Egypte Au-delà des pyramides et des pharaons

Même si l’Égypte antique n’a pas été totalement exclue de ce court séjour – comment le pourrait-on ? – c’est tout de même vers une découverte du Caire et d’Alexandrie contemporains que les organisateurs se sont orientés.

Le Caire

La mégapole arabe

C’est un choc, une tourmente… C’est une épreuve que ce Caire grouillant de ses 20 millions d’habitants, qui courent et ne dorment jamais. C’est une fascination que cette cité. Avec sa poussière grise qui recouvre tout, ses minarets par centaines et ses muezzins à décibels, ses embouteillages et ses klaxons, ses voies express rasant les balcons du troisième étage des immeubles, ses ânes et ses mulets, ses pauvres très pauvres et ses riches très riches derrière les doubles vitrages des somptueuses demeures installées sur les îles du Nil. Car il est là, le fleuve royal, à traîner ses lourdes eaux, à arriver dans la capitale égyptienne après plus de 6700 kilomètres, à rejoindre son delta et, ouf, la Méditerranée. La mégapole des mégapoles arabes se mérite. Mais si l’on arrive à se faire à son rythme, quelle ville ! quelle tranche de vie !
Khan el-Khalili, le plus grand souk d’orient
Harassant, bruyant, exténuant… mais aussi coloré, odorant, secret, amusant, bon enfant… Le Khan el-Khalili, fondé au XIVe siècle, est l’un des plus anciens bazars du Moyen Orient. Il est certes très fréquenté par les touristes – surtout dans sa partie joaillerie –, mais il offre, à qui sait les trouver, de vraies scènes d’authenticité, notamment au premier étage des boutiques, là où les artisans, souffleurs de verre et autres dinandiers exercent leur art, comme le faisaient leurs ancêtres au Moyen Âge. On trouve de tout dans ce souk-là, des égyptienneries kitsch, mais aussi des petits objets de très bon goût qui ne dépareront pas, plus tard, un intérieur occidental. Et puis, à l’entrée, à une venelle de la place el-Hussein, il y a le café Fishawi, l’un des plus vieux du Caire, l’un des plus beaux aussi, ouvert 24 heures sur 24 depuis 200 ans. Sûr que ses vieux miroirs piqués pourraient en raconter, des choses ; mais, discrets, ils se contentent de refléter l’âme du vieux Caire avant de disparaître derrière les volutes des narguilés.

Alexandrie
La nostalgie

Passons Alexandre le Grand, passons la bibliothèque, le phare, Cléopâtre, ses amants et son palais… Passons donc sur l’histoire du monde antique, aussi sublime fut-elle en ces murs. Pour l’heure, laissons-nous griser par le vague à l’âme alexandrin, la nostalgie qui flotte ici, aussi bien sur la corniche longeant la mer sur 20 km que dans les rues de la deuxième ville d’Égypte. À l’évidence, ce sont les années 30 qui vivent là. Des années fastes et cosmopolites, grecques, italiennes, françaises, anglaises, arméniennes ou juives… Elles se déclinent aujourd’hui dans de fort beaux restes de cafés Art déco comme le Trianon ou Pastroudis ; de salons de thé comme Délices et Athénios ; de pharmacie “suisse” ou encore de grands hôtels historiques comme le Cecil ou Windsor Palace Hotel, où l’on sent bien qu’on a dû drôlement y rigoler, autrefois.

Alexandrie, merveille du monde antique

L’antique bibliothèque ? Brûlée. Le phare merveille du monde ? Détruit par un tremblement de terre. Le palais de Cléopâtre ? Disparu sous les eaux… Il ne reste pas grand-chose de la merveilleuse cité méditerranéenne, rivale de Rome. Si, tout de même ! Le ravissant théâtre romain de Kom al-Dikka ; la colonne de Pompée, qui supportait une statue de l’empereur Dioclétien et, juste à côté, les catacombes de Kom Ash- Shuqqafa, creusées au IIe siècle avant Jésus-Christ et qui abritent plus de 300 tombes. Mais surtout… l’archéologie sous-marine a permis de reconstituer la cartographie de l’Alexandrie de l’époque de Cléopâtre aujourd’hui enfoncée de six à huit mètres sous la mer. Les plus téméraires s’essaieront à la plongée sur le site même en s’adressant à la petite agence Alex Dive. Et des projets de musée sous-marin sont en ce moment même à l’étude.