Interview d’Yves Laplace, propriétaire de l’hôtel Djoloff

Infrastructures, tourisme : Yves Laplace, propriétaire de l'hôtel Djoloff, décrit l'évolution de Dakar en tant que destination affaires.
L'hôtel Djoloff

Quels sont les principaux changements dont vous avez été le témoin à Dakar en quinze ans de résidence ?

Yves Laplace – Je dirais qu’il y en eut deux principaux. Au niveau des infrastructures routières, les changements ont été importants et positifs. La construction de la route de la Corniche, qui relie le centre de Dakar à l’aéroport avec 4 voies, a permis de désengorger le centre de la capitale. Cela a été vraiment significatif bien qu’assez contraignant pendant la durée des travaux. Il y a eu aussi des aménagements à l’intérieur de Dakar, des bitumages et des aménagements de parkings.

La deuxième modification importante, mais moins positive, c’est la construction mal contrôlée d’immeubles pas toujours esthétiques ni conformes aux règles d’urbanisme. Nous avons vu une transformation en hauteur de Dakar qui était une ville plutôt de maisons et de villas basses en une panoplie d’immeubles, y compris dans les quartiers résidentiels. Il y a eu une protection des bâtiments anciens, mais plutôt dans le sens d’un maintien de leur existence que dans une démarche de rénovation.

Comment a évolué le tourisme d’affaires ?

Y.-L. – Mon hôtel compte une trentaine de chambres et nous avons principalement une clientèle d’affaires et d’organisation non gouvernementales, d’ambassades, avec une forte proportion de clientèle internationale plutôt anglo-saxonne, scandinave et européenne. Dans ce créneau de petit hôtel qui s’est fait une image de marque auprès de cette clientèle, nous avons connu une progression constante de la fréquentation. D après ce que je constate auprès de mes confrères, ils ont connu la même évolution, largement positive pour les hôteliers de Dakar. C’est d’ailleurs confirmé par tous les hôtels qui se construisent, de différentes catégories, du trois au cinq étoiles.

Le nombre d’expatriés a d’ailleurs aussi tendance à augmenter. A côté des ‘Senegaullois’, les Français là depuis des décennies, s’ajoutent des coopérants, le personnel de sociétés européennes et d’ONG qui appuient les autorités, avec une forte proportion d’européens hors français – Espagnols, Italiens, pas mal d’anglo-saxons et bien sur une communauté chinoise qui est assez visible. Il faut dire que Dakar est une capitale agréable a vivre et relativement sûre, en comparaison d’autres villes africaines.

Le développement des infrastructures vous semble t-il en adéquation avec cette croissance du tourisme d’affaires et du nombre d’expatriés ?

Y.-L. – Si je compare à d’autres capitales africaines en Afrique centrale ou de l’Ouest, je trouve que le Sénégal est bien doté. On y circule aisément, y compris dans la capitale. En dehors de Dakar et pour accéder aux zones touristiques, l’autoroute constitue un progrès très important. Aéroport, autoroutes, aménagements de réseaux intérieurs dans la capitale : cela me semble tout à fait positif. Ces autoroutes vont notamment desservir le nouvel aéroport de Dakar qui va remplacer l’aéroport actuel Léopold Senghor proche de la ville. Ce nouvel aéroport, international situé à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, sera adapté à une forte augmentation du trafic, y compris en ce qui nous concerne, dans le trafic de voyageurs, de touristes et d’hommes d’affaires. Il aura l’avantage de desservir les zones touristiques côtières ainsi que la capitale, avec un projet de train express régional qui reliera Dakar à l’aéroport.