L’automobile devient un deuxième bureau

Avec une connectivité toujours plus efficace et l’intégration avancée des fonctionnalités d’un smartphone dans l’interface de bord, tout est réuni pour transformer un véhicule en prolongation nomade d’un bureau. État des lieux.

L’automobile devient un deuxième bureau
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Très bientôt, les voitures autonomes pourront à loisir se transformer en salle de réunion ou en espace de coworking, avec des sièges se faisant face et des surfaces vitrées pour projeter présentations et vidéoconférences. En 2014 déjà, le spécialiste des centres d’affaires Regus envisageait ce futur en présentant au salon de Genève la concept-car XchangE, dont les sièges avant pouvaient pivoter vers l’arrière pour créer un espace de travail et de réunion pour quatre personnes. “Nous avons notamment pensé aux commerciaux ou consultants qui sont souvent en déplacement et perdent un temps considérable pendant leurs trajets”, expliquait alors Andre Sharpe, directeur mondial du développement de produit chez Regus.

Si la prochaine décennie devrait voir l’avènement des véhicules autonomes, en attendant, les voitures doivent toujours se conduire… Et ce, aussi connectées et bardées d’écrans soient-elles. Bien qu’elles nécessitent encore l’attention du conducteur, ces vrais objets high-tech annoncent pourtant ces bureaux mobiles du futur et tendent déjà à transformer le temps de transport en temps de travail grâce à leur haute technicité. En effet, avec les systèmes d’info-divertissement intégrés à l’auto, rien n’interdit aujourd’hui de téléphoner, d’interagir sur les réseaux sociaux ou encore de s’informer, et cela sans jamais avoir à prendre en main le smartphone. À condition, bien évidemment, de respecter le cadre du code de la route… et celui de la raison.

D’autre part, des assistances à la conduite de plus en plus efficaces permettent de seconder efficacement les conducteurs, notamment les régulateurs de vitesse adaptatifs qui freinent automatiquement dans les embouteillages quand le trafic s’arrête et corrigent la direction si l’on se rapproche d’une ligne blanche.

Dès lors, comment bien choisir cette automobile susceptible de se transformer en vrai “deuxième bureau” ? Autant commencer par les critères de base, ceux à ne jamais négliger face à la tentation de se concentrer sur la seule connectivité. Car une bonne voiture à usage professionnel se doit d’abord d’offrir un environnement idéal pour travailler : elle doit être confortable, silencieuse, suffisamment spacieuse et pourvue d’espaces de rangement pratiques. De même, elle doit bénéficier d’une autonomie conséquente pour éviter les passages trop fréquents à la pompe ou, pour les modèles électriques, à une borne de recharge.

La connexion 4G du système d’info-divertissement peut être intégrée à l’auto ou passer par le smartphone du conducteur. Ce qui peut avoir des conséquences sur les coûts d’usage.

Viennent ensuite les prédispositions du modèle pour une bonne connectivité du système d’info-divertissement embarqué. Dans ce cadre, si certaines marques proposent une connexion intégrée avec une carte SIM embarquée – ce qui est le cas généralement des marques françaises et des constructeurs premium allemands, à des tarifs se situant entre 130 € et 360 € sur trois ans après une première période gratuite –, d’autres comptent avant tout sur le smartphone du client. Mais attention, ce dernier cas peut entraîner des frais de roaming lors de passage par des pays non couverts par le contrat de l’opérateur téléphonique, notamment la Suisse ou Andorre. De plus, pour accrocher la connexion au réseau GSM, l’antenne d’un smartphone n’est pas aussi puissante que celle d’une voiture. Certaines marques compensent ce déficit avec un emplacement dédié au smartphone, appelé généralement “phone box”, qui relie l’appareil à l’antenne de bord afin d’amplifier son signal de réception 4G ; en attendant 2020 et les débuts de la 5G qui sera bien plus performante et rapide. Par ailleurs, ces phone box sont aussi pourvues d’un système de recharge sans fil – au standard QI – permettant d’alimenter la batterie d’un smartphone compatible tels l’iPhone X d’Apple, le Samsung S9, etc.

