Airbnb : une idée qui fait son chemin

La plate-forme de location d’appartements Airbnb va-t-elle se faire une place dans les politiques voyages des entreprises ? Certains professionnels, voyageant énormément et lassés par l’hôtellerie “classique” aussi sophistiquée soit-elle, n’hésitent pas, aujourd’hui, à recourir à cette solution “comme chez soi”. Car, si le vrai luxe, c’est l’espace, les appartements proposés n’en manquent pas, permettant facilement d’accueillir ses proches pour jouer les prolongations le week-end après une semaine de rendez-vous.

L'économie collaborative arrivera-t-elle à séduire le monde de l'entreprise ?
Airbnb lorgne vers le voyage d'affaires

Pour estimer l’appétence de la clientèle business, le site internet a récemment conclu un partenariat avec l’agence de voyages d’affaires 3mundi. “Ce test est proposé autour d’une collection d’appartements qui correspondent aux attentes des cadres lors de leurs déplacements professionnels”, explique Nicolas Ferrary, directeur France d’Airbnb. Mais, si les voyageurs peuvent être directement conquis par la formule, certains travel managers voient Airbnb servir surtout d’appoint lorsque les établissements des grandes villes affichent complets en milieu de semaine ou lors de grands événements. “À Paris, nous avons une offre très large près des lieux d’expositions, que ce soit le palais des congrès ou la porte de Versailles, dans ce dernier cas avec plus de 300 annonces dans un rayon de 500 m, poursuit Nicolas Ferrary. Compléter une sous-capacité hôtelière temporaire est même dans l’ADN d’Airbnb. Nos fondateurs ont eu cette idée lorsqu’ils ont loué des matelas gonfables dans leur appartement à des designers venus pour un congrès à San Francisco et qui ne trouvaient pas à se loger”. Dans un souci d’économies toujours présent du côté des entreprises, le directeur France d’Airbnb voit aussi un intérêt pour de petits groupes Corporate qui peuvent louer un appartement à trois ou quatre.

Airbnb : une idée qui fait son chemin

Reste un écueil majeur à la formule : la récupération des clés auprès des particuliers, les voyageurs d’affaires n’étant pas toujours maîtres de leur planning, ni à l’abri d’un imprévu. “Nous faisons simplement le lien entre l’hôte et le voyageur. À eux de s’entendre sur l’organisation du check-in, précise Nicolas Ferrary. Pour cela, pour un déplacement très court, d’une ou deux nuits, le voyageur d’affaires privilégiera peut-être un hébergement facile et flexible”. Airbnb souligne d’ailleurs que, depuis ses débuts en 2008, la fréquentation des hôtels à Paris est au plus haut. Reste, aussi, à savoir comment les autorités partout dans le monde, soucieuses de ménager la susceptibilité des hôteliers et de récupérer des taxes qui leur échappent, vont gérer le phénomène…