Rencontre avec Alexis John Ahyee, directeur d’HEC Paris pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale

Alexis John Ahyee est le directeur d’HEC Paris pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale. Il revient pour Voyages d'Affaires sur les motivations qui ont conduit à l'ouverture d'un pôle à Abidjan, sur le Plateau, et livre son analyse sur le dynamisme de la destination.

Alexis-John-Ahyee

Le plateau, c’est un peu La Défense d’abidjan !

Pourquoi avoir ouvert un bureau de HEC à Abidjan ?

Alexis John Ahyee – Nous opérions déjà dans la région depuis quelques années, notamment à Abidjan, en utilisant les infrastructures hôtelières. Aujourd’hui, en déployant un bureau, avec des salles de cours intégrées, c’est pour servir la demande, qui est au rendez-vous. L’accueil est très bon. Nous organisons des programmes de formation continue pour les dirigeants et les cadres. Abidjan est devenu un hub compte tenu de la croissance économique ininterrompue depuis quelques années, et du fait de sa position géographique centrale. Depuis Abidjan, on peut relier quasiment toutes les capitales de la région à moins d’une heure. C’est une position stratégique, entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale. L’ouverture de ce bureau vise aussi à anticiper notre développement dans cette partie de l’Afrique : à partir d’Abidjan, nous allons pouvoir opérer sereinement dans cette zone.

Comment décririez-vous aujourd’hui l’économie ivoirienne, et sa place à l’échelle régionale ou internationale ?

Alexis John Ahyee – L’économie ivoirienne présente des résultats qui parlent pour elle, avec un taux de croissance soutenu au cours des dix dernières années. C’est une économie basée sur des fondamentaux très solides, avec des filières fortes comme le cacao, le café, le coton… En plus de cette agriculture forte, l’économie ivoirienne est en train de se diversifier, de se digitaliser. C’est une économie qui se modernise, et la jeunesse de la population garantit aussi un fort potentiel. Il y a donc tout un écosystème de start-up qui se développe à Abidjan, avec des incubateurs, des initiatives locales, comme Jokkolabs, et l’implication d’acteurs importants comme Orange. Il y a une vraie volonté de soutenir les start-up, notamment au sein du patronat ivoirien (la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire, CGECI). L’entrepreneuriat constitue aujourd’hui un véritable ascenseur social, bien identifié par les gouvernements et les organisations de la société civile. Une mue est en train de s’opérer, et nous allons l’accompagner. L’entrepreunariat constitue un axe stratégique de développement pour HEC Paris. Nous croyons fortement à l’entrepreunariat en Afrique. Nous avons d’ailleurs déjà développé des incubateurs à Paris ou au Liban, et comptons développer des incubateurs en Afrique également.

Quel regard portez-vous sur le Plateau, où HEC a choisi de s’installer ?

Alexis John Ahyee – Pour nous, il allait de soi d’être à quelques minutes des grands décideurs. Le Plateau, c’est un peu La Défense d’Abidjan ! C’est un quartier d’affaires qui a un peu vieilli, mais qui reprend des couleurs et qui va se métamorphoser dans les dix prochaines années. Mieux vaut donc y être dès aujourd’hui.

Ce quartier d’affaires semble figé dans le temps. Peut-il vraiment évoluer ?

Alexis John Ahyee – À mon avis, le Plateau est encore sous-utilisé. Il y a un énorme potentiel. C’est un espace sur lequel des businessmen vont pouvoir se projeter. On a vu à Londres que l’on pouvait construire au cœur de la ville, dans la City. On l’a vu aussi à New York. Il est possible de transformer totalement cette partie d’Abidjan qui, même s’il s’agit d’un quartier d’affaires vieille école, demeure emblématique. Avec le développement de la Baie de Cocody et les autres projets qui sortent de terre, il y a des opportunités. Je suis optimiste.