Bangkok : Profil éco

Une porte d’entrée idéale en Asie du Sud-Est. Telle est l’image de ce pays de 63 millions d’habitants, point d’ancrage privilégié des investisseurs étrangers, avec un stock d’investissements directs de près de 89 milliards de dollars ; soit plus du tiers du PIB thaïlandais. L’étranger : une notion cardinale pour cette économie ouverte où les exportations mobilisent près des deux tiers du produit intérieur brut, initiant un véritable boom économique dans les décennies 80 et 90.

Le temps de la croissance à deux chiffres est cependant révolu. Après le coup d’arrêt consécutif à la crise financière asiatique de 1997, la rechute actuelle est le principal sujet de préoccupation des journaux, mais aussi des autorités thaïlandaises. Ainsi, en avril, la Bank of Thaïland prévoyait un recul de 1,5 % à 3,5 % du PIB pour 2009 et une baisse du volume des exportations de 17,5 % à 20,5 %. Pour la suite, on ne peut que conjecturer sur la forme de la courbe qui marquera la sortie de crise. Sera-t-elle en V, en L, en U ou en W ?

Dans ce scénario en montagnes russes, l’Europe – et singulièrement la France – ne joue qu’un rôle secondaire. On ne retrouve aucun pays européen parmi les dix premiers pays d’exportation des produits thaïlandais où, derrière le leader américain, se succèdent les voisins et les autres grands acteurs de la zone Asie- Pacifique. Quatrième fournisseur européen de la Thaïlande derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie, la France se contente d’une part de marché de 0,83 %. Désireuse de voir ce chiffre gonfler, la Mission économique de Bangkok a dressé en mars 2009 une liste des secteurs les plus porteurs pour les années à venir : télécommunications, pétrochimie, énergie et surtout transports, avec la construction de nouvelles lignes de métro à Bangkok et le projet de doublement des voies sur le réseau ferré. Le secteur aérien est également visé avec, en ligne de mire, le plan d’équipement de Thai Airways, l’extension de l’aéroport de Suvarnabhumi et la transformation de l’ancien aéroport international, Don Muang, en zone franche de maintenance aéronautique.

Les secteurs d’excellence “traditionnels” de l’économie thaïlandaise continuent cependant d’offrir des opportunités. À côté des produits phares de ce “pays-atelier” (automobiles, biens électroniques, textile…), le secteur primaire représente encore un atout fondamental pour la Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, de thon en boîte et de crevettes transformées. Il en est de même pour le tourisme, avec près de 15 millions de visiteurs en 2007 générant directement une recette égale à 7 % du PIB, et un positionnement jouant de plus en plus sur le haut de gamme ainsi que sur des marchés de niche valorisés : écotourisme, golf, tourisme de bien-être et de santé. Les récents remous politiques ont cependant quelque peu brouillé l’image d’une destination considérée jusqu’ici comme l’une des plus sûres et stables du monde.