DS 7 Crossback : Le nouveau modèle haut de gamme du constructeur premium du groupe PSA mise sur l’espace de son habitacle. Il intègre les fonctionnalités habituelles au sein des productions du groupe : connectivité intégrée, Mirror Screen et grand écran confortable. © DS
DS 7 Crossback : Le nouveau modèle haut de gamme du constructeur premium du groupe PSA mise sur l’espace de son habitacle. Il intègre les fonctionnalités habituelles au sein des productions du groupe : connectivité intégrée, Mirror Screen et grand écran confortable. © DS

Applications multiples

Une connexion performante, c’est évidemment très bien. Mais elle ne saurait se suffire à elle-même. Son utilité réside d’abord dans le fait de connecter le système d’info-divertissement embarqué afin de bénéficier de toutes les fonctionnalités. Par exemple, pour que la navigation puisse accéder à l’info trafic pour arriver au plus vite à un rendez-vous, mais aussi aux informations concernant les parkings pour ne pas perdre de temps à se garer, aux prix du carburant, aux points d’intérêt ou encore – et pour rouler en toute sérénité – aux services d’alertes de zones de dangers comme Coyote.

Pour autant, un autre moyen de connexion donne accès à certaines fonctionnalités utiles en reproduisant l’écran du smartphone sur celui du véhicule. C’est ce qu’on appelle le mirroring, que proposent les services Android Auto, Apple CarPlay, voire MirrorLink. Une fois enclenchés, ils permettent à certaines applications – WhatsApp notamment, mais aussi Skype ou la navigation Waze (Android) – de s’afficher en mode simplifié sur l’écran de bord de la voiture. Les fonctions de téléphonie et de messagerie sont en outre facilitées, tandis que le bouton de commande vocale au volant peut être utilisé pour des choses simples : appeler un contact, écouter des SMS lus par le système et y répondre, piloter la musique grâce à Google Voice ou Apple Siri ou encore accéder aux services de l’assistant personnel du smartphone, qu’il s’agisse de Google Assistant ou de Siri chez Apple.

Sur ce principe, avec sa nouvelle Classe A, Mercedes vient de lancer son propre assistant vocal utilisant l’intelligence artificielle pour mieux répondre à chaque demande. Un service différent des véritables conciergeries mises en place par des constructeurs comme celle de BMW qui dispose d’une personne physique au bout du fil plutôt qu’un robot. Toujours chez Mercedes, le service d’assistant personnel Mercedes me, ainsi que les assistants Amazon Alexa et Google Assistant, commencent à être intégrés à certains modèles ; les Classe C et GLC en Grande-Bretagne et en Allemagne pour débuter. La marque allemande propose aussi le service In-Car Office, utilisant le calendrier pour donner les adresses au système de navigation et se connecter automatiquement à une conférence téléphonique en composant un code d’accès. L’écran de bord affichera alors certaines informations relatives à la conférence, comme les noms des participants ou l’organisateur. Ces fonctionnalités sont disponibles en France, facturées 19 € par an ou 49 € sur trois ans.

De son côté, BMW propose, pour 80 € par an, de connecter la voiture à un compte Microsoft Office 365 incluant le service “Exchange Online”. Le système intégré au terminal du véhicule synchronise les e-mails, les contacts et les saisies dans l’agenda et permet leur traitement indépendant, même sans connexion avec un smartphone. Il est également capable de reprendre directement des adresses dans le système de navigation et ajoute une fonctionnalité particulièrement intéressante pour les professionnels nomades : celle de participer, en un seul clic, à des conférences téléphoniques sur Skype for Business, ce que Volvo propose également.

L’interface idéale

La connectivité à bord offre un autre avantage, celui d’avoir un point de connexion Wi-Fi embarqué. Ainsi, avec ce hotspot procuré par la voiture et une prise 220 V comme certains constructeurs en proposent (Renault, VW…), on peut brancher un ordinateur et le relier au web lors d’une pause sur la route.

Avec l’arrivée progressive de services comme Skype for Business ou Office 365, la connectivité se penche de plus en plus vers un usage professionnel à bord.

