Escapade Ayutthaya : plongée d’un jour dans la Thaïlande ancienne

Que faire lorsqu’on ne dispose que d’un jour ou deux pour sortir de Bangkok, un temps trop court pour rejoindre les plages sublimes de Krabi, Phuket ou Koh Samui ? D’aucuns diront qu’il y a Pattaya, mais soupireront aussitôt après en avoir prononcé le seul nom… L’option la plus agréable, certes sans sable blanc, se situe à 85 kilomètres au nord de Bangkok, en pleine verdure. Il s’agit d’Ayutthaya, l’ancienne capitale du Siam, fondée au milieu du XIVe siècle.

Ayutthaya
Dans les racines d’un banian, une tête de Bouddha énigmatique. Une allégorie du divin présent partout dans la nature ou de la nature qui reprend ses droits sur le temps des hommes ?

S’y rendre, c’est déjà l’aventure. Le mieux est de prendre un train à la gare centrale de Bangkok pour contempler pendant une heure et demi un paysage urbain qui se noie peu à peu dans le vert. Une heure trente pour parcourir 85 km en « Special Express Train »… et pour l’équivalent de 50 centimes ! À l’arrivée, le train dépose les voyageurs à même la voie ferrée, devant une petite gare où les taxis n’existent pas, mais où des tuk-tuks attendent sagement le chaland. On s’installe à l’arrière, direction le Sala Ayutthaya, le seul boutique hôtel design ouvert en 2014. Le parcours est plaisant, longeant des gargotes en bordure de route. On se réjouit surtout des sites archéologiques que l’on remarque aussitôt et qui parsèment la ville nouvelle.

Ayutthaya
Le Wat Chai Watthanaram, un des temples les mieux conservés d’Ayutthaya. © Ludovic Maisant

Entrée en 1991 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, Ayutthaya fut la deuxième capitale du Siam, après Sukhothai. Stratégiquement posée sur une île entourée de trois rivières, elle prospéra entre les XIVe et XVIIIe siècles. À égale distance entre l’Inde et la Chine, son pouvoir et son rayonnement furent consolidés par le vide laissé par Angkor après sa chute, au XVe siècle. On raconte que la cour royale d’Ayutthaya recevait alors des ambassadeurs du monde entier, venus d’aussi loin que Versailles ! Mais les Birmans la détruisirent en 1767, ravageant par le feu la centaine de temples et de palais. Ayutthaya mourut. Ainsi naquit Bangkok.

Ayutthaya
Le bouddha couché du Wat Yai Chai Mongkhon, toujours vénéré aujourd’hui. © Ludovic Maisant
Ayutthaya
Sur les bords du Chao Praya, l’hôtel Sala offre une vue contemplative sur l’ancienne capitale du Siam, construite sur une île. Au loin, la ville nouvelle. © Ludovic Maisant

Aujourd’hui, une escapade dans cette capitale d’autrefois est une plongée dans la Thaïlande ancienne. On y va en flânant parmi les stupas et les prangs, ces tours reliquaires des monastères bouddhistes. En fin d’après-midi, passées les chaleurs écrasantes, les lieux sont d’une grande poésie. Et surtout peu fréquentés, les touristes privilégiant sans doute des destinations plus lointaines, Sukhothai ou Chiang Mai. Alors on musarde entre les ruines – dont beaucoup sont en rénovation –, on observe le geste minutieux des archéologues raviver un Bouddha en méditation. On pointe sur la carte à son chauffeur de tuk-tuk le numéro du temple que l’on veut voir, meilleur moyen pour éviter les confusions lorsqu’on ne parle pas thaï… Ces temples sont tous admirables, bien que plus au moins endommagés. Mais s’il en est un à ne pas manquer, c’est le Wat Mahathat. C’est là où, prise dans les racines d’un ficus sacré, surgit une tête de Bouddha au large nez et aux yeux mi-clos. La légende raconte qu’un pilleur l’aurait cachée au pied de l’arbre et qu’il l’aurait oubliée. Bouddha et le Bodhi Tree, dont les teintes sont si étonnamment proches qu’on les croirait faits l’un fait de l’autre, mêlés pour l’éternité…

S’y rendre

Depuis la gare centrale de Bangkok, environ un train toutes les 30 minutes. www.railway.co.th

Où dormir

Sala Ayutthaya : salaresorts.com/ayutthaya