French bee redécolle en misant sur les USA

French bee vient d’ouvrir un vol vers Los Angeles, avant Miami cet hiver. Elle disposera de six appareils A350 à cette date afin de poursuivre son développement porté par la reprise du trafic aérien international.
French bee
"Après deux années de pandémie, l'été est celui d'un retour des voyages à l'international", explique Sophie Hocquez, directrice commerciale de French bee (©Arnaud Gaulupeau)

Le 30 avril dernier, French bee inaugurait à Orly la ligne Paris-Los Angeles en Airbus A350-900, sa nouvelle route vers les Etats-Unis après New York ouverte en juillet 2021, San Francisco en 2018 (avec prolongation possible du voyage jusqu’à Papeete) et Punta Cana à sa création en 2016. L’ouverture de Miami suivra en décembre prochain. A cet horizon, la compagnie recevra également son second A350-1000, de plus grande capacité (480 passagers dont 40 en Premium), qui sera comme le premier positionné sur la desserte de l’île de la Réunion. Après deux années difficiles marquées par des baisses d’activité de 50% en 2020 et 40% en 2021 (comparé à 2019), la low-cost long courrier du groupe vendéen Dubreuil reprend ainsi de l’altitude. « Après deux années de pandémie, l’été est celui d’un retour des voyages à l’international pour nos clients. Les lignes vers les USA connaissent une forte demande car les Français n’ont pu y voyager depuis 2020. Sur Papeete, que nous n’avions pas opéré depuis mars 2020 via les USA [remplacé par une escale à Vancouver durant la Pandémie], la demande est supérieure à celle de 2019« , se félicite Sophie Hocquez, la directrice commerciale de French bee. Si la clientèle est quasi exclusivement loisir en classe économique, les passagers affaires privilégient la Premium, essentiellement issus de PME-PMI, de cabinets indépendants, des professions libérales… Afin de faciliter leurs pré-acheminements, French bee dispose d’accords Train + Air avec la SNCF jusqu’à la gare de Massy TGV, ainsi qu’avec les compagnies Chalair, Amelia et Air Corsica en correspondance sur l’aéroport d’Orly.

AirbusSa jeune flotte de cinq A350 constitue un avantage dans la période actuelle marquée par l’envol des prix des carburants. Grâce à la performance de ses nouveaux moteurs Rolls-Royce (des Trent XWB pour les connaisseurs), à son aérodynamisme et à la forme de ses ailes, cet appareil permet une baisse de 25% de sa consommation comparé aux avions de précédente génération mais aussi des coûts d’exploitation et des émissions carbone. Cet atout ne sera cependant pas suffisant pour que le groupe aérien que constitue French bee avec sa grande sœur Air Caraïbes retrouve la voie de la profitabilité en 2022, le kérosène pesant en effet un quart de ses coûts. « Nous avons répercuté une partie de l’augmentation des carburants sur nos tarifs mais cela ne représente pas la totalité de l’augmentation des coûts que nous subissons« , ajoute Sophie Hocquez. Une différence liée à la concurrence entre transporteurs sur les destinations desservies.

Un voyage en solo pour l’instant

Avec Air Caraïbes et French bee qui représentent 25% de son activité, le groupe Dubreuil possède 17 avions ce qui en fait aujourd’hui un acteur de poids dans le ciel français. Une activité dont il entend poursuivre le développement malgré l’échec du rapprochement avec CGA-CGM, le transporteur maritime marseillais ayant préféré prendre 9% d’Air France-KLM dans le cadre de sa nouvelle augmentation de capital. « Nous pouvons vivre sans cet accord« , nous avait toutefois confié il y a quelques mois Marc Rochet, le directeur général d’Air Caraïbes/French bee, lorsque des interrogations se faisaient déjà jour sur l’aboutissement de ce partenariat.

Voyages d’Affaires a testé l’A350-900 sur Paris-Los Angeles

French bee dessert Los Angeles depuis Paris-Orly avec une moyenne de trois vols hebdomadaires (jusqu’à six cet été). Appareil récent, l’A350-900 possède 411 sièges dont 35 en Premium. Le confort est optimum, ces sièges offrant une large assise de 48 cm, un espacement de 92 cm avec pour son inclinaison (16 degrés), un repose-pieds et jambes, et un appui-tête ajustable. Durant les 11h de vol, les passagers de cette classe de voyage font l’objet d’un service attentionné marqué par la distribution d’un welcome drink (avec champagne), de serviettes chaudes, d’un repas chaud et d’un snack ou petit-déjeuner selon le sens du trajet. Pour travailler, le passager dispose de prises PC et USB et d’un réseau wifi optionnel accessible via quatre forfaits : 4$ pour 10Mo, 9$ pour 50Mo, 17$ pour 100Mo et 29$ pour 200Mo. Celui-ci fonctionne plutôt bien malgré de petites coupures de connexion parfois durant le voyage. Outre un portail de divertissements (avec films récents, séries, musique, jeux…) utilisable via l’écran tactile de 30 cm intégré au siège de devant, une tablette est prêtée en début de vol pour lire la presse quotidienne, des magazines et une sélection de livres. le billet Premium est commercialisé à partir de 704€ l’aller simple comprenant l’enregistrement et l’embarquement prioritaires, le coupe-file pour le passage de la sécurité à Orly, le choix du siège, les repas et deux bagages de 23kg en soute. Possibilité d’accès avant le décollage au salon du terminal 4 à Orly (+30€). Le billet est modifiable sans frais (avec réajustement tarifaire si le prix du nouveau vol choisi est plus élevé) et remboursable contre une pénalité de 50€ par vol.

L’offre est en revanche 100% à la carte en classe éco avec un tarif « Basic » à partir de 301€ l’aller simple comprenant uniquement un bagage cabine auquel le voyageur peut ajouter divers éléments en optant pour le billet Basic Plus (repas inclus) ou le tarif Smart (bagage en soute et repas).