American Express GBT s’implique dans l’essor du carburant durable

American Express GBT a formé une alliance avec Shell afin de stimuler l'utilisation de carburant durable d’aviation et les investissements qui vont avec. Et cela en regroupant la demande des entreprises et des compagnies aériennes dans le cadre des voyages d'affaires.
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(c) Shell Aviation.

Le carburant durable d’aviation, ou plus brièvement appelé le SAF. Ce sujet est d’actualité avec le premier vol long-courrier d’Air France entre Paris et Montreal utilisant 16 % de carburant durable en parallèle du kérosène classique. Ce qui a permis d’éviter l’émission de 20 tonnes de CO2.

Alors que les avionneurs et les transporteurs cherchent des solutions pour limiter leur impact environnemental et s’orienter vers des émissions nettes nulles, deux autres acteurs viennent de s’associer pour se saisir du sujet : Shell Aviation, l’un des principaux fournisseurs de carburant du secteur aérien, et un de ses grands utilisateurs à travers ses milliers d’entreprises clientes, l’agence de voyages d’affaires American Express Global Business Travel (GBT).

Alors que les avions à hydrogène, voire électriques, ne voleront pas avant le milieu du siècle, les SAF semble être la seule option viable actuellement pour réduire les émissions du secteur à court et moyen terme. « Le SAF a un potentiel incroyable pour stimuler la décarbonation du secteur de l’aviation« , estime Anna Mascolo, présidente de Shell Aviation. Cette alliance vise à accroître l’utilisation de ces carburants respectueux de l’environnement et stimuler la production. « Si le secteur de l’aviation veut davantage de SAF d’ici 2025, de nouveaux investissements importants sont nécessaires dès aujourd’hui« , a déclaré Anna Mascolo pour expliquer les raisons de ce partenariat avec GBT.

Car, comme toute technologie naissante et encore peu développée, le carburant durable d’aviation est cher. Un concurrent de Shell, le PDG de Total Patrick Pouyanné, notait dans un récent article cité par l’AFP que « le jet fuel coûte 400 euros la tonne, le biocarburant en coûte 1 500. Sur un Paris-New York, si on met 1% de biocarburant dans un avion, cela va augmenter le prix du billet aller-retour de 5 dollars. »

Dès lors, l’alliance entre Shell et Amex GBT a pour objectif de le rendre plus accessible en combinant le pouvoir d’achat des compagnies aériennes et des entreprises clientes de GBT dans le domaine des voyages d’affaires. Un processus d’agrégation qui permet de créer une demande beaucoup plus large, les modalités plus détaillées de cette collaboration devant être annoncées dans le courant de l’année. « Nous pensons que le fait de regrouper la demande des entreprises et des compagnies aériennes est le moyen le plus efficace de générer le volume d’investissement nécessaire pour apporter des changements à grande échelle« , estime Paul Abbott, PDG de GBT.

Selon les objectifs qu’il s’est fixé, Shell pourrait produire, d’ici à 2030, huit fois plus de carburants à faible teneur en carbone et porter à plus de 10 % la part des biocarburants et de l’hydrogène dans les carburants pour le transport qu’elle vend. Et cela contre environ 3 % en 2020. A noter que la législation française prévoit l’incorporation de 1% de biocarburant sur tous les vols au départ de France à partir de 2022 et pourrait porter ce chiffre à 2 % à l’horizon 2025 et à 5 % en 2030, conformément à des objectifs donnés à l’échelle européenne.