Florence Bourgeois : révélatrice de talents

Aujourd’hui directrice du salon Paris Photo, Florence Bourgeois a occupé auparavant plusieurs fonctions financières et marketing au sein du groupe LVMH et a été directrice générale du PAD (Pavillon des Arts et du Design). Elle est également historienne de l’art.

© Paris Photo, Jérémie Bouillon, 2015.
Florence Bourgeois, Directrice du salon Paris Photo © Paris Photo, Jérémie Bouillon, 2015

« J’ai eu la chance d’avoir été élevée dans le goût du voyage par mes parents qui tenaient à ce que nous soyons curieux et confrontés à d’autres environnements. Mon père était un passionné de déserts, il en appréciait l’immensité, la sérénité et l’authenticité. Il nous a fait découvrir l’Afrique du Nord, l’Algérie en particulier, jusqu’à Tamanrasset. Nous allions à la rencontre des tribus touarègues. Et dormions souvent sous les étoiles, car papa avait même aménagé un lit sur le toit de sa Toyota ! Avec mes parents et mes frères, nous avons également parcouru les parcs nationaux des États-Unis. Le voyage est donc ancré en moi et c’est ce que j’ai absolument voulu transmettre à mes enfants : leur donner la curiosité de découvrir de nouveaux horizons, cultures et modes de vie. C’est l’une de mes priorités éducatives que de les emmener voir l’ailleurs.

Quand j’ai commencé à travailler après mes études, j’ai fait un stage de trois mois au Panama ; j’avais une vingtaine d’années et j’étais en immersion totale, sans connaître personne, vivant dans une famille panaméenne. Étant assez débrouillarde, je n’ai jamais eu peur. La curiosité et l’autonomie m’ont permis de découvrir les beautés naturelles du pays. Quelque temps plus tard, j’ai fait un autre stage de deux mois en Israël et je n’ai pas hésité à me rendre dans le Sinaï, même si c’était un peu risqué. J’ai toujours eu cette soif de découvrir des lieux chargés d’histoire et de culture, d’être au plus près de la vie quotidienne des populations locales.

Avec tous les miens, nous avons voulu connaître des horizons plus lointains, surtout en croisière parce que j’aime la mer. Nous sommes allés cinq fois en Polynésie, dans les Grenadines et les îles Vierges britanniques. Sur les océans, on est complètement déconnecté, en harmonie avec une nature brute et foisonnante. On découvre l’authenticité des peuples rencontrés. Et on peut faire un repas complet à base de noix de coco !

Pendant les dernières vacances de Noël, je suis partie avec mes quatre enfants en Australie. Mais, en raison d’une météo exécrable sur la Grande Barrière de corail, j’ai du annuler ce programme et nous avons mis le cap sur l’Outback, le cœur rouge du continent, où vivent les Aborigènes. Les paysages sont arides, la montagne sacrée d’Uluru impressionnante. Nous sommes descendus jusqu’à Kangaroo Island pour admirer la faune locale. Nous n’avions pas d’hôtels réservés, alors une nuit nous avons dormi dans la voiture, mais nous avons tous aimé ce côté road-trip. L’important dans un voyage, c’est de partager, de s’évader, de se retrouver face à des situations inhabituelles… ainsi, tous ces souvenirs que l’on se crée, hors de la routine habituelle, restent gravés en nous à jamais.

J’aime beaucoup être dans les aéroports, c’est toujours une promesse de découvertes

Ma terre de prédilection, c’est la Bretagne, c’est mon ancrage, à la fois mon berceau et mon refuge ; l’endroit où nous nous retrouvons en famille et avec nos amis. Le climat y est sain, et j’y fais des cures de poissons et de crustacés ! Et beaucoup de bateau, de Belle-Île à Hoëdic ou dans le golfe du Morbihan. C’est toujours un prétexte pour retrouver des amis, marcher et se baigner dans une eau vivifiante !

J’ai beaucoup voyagé professionnellement, en particulier dans le cadre de mon activité dans le milieu de l’art. J’ai visité les foires d’art autour du monde, pour découvrir de nouvelles galeries. Je me suis aussi rendue dans des endroits qui me fascinaient… Comme l’île de Naoshima au Japon qui héberge plusieurs musées d’art contemporain, où l’on retrouve à la fois l’harmonie, la paix, la mer toujours, la beauté des œuvres in situ, la communion avec la nature. La sobriété et le bon goût sont de mise, les bâtiments réalisés par l’architecte Tadao Ando sont d’une grande sobriété de lignes, et leur orientation permet de contempler le coucher du soleil sur la mer. Sur l’île voisine de Teshima, j’ai ressenti une émotion considérable devant une autre architecture en béton, le Teshima Art Museum, en forme de goutte d’eau, qui accueille l’œuvre unique Matrix de l’artiste japonais Rei Naito, minimale et puissante.

Il y a quelques semaines, depuis Arles où je me suis rendue pour les formidables Rencontres de la Photographie, j’ai passé le week-end dans le Midi parce que j’avais à cœur de découvrir des lieux déjà iconiques de cette région. J’ai notamment été à la Fondation Bernar Venet, petit coin de paradis mêlant art minimal et conceptuel, et chez Jean-Gabriel Mitterrand, au Muy, où la garrigue dévoile des sculptures monumentales comme celle de Franck Sobrino, totalement en symbiose avec la nature. J’ai terminé au château La Coste, endroit sublime au milieu des  vignes, où chaque œuvre d’art trouve sa place, dans un paysage merveilleusement reposant, avec, en point d’orgue, au sommet de la promenade, la chapelle de Tadao Ando et la croix en verre rouge de Murano de Jean-Michel Othoniel. J’y ai vécu des moments magiques et d’une grande quiétude. »

 

SES DATES-CLÉS :

  • 1987 : séjour de 3 mois au Panama
  • 1997 : entrée chez LVMH, direction du Contrôle de gestion international
  • 2006 : diplômée de l’École du Louvre et d’une licence en Histoire de l’art à la Sorbonne
  • 2012 : directrice générale du PAD Paris et PAD London
  • 2014 : directrice de Paris Photo
Paris Photo, 20e édition. 180 galeries et éditeurs qui représentent un panorama le plus complet possible du paysage de la photographie, de ses origines à nos jours. Une grande exposition The Pencil of Culture, retraçant 10 ans d’acquisition du Cabinet de la Photographie du Centre Pompidou, de Richard Avedon à Marc Riboud en passant par Valérie Belin ou Andreas Gursky. Également des conversations et des rencontres, des signatures d’artistes.

Du 10 au 13 novembre. Grand Palais. Avenue Winston Churchill, 75008 Paris. parisphoto.com