Hôtellerie à Bombay : légendes urbaines

Entre monuments Belle Époque et joyaux du XXIe siècle, Bombay affirme son art de vivre à l’hôtel.

La fraîcheur d’un couloir de marbre, un collier de jasmin blanc perle, les clapotis d’une piscine bleu acier… Soudain la cohue du dehors prend fin. Depuis cent-dix ans bientôt, le charme du Taj Mahal Palace n’a cessé d’opérer. Jamsetji Tata, fondateur d’un des conglomérats les plus puissants de l’Inde, celui qu’on nomme le “père de l’industrie” comme on dit de Gandhi qu’il est le “père de la nation”, avait vu juste en construisant cet home away from home pour les grands de ce monde : coupole et escalier monumentaux, passerelles et patios de bois peints, salons et jardins aérés ont su garder leur grâce et leur sérénité. Pourtant le palace n’a pas toujours coulé des jours paisibles. On se souvient du mois de novembre 2008 et des attaques terroristes qui l’ont laissé en flammes. “La tour moderne et ses 285 chambres ont été rouvertes 25 jours après les événements, mais le bâtiment d’origine a subi une rénovation totale, jusqu’en août 2010”, explique Nikhila Palat, porte-parole de l’hôtel.

Glamour en héritage

Transcendées et ouvrant pour la plupart sur la Porte de l’Inde, l’emblème de Bombay, les anciennes chambres, 275 au total dont 44 suites, racontent encore de belles histoires. Celle de Ravi Shankar, par exemple, qui apprit à George Harrison à jouer d’une sitar laissée sur son lit en cadeau. Tout cela, on le découvre lors des “Heritage Tours” désormais proposés aux résidents. Car ici, le voyageur est avant tout un visiteur. Même s’il vient pour affaires et qu’un butler personnel veille à ses rendez-vous. Il n’en oubliera pas de céder à la tradition du five o’clock tea servi au palace lounge, parmi des toiles de maîtres indiens. Tout un mythe.
 
Un mythe qui trouve un écho plus moderne de l’autre côté de la péninsule qui ponctue la ville avec l’Oberoi, sauvé lui aussi, en 2010, des affres des événements de 2008. L’un de ses restaurants a d’ailleurs pris pour nom Fenix, sans doute en guise de revanche. À son ouverture en 1998, l’hôtel avait fait très forte impression, notamment son atrium de 11 étages, le tout premier d’Asie. Aujourd’hui, seule la structure initiale a été conservée, mais on se laisse encore happer par cette immensité, peuplée d’un simple piano rouge. Une vue spectaculaire qui n’a d’égale que celles offertes par les 287 chambres dont 73 suites, donnant pour la plupart sur le Marine Drive, cette longue promenade que l’on appelle, de nuit, lorsque les lumières se mettent à scintiller sur la mer d’Arabie, le “collier de la reine”.
 
Ici, tout est pensé pour le bien-être comme pour l’efficacité : butlers attitrés, spa ouvert toute la nuit pour des massages anti décalage horaire, restaurant indien dont le chef est doublement étoilé à Londres et à Genève… Ce niveau de luxe, on le retrouve aussi dans le quartier de Bandra Kurla, avec le Trident, l’hôtel ultra business du même groupe, ouvert en 2010, où l’on joue également la carte des beautés rouges, symbole de l’Inde. En tout, ce sont 436 chambres très design, où le marbre d’Italie côtoie les bois nobles et les cuirs. “Pour les clients d’affaires, nous disposons de 77 club rooms avec accès à un magnifique lounge dédié”, explique Kainza Daver, représentante du Trident.
 
Même souci de la précision au Grand Hyatt, ce vaste complexe de 547 chambres et 111 appartements avec services hôteliers, vraie ville dans la ville à quelques encablures du quartier des affaires. Ici, restaurants, lounges, lobby… tout est relié afin d’encourager les clients à créer des contacts. À croire que l’Inde n’aime pas la solitude et que les hôteliers cherchent à gommer ce corollaire du voyage d’affaires. Pour entamer les conversations, rien de tel que des œuvres d’art qui interpellent.
 
Et au Grand Hyatt, dont la propriétaire est une fervente collectionneuse, celles-ci ne manquent pas. On pourrait comparer le lobby à une galerie d’art indien version XXL. Mais ces amples splendeurs n’entament en rien l’atmosphère beaucoup plus intimiste des chambres comme d’un executive lounge baigné de lumière. Pourtant, au dehors, le Bandra Kurla Complex est en ébullition. La preuve: un nouvel hôtel vient d’y ouvrir, en février 2012. Il s’agit du Sofitel et de ses 300 somptueuses chambres. Et ce n’est pas tout. Le groupe Accor entend poursuivre sa conquête de Bombay avec deux autres établissements de même standard d’ici 2015. En attendant, c’est le Shangri-La qu’il faut suivre de près… ses premiers clients devraient en prendre possession dès 2013.
 

Bloc-notes

TAJ MAHAL PALACE, Apollo Bunder
Tél.: +91 22 6665 3366
E-mail : tmhbc.bom@tajhotels.com
Internet: www.tajhotels.com
 

OBEROI MUMBAI, Nariman Point
Tél. : +91 22 6632 5757
E-mail : reservations@oberoigroup.com
Internet : www.oberoihotels.com
 
TRIDENT BANDRA KURLA MUMBAI, C-56, G Block, Bandra Kurla Complex
Tél.: + 91 22 6672 7777
E-mail : reservations@tridenthotels.com
Internet : www.tridenthotels.com

GRAND HYATT MUMBAI, Off Western Express Highway, Santacruz (East)
Tél. : +91 22 6676 1234
E-mail : mumbai.grand@hyatt.com
Internet : www.mumbai.grand.hyatt.com
 

SOFITEL MUMBAI BKC, C-57, Bandra Kurla Complex, Bandra (East)
Tél. : +91 22 611 750 00
E-mail : h6451@sofitel.com
Internet : www.sofitel.com
 
SHANGRI-LA HOTEL MUMBAI, 462 Senapati Bapat Marg, Lower
Tél. : +91 22 6162 8000
Internet : www.shangri-la.com/mumbai