Feng Shui : la clé de la réussite

Depuis la mezzanine surplombant le lobby du Grand Hyatt, l’œil aiguisé repère le crabe géant, aux yeux formés par deux spectaculaires lanternes et aux pattes de marbre foncé.

Ce crustacé est un symbole Feng Shui, autant capable de chasser les mauvaises énergies que d’attirer les bonnes. Aujourd’hui, plus d’un Hongkongais sur trois est convaincu que le Feng Shui, cette méthode géomantique vieille de 4000 ans, fait des miracles. Et pas un hôtel ne se passerait des services d’un maître qui, lors du Nouvel An chinois, vient rééquilibrer les éléments vent (feng), eau (shui), mais aussi terre, bois, feu et métal.

“Le Feng Shui est un moyen redoutable d’augmenter la productivité”, explique le maître Alex Yu en soulignant qu’il s’agit là, non pas d’une religion, mais bel et bien d’un outil quasi mathématique. Aussi n’est-il pas rare de rencontrer un couple de statues de lions mâle et femelle – les énergies yin et yang – montant la garde à l’entrée des palaces comme des grandes banques. À Hong Kong, le bâtiment le plus Feng Shui, c’est d’ailleurs le siège de la banque HSBC, protégé par une colline à l’arrière – le “dragon protecteur” – et par de hauts immeubles à gauche et à droite, symbolisant le yin et le yang. Devant, le Victoria Harbour représente l’élément eau, nécessaire à la fluidité, à la circulation des biens. L’usage du Feng Shui dans les affaires aurait aussi de multiples bienfaits : employés plus efficaces, harmonie des relations, bénéfices en hausse. Aussi, beaucoup d’entreprises “fengshuisent” les bureaux des dirigeants. Quelques principes de base : mettre de l’ordre sur sa table de travail, se procurer un siège à dossier haut (colline ou dragon) pour protéger sa nuque des influences néfastes. On évitera aussi de se placer dos à une porte. On préférera un mur. Feng Shui oblige !