Hôtellerie : une année record malgré les mouvements sociaux 

Présentés par Deloitte in extenso, les résultats de l'hôtellerie française en 2018 démontrent l'excellente tenue du secteur. Et cela, malgré les grèves et le mouvement des gilets jaunes.

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L'hôtellerie parisienne a battu des records, malgré un mois de décembre perturbé par le mouvement des gilets jaunes. © Paris Tourist Office - Photographe : Marc Bertrand

Et pourtant elle tourne, l’hôtellerie française. Dans un climat social agité, elle a même battu des records en 2018. Grèves à la SNCF et chez Air France au printemps, mouvement des gilets jaunes en fin d’année : tous ces éléments n’ont pas empêché l’industrie d’afficher une nette croissance de son revenu par chambre (+6,4 %) selon le cabinet Deloitte In Extenso. Alors qu’en 2017, les hôteliers avaient adopté une stratégie pondérée face au rebond de la fréquentation, le maintien des taux d’occupation à la hausse en 2018 (+1,4 pt) s’est traduit par une progression sensible des prix moyens (+4,9 %). Paris et province confondus, du segment milieu de gamme à l’hôtellerie de luxe, la croissance du revenu par chambre atteint ou dépasse les 7 %. Disposant de moins de marge de manœuvre en matière tarifaire, l’hôtellerie économique a enregistré une hausse de 5,4% en 2018.

Longtemps locomotive du secteur, l’hôtellerie parisienne avait laissé ce rôle aux établissements de province à la suite des attentats de 2015. Mais, après un mieux déjà constaté l’an dernier, elle a retrouvé toute sa superbe avec un RevPAR en hausse de 11,6 %, la fréquentation s’approchant ou dépassant les 80 % en moyenne. Le chiffre d’affaires des établissements de la capitale a de ce fait retrouvé son niveau de 2014, à l’exception des palaces où la concurrence est de plus en plus importante. L’offre de chambres s’est accrue de 33 % entre 2014 et 2018 avec l’inauguration du Peninsula en 2015, puis les les réouvertures du Ritz, du Crillon et plus récemment du Lutetia. A noter aussi, la bonne santé de l’hôtellerie en périphérie parisienne qui constate une tendance haussière depuis 2014 (+11%), aidée en cela par une demande affaires en progression.

Quoi qu’il en soit, ce sont évidemment les segments supérieurs, haut de gamme et luxe, qui ont le plus profité de ce regain de forme. L’activité a été portée aussi bien par le tourisme d’affaires que par la clientèle loisirs internationale et des événements porteurs tels le salon de l’automobile et la Ryder Cup de golf. Dès lors, les établissements quatre et cinq étoiles ont pu adopter une politique tarifaire ambitieuse. Le prix moyen a ainsi enregistré une progression de 9 % de hausse tous segments confondus. L’hôtellerie parisienne aurait pu sans doute pu aller plus loin encore sans les multiples “actes” des gilets jaunes. Les établissements haut de gamme, pour beaucoup concentrés autour des grands magasins et des Champs-Elysées, ont de ce fait enregistré une chute du chiffre d’affaires de 4 % en décembre.

Autre mouvement social d’ampleur en 2018, les grèves à la SNCF et chez Air France ont perturbé les déplacements au deuxième trimestre. Ce qui a eu un impact sur la performance des établissements de province, mais n’a pas cassé la dynamique positive constatée depuis plusieurs années et entretenue par la clientèle affaires et congrès en premier lieu, mais aussi par des politiques touristiques ambitieuses de la part des métropoles régionales. Parmi les métropoles les plus en forme l’an dernier, Rennes, Nice et Nantes ont enregistré une croissance du chiffre d’affaires hôtelier autour de 8 %. Lyon et Bordeaux, qui n’ont pas pu profiter d’événements porteurs tels le SIRHA et Vinexpo, ont pour leur part connu une progression plus limitée du revenu par chambre, Lille et Marseille étant en retrait en 2018.

La croissance connue en 2018 devrait se poursuivre mais à un rythme moins élevé en 2019. Deloitte In Extenso table sur une progression du chiffre d’affaires hôtelier comprise entre 2,8 % et 4,2 %. Dans le détail, le RevPar de la catégorie luxe devrait enregistrer une croissance comprise entre 4 % et 5,5 % et celui de la catégorie haut de gamme entre 3,5 % et 5 %. Le milieu de gamme devrait lui aussi continuer d’avoir une croissance affirmée, comprise entre 2,5 % et 4,0, de la même manière que l’hôtellerie économique.