Futur : la Défense à l’attaque

Futur : la Défense à l’attaque

À La Défense, la vie commence vraiment à cinquante ans. C’est en tout cas ce qu’annoncent les grands projets qui, un demi-siècle après la naissance du Cnit et la création de l’Établissement public pour l’aménagement de La Défense (Epad), proposent le chantier du “renouveau”, appuyé sur quelques réalisations particulièrement spectaculaires.

À l’origine du grand chambardement, on retrouve un plan acté en juillet 2006, prévoyant notamment la démolition-reconstruction d’une quinzaine de tours et la construction de nouveaux bâtiments d’envergure sur les espaces libérés par le réaménagement du boulevard circulaire. Près de 300000 m2 d’espaces supplémentaires pour un projet dont l’ambition n’est pas simplement d’ajouter des bureaux aux bureaux, mais également de redéfinir la vocation et l’image d’un quartier souvent perçu comme une dalle de travail isolée du reste du monde. Cette redéfinition s’opère autour de trois maîtres-mots temps qui courent : durable, convivial et mixte.

En ce qui concerne la mixité, l’accent est mis sur le repeuplement d’un quartier qui compte déjà près de 20000 habitants : 100000 m2 de nouveaux logements sont d’ores et déjà annoncés d’ici à 2015. Pour la “durabilité”, symbolisée par la réception en février 2008 du premier Sommet mondial des quartiers d’affaires pour le développement durable, elle est omniprésente dans les déclarations d’intentions et le déroulé de grands projets comme les tours Phare, Generali ou Signal.

La convivialité est pour l’heure une affaire plus délicate, malgré les nombreuses opérations menées sur le parvis, type Fête européenne des voisins ou “Pique-nique de la République”. L’Epad, cependant, ne désespère pas, lançant notamment une “réflexion sur l’urbanité de La Défense” appuyée sur l’expertise – plus ou moins jargonnante – de quatre cabinets d’urbanistes.

Les observateurs ne manquent pas, cependant, de s’interroger sur l’opportunité d’un tel changement. Mais pour l’heure, aucun report de projet n’est annoncé dans un quartier où, d’après les données officielles, on continue de faire le plein : selon l’Epad, le taux de vacance ne dépassait pas les 4 % sur les trois millions de mètres carrés de bureaux disponibles en avril 2008.

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