Comment se faire surclasser : la business au prix de la classe économique

Comment se faire surclasser : la business au prix de la classe économique

Porter une tenue impeccable, tendre une carte de membre, décrocher de sympathiques sourires au personnel au sol. Pas mal ! mais pas toujours efficace. Pour augmenter ses chances d’obtenir un surclassement, il aurait fallu s’y prendre plus tôt. Beaucoup plus tôt. Par exemple, en se renseignant dès la réservation sur le taux de remplissage de la classe économique.

Ex-cadre dans l’aérien, aujourd’hui attachée de presse dans le secteur du tourisme, Isabelle raconte : “Les compagnies aériennes ont les yeux rivés sur leur rentabilité. Les avions doivent partir remplis au maximum sur toutes leurs lignes. C’est la consigne, quitte à surbooker. La classe affaires se transforme alors en soupape de sécurité, une sorte de réservoir à trop-plein. Le surclassement n’est donc pas, comme on le croit, une faveur accordée par les compagnies, un privilège réservé à ceux qui connaissent quelqu’un qui connaît quelqu’un… C’est en fait une pratique qui leur rend bien service. Cela dépend aussi de la politique maison : certaines compagnies se montrant nettement plus souples que d’autres… Mais toutes évitent d’abuser du procédé, car à trop surclasser, on risque, à la longue, de dévaloriser le produit business.” Et c’est précisément sur ce produit que la très grande majorité des compagnies mise en ce moment.

Question de saison ou de profil

Réserver un 1er août, en très haute saison, un vol entre Paris et New York, plutôt qu’en novembre, c’est donc augmenter ses chances. Mais cela ne suffit pas. En effet, les transporteurs, qui restent tous très discrets sur leurs pratiques, se montrent plus ou moins généreux selon le profil du passager. Ainsi, un client habitué d’une ligne pourra se faire surclasser sur intervention du service marketing qui fera “un geste commercial” et qui aura aussi pour but de l’inciter à voler davantage sur ses appareils. En revanche, pas de faveur envers ceux qui ont acheté un billet en promotion, ou les personnes accompagnées d’un enfant. Mais cela concerne évidemment assez peu les voyageurs d’affaires… En revanche, il est beaucoup plus facile de surclasser un passager voyageant seul qu’un groupe de collègues se rendant à une même réunion, fut-il très réduit. “Mais bien souvent, lorsqu’il s’agit d’un surclassement au comptoir d’enregistrement, il faut reconnaître que tout cela n’est qu’une question de contact humain.”

Le charme, l’humour… tout y passe, et souvent le surclassement relève du “fait du prince”. En l’occurrence, le chef d’escale.

Chez Air France, on confie cependant qu’un “passager Platinium a plus de chance qu’un porteur de carte Gold. Cela dit, lorsqu’il aura été surclassé une fois, son nom est mémorisé. Il ne sera pas tout de suite surclassé, et on lui préférera un passager porteur de carte Gold. Comment cela se passe-t-il ? Lors de l’enregistrement, l’agent interroge son chef de file qui, lui, a accès aux dossiers des membres de notre programme. Il vérifie si, dans la dizaine de jours, le voyageur n’a pas bénéficié d ‘un surclassement.” Encore faut-il laisser le temps au personnel au sol de s’assurer qu’un plateau-repas supplémentaire est disponible. “Il n’y aura pas de surclassement si la compagnie ne peut assurer la prestation complète en business.” C’est à cette condition que le feu vert est donné. Bon voyage !

Comment se faire surclasser : la business au prix de la classe économique