L’aviation européenne se mobilise pour remplacer les protocoles de quarantaine obligatoire

IATA, ACI-Europe (Airports Council International) et A4E (Airlines for Europe) se mobilisent pour obtenir une harmonisation des conditions de voyage en Europe.

Aéroport de Porto

IATA, ACI-Europe (Airports Council International) et A4E (Airlines for Europe) demandent à l’Union Européenne de rétablir la liberté de déplacements à l’intérieur du continent. Sont notamment visés les quarantaines obligatoires. Alors que le monde entre dans le dernier trimestre 2020, les perspective de redressement du transport aérien restent aussi médiocres. Selon les chiffres de IATA, le trafic aérien de l’Europe a diminué de 66,3 % depuis le début de l’année. Et la tendance reste mauvaise. L’ACI Europe indique qu’au 27 septembre, le trafic de passagers dans l’UE était de 78 % inférieur à 2019.

Le groupe d’action du transport aérien (ATAG) a révélé que l’impact des restrictions liées au covid pourrait entraîner une baisse de 52 % de l’emploi soutenue par l’aviation en Europe, soit environ 7 millions d’emplois. Près de 450 milliards d’euros de retombées économiques disparaîtraient dans la foulée.

Un cadre sanitaire défini et harmonisé en Europe

Le 17 septembre, les trois organismes aériens avaient déjà présenté un cadre pour la mise en place d’un protocole de tests à l’échelle européenne à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Hier, premier octobre, les trois organisations ont réitéré leur demande présentant une proposition pour harmoniser les protocoles sanitaires avant le départ en généralisant les tests passagers. Une procédure qui permettrait de mettre fin aux quarantaines obligatoires et qui varient souvent d’un pays à l’autre. La situation actuelle de quarantaines disparates est décrite comme « impossibles ».

« Soyons clairs dans notre démarche commune. Nous ne dictons pas de protocoles sanitaires particuliers auprès des ministres de la santé de l’UE. Nous ne sommes en effet pas des experts sanitaires même si nous avons un savoir-faire pour appliquer des mesures d’hygiène. En revanche, nous voulons des certitudes, de la prédictibilité pour les voyageurs afin de les rassurer« , explique Virginia Lee, porte-parole de l’ACI.

Selon une enquête, 65 % des voyageurs interrogés conviennent que la quarantaine ne devrait pas être exigée pour des passagers testant négativement au covid-19.

Une urgence: des protocoles simples

Le cadre proposé repose sur deux principes :

  • Des tests doivent remplacés les quarantaines avant le départ, sur la base d’un protocole sanitaire de voyages dans l’UE. Il s’appliquerait de manière cohérente pour les passagers des zones à haut risque de l’UE/Espace Schengen et des pays tiers.
  • Une évaluation commune des risques selon les destinations doit définir les restrictions de voyage. Cette évaluation est la base à des critères de qualification des destinations et du système commun de codage par couleurs proposé par la Commission européenne. On attend encore l’approbation de ce codage par l’ensemble des membres de l’UE pour son application.

Si les tests pré-départs se généralisent pour les voyageurs, il restera aussi à définir de nombreux détails. Doit-on uniquement considérés les tests PCR (avec écouvillon) ou également d’autres formes tels que les tests antigènes? Ces derniers s’avèrent plus simples et plus rapides quant au résultat. Ils permettraient d’apporter une certaine souplesse aux voyageurs. Et être disponibles en aéroport.

Autre difficulté: certains pays exigent un test PCR effectué moins de 48 heures avant le départ, d’autres moins de 72 heures avant. Là encore une harmonisation paraît nécessaire, basé sur des critères réalistes. D’autant qu’en France, il est quasi impossible d’obtenir un résultat sur un test PCR en moins de 48 heures…