Reste l’interface homme-machine. Les spécialistes parlent d’UI– pour “User Interface” ou “interface avec l’usager”–, l’un des points cruciaux pour le développement des nouveaux modèles. En effet, plus une machine devient complexe, plus l’interaction avec le client doit être simple, a fortiori s’il est au volant et ne doit pas se laisser distraire. L’interface homme-machine est donc extrêmement soignée par les constructeurs automobiles qui disposent d’équipes chargées d’étudier l’adaptation de chaque évolution technologique. Il suffit de voir la qualité de définition des écrans de dernière génération ou les progrès en matière de reconnaissance vocale pour s’en convaincre.

Renault Espace : Toujours très généreux en matière d’habitabilité, l’intérieur de l’Espace, cinquième modèle du nom, est connecté avec le système R-Link 2 et son grand écran vertical qui trône sur la planche de bord panoramique. Applications intégrées généreuses en plus d’une compatibilité iOS et Android sont au rendez-vous pour ce champion de la polyvalence. © Renault
Renault Espace : Toujours très généreux en matière d’habitabilité, l’intérieur de l’Espace, cinquième modèle du nom, est connecté avec le système R-Link 2 et son grand écran vertical qui trône sur la planche de bord panoramique. Applications intégrées généreuses en plus d’une compatibilité iOS et Android sont au rendez-vous pour ce champion de la polyvalence. © Renault
Nouvelle Peugeot 508 : Classique des flottes d’entreprise, la berline 508 de nouvelle génération soigne sa présentation avec une planche de bord originale et connectée. Son grand écran de 10 pouces Peugeot Connect inclut un abonnement de trois ans aux services TomTom, tandis que la fonction Mirror Screen assure la connectivité avec des smartphones Apple, Android et MirrorLink. © Peugeot
Nouvelle Peugeot 508 : Classique des flottes d’entreprise, la berline 508 de nouvelle génération soigne sa présentation avec une planche de bord originale et connectée. Son grand écran de 10 pouces Peugeot Connect inclut un abonnement de trois ans aux services TomTom, tandis que la fonction Mirror Screen assure la connectivité avec des smartphones Apple, Android et MirrorLink. © Peugeot

Les voitures sont aujourd’hui capables de répondre aux commandes données de manière très naturelle par le conducteur comme “appelle le bureau”, “j’ai chaud” pour baisser la température de l’habitacle ou “j’ai faim” pour chercher un restaurant… Les constructeurs profitent en cela des avancées réalisées par les spécialistes de la reconnaissance vocale avec des milliers de voix enregistrées et l’intervention de l’intelligence artificielle pour être en mesure de comprendre la plupart des commandes parlées. Certains modèles de voiture vont jusqu’à utiliser des systèmes de reconnaissance vocale online pour puiser dans des bases de données infiniment plus grandes et assurer un résultat d’une fiabilité redoutable.
Pour autant, même les véhicules les plus sophistiqués peuvent avoir besoin d’être complétés d’équipements simples et utiles. Un support pour smartphone de qualité est à cet égard un élément indispensable. D’autant qu’il en existe qui s’intègrent discrètement derrière la coque du smartphone et s’associent à un mini support magnétique très discret qui se fixe facilement sur une grille d’aération du tableau de bord. Parce que, comme un bureau, une voiture bien rangée permet de garder les idées claires.

Nouvelle Volvo V60 : Le constructeur suédois est reconnu pour ses habitacles de qualité, à l’ergonomie particulièrement soignée. Le nouveau break V60 inclut un bel écran vertical de neuf pouces, très agréable à l’usage. D’autant qu’il est complété par une fonction de commande vocale avancée pour contrôler la clima-tisation, la navigation, le système multimédia et les fonctions de téléphonie. © Volvo
Nouvelle Volvo V60 : Le constructeur suédois est reconnu pour ses habitacles de qualité, à l’ergonomie particulièrement soignée. Le nouveau break V60 inclut un bel écran vertical de neuf pouces, très agréable à l’usage. D’autant qu’il est complété par une fonction de commande vocale avancée pour contrôler la clima-tisation, la navigation, le système multimédia et les fonctions de téléphonie. © Volvo