Communications mobiles : Service encore limité

L’accès aux communications mobiles dans les transports est encore loin d’être satisfaisant. Le train, pourtant relié aux réseaux classiques, n’est pas vraiment un lieu d’échanges faciles. Côté aérien, les investissements nécessaires et le contexte sécuritaire sont tels que l’offre y est plutôt indigente. Pourtant des solutions existent pour surfer sur internet et dialoguer en plein vol.

Le voyageur d’affaires est un utilisateur intensif de communications mobiles. Mais, paradoxalement, ses possibilités se réduisent considérablement dès qu’il est en mouvement. En effet, la téléphonie mobile, voix ou données Internet, ne fait pas vraiment bon ménage avec les transports. Le cas du rail est le plus favorable, car le train traverse des zones couvertes par des antennes relais permettant de rester connecté, que ce soit en GSM ou GPRS, EDGE, 3G et 3G+. Mais quiconque a déjà passé un appel dans un TGV sait qu’il faut s’attendre à être coupé à tout instant, la France étant parsemée de “vides” que la SNCF traverse à grande vitesse.
 D’autre part, les passages de frontières avec Thalys, Eurostar et Lyria ne se font jamais de manière transparente. Car les opérateurs s’arrêtent encore à la douane… et il faut donc subir une coupure pour accrocher un nouveau réseau, encore aggravée en région montagneuse.
 L’autre solution consistant à utiliser un réseau wi-fi généré par le train même, est encore balbutiante. La SNCF l’a proposée en test sur le TGV Est, mais on n’attend pas de déploiement avant 2011. Idem pour Lyria, et encore était-ce sur la ligne Paris-Bâle- Zurich. Rien pour le reste de la Suisse avant 2013. Il faut se tourner vers Thalys pour obtenir un service, au débit non garanti et non précisé. Bref, mieux vaut encore s’en remettre à son opérateur télécom, sa couverture réseau et ses partenaires de roaming.

Cabine d’avion muette

 Cela dit, cette situation est tout de même plus confortable que les possibilités offertes par l’avion. Même si les services au sol ne souffrent d’aucun reproche, les aéroports et leurs environs étant couverts en 3G+ dans sa variante la plus rapide (le HSDPA 7.2 dont le débit est le double de la 3G+ la plus répandue). Mais dès la fermeture des portes des avions, tout change. La carlingue est une zone hors limites pour les mobiles ainsi que tout appareil électronique, car on craint les interférences. À l’heure où la prudence est de mise par peur des incidents, les mentalités se sont réellement pliées à ces contraintes.

 Dans ce contexte, il existe pourtant des offres permettant d’utiliser un mobile à bord et même le wi-fi. Ces offres ne sont pas nouvelles, Lufthansa et Singapore Airlines ayant lancé un programme d’expérimentation, dès 2004, avec Connexion By Boeing. Mais cette filiale de l’avionneur a fait faillite, laissant un vide et un mauvais souvenir chez les quelques compagnies qui s’étaient lancées dans l’aventure. OnAir, une filiale d’Airbus, est également présent sur le créneau, ainsi qu’Aeromobile : les communications passent par des satellites et sont facturées à un prix spécial hors forfait. Elles ne font courir aucun risque à l’appareil.

Adoption au ralenti

 À ce jour, même les long-courriers restent très minoritairement équipés. Emirates, Oman Air et même Ryanair ont déployé des offres de connexion à bord de manière significative, mais font figure d’exception. Et encore ne permettent-ils pas une utilisation fluide d’un téléphone mobile ou d’une messagerie électronique, les facturations à l’acte, et non au forfait, restant dominantes. Air France se réserve pour l’A380, encore secret. Lufthansa se cherche un nouveau prestataire. British Airways se concentre sur ses liaisons Londres-New York. Quant aux compagnies du Golfe, elles se tâtent… Dans tous les cas, il faut oublier le haut débit, les passagers étant plutôt incités à utiliser intelligemment la bande passante existante, parcimonieusement disponible.

 Au regard des autres efforts déployés pour augmenter le confort des passagers, la téléphonie en vol fait figure de nuisance. Nombre de compagnies citent des témoignages d’utilisateurs ne souhaitant simplement pas que le service soit disponible à bord pour des raisons de tranquillité, en particulier sur les vols de nuit.
 D’autre part, la tarification prohibitive des téléphones de bord (jusqu’à 27 dollars la minute) est difficile à abandonner. L’espoir vient peut-être des États-Unis, pourtant moins en avance que l’Europe en matière de communications nomades.

L’Amérique en pointe

 Les motivations sont différentes dans un pays qui ne connaît quasiment pas d’alternative à l’avion en matière de transport et où la mobilité est très forte.
 American Airlines, Delta Airlines, United Airlines et Virgin America ont ainsi adopté le système de réseau wi-fi en vol de l’opérateur Aircell, nommé Gogo. Il est accessible via le portail www.gogoinflight.com, où l’on peut prépayer sa connexion Internet sans fil en vol. Le tarif est le même pour tous les trajets où le service est disponible. Et il écarte volontairement la connexion voix, réglant d’un coup la question de la tranquillité à bord.
 Si certains voyageurs considèrent qu’on ne peut se passer d’un accès Internet pour un trajet Boston-Los Angeles ou New York-Las Vegas, il devrait en être de même sur un Paris-Shanghaï ou Londres-Hongkong. On en est encore loin.