loquet et d’un judas ? L’hôtel a-t-il un parking souterrain, auquel cas il serait vulnérable ? Quels sont les risques liés au transport entre l’hôtel et l’aéroport ou les principaux lieux de rendez-vous ? “Lors de nos formations, nous recommandons aussi aux voyageurs de choisir une chambre entre le troisième et le septième étage, c’est à dire à la fois accessible par les pompiers, mais moins exposées au risque terroriste que des chambres à proximité du parking et de la réception”, précise Charline Gélin.

Pour leur part, les hôteliers assurent tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des voyageurs. “Nos équipes de conception, de sûreté et de sécurité et nos équipes opérationnelles travaillent en étroite collaboration afin de fournir un environnement sûr et sécurisé à nos clients”, souligne Alex Kyriakidis, du groupe Marriott. Olivier Granet, d’AccorHotels, explique de son côté avoir créé un poste de responsable dédié à la sûreté et la sécurité pour la région, “chargé de visiter les hôtels, de vérifier que les plans d’urgence sont mis à jour ou encore de faire de la veille pays.

Une chose est sûre : les mesures de sécurité ont beaucoup évolué ces dernières années. “Elles ont été considérablement renforcées à la demande des états, mais aussi par les opérateurs hôteliers”, explique Olivier Jacquin, du groupe Mangalis. Zones d’accès repensées, doublement des effectifs de sécurité, portiques de sécurité aux normes aéroportuaires, augmentation des caméras de sécurité dans les endroits publics comme dans les étages : Mangalis met tout en œuvre pour minimiser les risques. Olivier Jacquin estime d’ailleurs qu’“au final, la sécurité des hôtels en Afrique est bien supérieure à ce qu’on peut trouver en Europe.