La Biélorussie sans vols internationaux

L'atterrissage forcé d'un avion de Ryanair à Minsk en Biélorussie, sous le faux prétexte d'une bombe, se traduit par la suspension de tous les vols internationaux au-dessus du territoire biélorusse. De son côté, la Russie, soutenant son voisin, empêche les compagnies d'atterrir sur son sol si elles prennent un autre itinéraire.
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L'aéroport de Minsk avec un avion de Belarus en 2016 (Photo: Wikimedia Commons)

La Biélorussie va-t-elle s’isoler un peu plus encore qu’elle ne l’est actuellement ? L’une des dernières dictatures de type communiste en Europe est déjà frappée par des sanctions internationales de l’Union Européenne et autres nations occidentales. Mais le détournement d’un avion de Ryanair par les forces militaires et les services secrets constitue un nouveau pas dans la répression d’un Etat paria. Le vol de Ryanair reliait Athènes à Vilnius en Lituanie. Son atterrissage forcé à Minsk sous prétexte d’une bombe à bord a permis l’arrestation d’un dissident au régime.

L’indignation était générale lundi matin en Europe et dans le monde. La Première Ministre de Lituanie Ingrida Simonyte indiquait que cet acte de piraterie d’Etat ne pouvait rester impuni. Elle suggère ainsi que les vols au dessus de la Biélorussie soient désormais interdits, au vu du danger. « Il s’agit de fait de piraterie aérienne, parrainée par l’État« ,  confirmait le ministre irlandais des affaires étrangères, Simon Coveney.

La France a indiqué qu’elle demandait en conséquence à l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) de suspendre le survol international de l’espace aérien de la Biélorussie, mais aussi que l’Union Européenne interdise l’atterrissage de la compagnie locale Belavia. L’interdiction pourrait concerner aussi les liaisons terrestres, par train notamment, entre la Biélorussie et ses voisins de l’UE.

Sur cette carte du site Flightradar24, on voit bien les mouvements d’avions évitant la Biélorussie via le nord et le sud de l’Europe occidentale (Image prise à 10h00 le 28/05/21)

Un conflit qui implique désormais la Russie

Une première compagnie a déjà réagi: Air Baltic a indiqué qu’elle ne volerait, ni ne survolerait plus la Biélorussie. Mardi, Air France-KLM et Lufthansa suspendaient à leur tour le survol du pays. Jeudi 27 mai, 16 vols sur 33 entre Minsk et l’UE étaient ainsi supprimés. Vendredi 28, l’aéroport de Minsk indique la suppression de tous les vols vers l’Allemagne, la Finlande, la Pologne, les Etats Baltes et Prague. Il est peu probable qu’un retour à la normale intervienne rapidement. Au moins jusqu’à la publication d’un rapport de l’Organisation International de l’Aviation Civile fin juin.

Le conflit s’étend désormais au puissant voisin russe. Le pays est monté au créneau pour défendre bec et ongles son allié biélorusse. Les autorités russes ont ainsi retiré leur autorisation de vol à Air France et Austrian Airlines. Air France a du supprimer deux vols sur Moscou, Austrian Airlines un vol. Ce 28 mai, il semble qu’Air France ait de nouveau supprimé son vol. Le gouvernement Poutine a invoqué l’interdiction de prendre une route alternative (via les pays baltes et la Finlande). Aeroflot a également renoncé à rallier Vilnius au départ de Moscou.

(Mis à jour le 28/05/21 à 10h00)