Trafic divisé par 4 à l’EuroAiport Bâle-Mulhouse en 2020

L'Euro-airport Bâle-Mulhouse a vu son trafic passagers reculer de 2019 à 2020 de 9,1 à 2,6 millions, une situation unique dans l'histoire de la plate-forme franco-suisse. Qui pourtant reste prudemment optimiste sur le long-terme.
Euroairport Bâle-Mulhouse vers 2010 (Photo: DR)

L’EuroAirport Bâle-Mulhouse a vu son trafic fortement affecté par la pandémie. Selon la direction de l’aéroport, La plate-forme a retrouvé des niveaux de trafic l’an passé comparable à ceux enregistrés en 1997.

En 2020, 2,6 millions de passagers sont ainsi passés par l’aéroport franco-suisse, une chute de 71%. Le taux de remplissage des vols a chuté de plus de vingt points à 62%, tandis que le nombre de compagnies régulières passait de 25 à 13.

« Même au plus fort de la crise qui avait marqué la disparition de Swissair, nous n’avions enregistré un tel recul », constate Mathias Suhr, Directeur Général de l’EuroAirport.

L’année 2001 avait en effet vu la disparition de la compagnie Swissair puis de Crossair, qui s’était portée à la rescousse du transporteur national helvétique. Crossair était alors le transporteur principal à Bâle avec un hub desservant une soixante de villes. Le trafic de la plate-forme franco-suisse avait alors perdu 40% de passagers entre 2001 et 2003.

2020 a été exceptionnelle à tous les égards. Elle a par exemple bouleversé les courants de trafic traditionnels.

Dans le top 5 des destinations les plus fréquentées en 2019, on trouvait Londres, Amsterdam, Berlin, Istanbul et Barcelone. L’an passé, Pristina et Istanbul ont attiré le plus de passagers, loin devant Londres, Amsterdam et Berlin. « La montée en puissance de Pristina et d’Istanbul tient aux faibles restrictions imposées aux voyageurs ainsi qu’à un marché d’origine ethnique très important dans la région », explique Frédéric Velter, Direceur Général adjoint de l’EuroAirport.

Cependant, Easyjet conserve sa première position avec 58% de part de marché -une baisse de deux points- suivi de Wizz Air. Cette dernière affiche une hausse de quatre points avec 11,7% de part de marché.

Aucune visibilité pour l’avenir

Cette fois-ci, la crise est plus profonde et surtout une reprise reste encore lointaine selon les dirigeants. « Le transport aérien reprendra mais les comportements vont changer. Plus de temps sera par exemple nécessaire à la reprise du voyage d’affaires », estime la direction de l’aéroport.

Selon Matthias Suhr, il est en fait quasi impossible d’établir des pronostics sur une reprise. « Il existe un manque total de visibilité. C’est pourquoi nous travaillons sur trois scénarios de trafic passagers. Ils s’échelonnent entre trois et cinq millions de passagers pour 2021. Et ils dépendent de la diminution des restrictions et de la rapidité de la vaccination ».

L’EuroAirport s’attend ainsi à un trafic passagers extrêmement réduit au premier trimestre, fév’rier se profilant comme l’un des mois les plus difficiles.

La baisse du trafic a en revanche un effet sur les investissements de l’aéroport. Le projet de modernisation de l’aérogare a été suspendu en décembre dernier, un agrandissement des capacités semblant aujourd’hui surréaliste.

En revanche, la planification de la ligne et gare ferroviaire sur l’aéroport n’est pas remise en question. Mais il est vrai que le projet de raccordement de l’aéroport au réseaux régionaux ferroviaires en Alsace et à Bâle accuse plus d’une décennie de retard…