Bangkok Silom

De l’enfer au paradis, il n’y a peut-être que quelques millimètres. Bangkok le prouve chaque jour et, selon qu’ils soient confortablement installés dans un petit restaurant au bord de la rivière, ou piétons égarés sur une grande artère un jour de canicule, ses visiteurs peuvent expérimenter toute la palette des sentiments humains : du ravissement le plus exquis à l’extrême dégoût.

Une douche écossaise permanente dont on ne retient étrangement que le meilleur, dans une ville où le surprenant ballet de la tradition et de la modernité continue d’agir comme un aimant.

La modernité, précisément.Qui est l’affaire de Silom et Sathorn, les deux grandes parallèles qui relient la Chao Praya River au parc de Lumphini et où se concentrent la majeure partie des sièges sociaux des grands acteurs économiques du pays ; qu’ils soient nationaux ou étrangers. Silom, Sathorn : les deux symboles les plus évidents de la métamorphose d’une ville passée, en un demi-siècle, de deux à huit millions d’habitants. Une mue qui s’inscrit évidemment dans le paysage.

À la fin des années 70, à Bangkok, une vingtaine de buildings seulement dépassaient les six étages. Au début du nouveau millénaire, on en recense plus de 1 000 et 36 outrepassent même la toise des 150 mètres. Silom et Sathorn sont les stigmates – plus ou moins achevés – de ce nouveau gigantisme où se croisent tous les styles, indigènes et exogènes, présents ou passés, harmonieux ou désordonnés. Un enchevêtrement dans lequel on se déplace difficilement sans quelques points de repère.